‹ Œuvres diversesChapitre 17 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. XXIX · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. XXIX

date de 1651) dont le premier seulemenl a bien pw recevoir les honneurs de la publicité :

H<Masî on m'oblige à celer [.emal donl mon âme est atî.einte, Kt pour mieux le dissimuler.

On me défend jusqu'à la plainte!

Pour plaire à Tobjel que j'aime,

Je tache d'être discret :

Mais quand l'amour est extrême,

11 a bien peu de secret.

Songezà me rendre content:

Que vous sert d'être si sévère ?

Ce devoir que vous prisez tant, Après tout, n'est qu'une chimère!

Seroit-ce un crime, ma belle.

De reconnoîtr<^ ma foi?

Hélas! soyez moins cruelle,

Je prends tout le mal sur moi.

M. de Joyeuse, occupé de ses plaisirs, ou des devoirs qu'en temps d'émotions poliliqueslui impo soit sa charge, n'avoit garde de croire à la moindre intelligence de cœur entre nos deux jeunes gens. Quant à madame de Joyeuse, jeune el belle encore, et du caractère dont la peint Tallemant, il ne tenoit sans doute qu'à Maucroix d'endormir sa vigilance et d'éloigner d'elle tout soupçon. Il étoit donc facile aux deux amants de cacher leur mutuelle syrapaihie: mais tout en fermant les yeux sur la pelile liaison qui s'étoil établie entre l'élève et le maître, M. et madame de Joyeuse n'étoient poinf d'estoc à souffrir une mésalliance. Maucroix le

XXX MAUCROTX.

comprenoit bien aussi, et l'amertume que cette cruelle conviction jeloit dans son cœur s'exhala dans une élégie où se retrouvent, avec quelques imitations des grands maîtres de l'antiquité, certaines beautés poétiques que le genre comporte :

J'aime toujours Diane, ou plutôt je l'adore.

Une inquiète ardeur sans cesse me dévore

Si Diane du moins savoit ce que j'endure, Ma peine de moitié me sembleroit moins dure. Mais hélas! mes soupirs des vents sont emportés, El n'étant point connus, ils ne sont point comptés!...

Le poète ensuite ne se fait pas d'illusion sur le succès qu'il attend de son amour, il aime Diane pour elle, et non pour lui-même :

Jaloux de mon bonheur si bien persuadés, Voyez si vos soupçons ne sont pas bien fondés ; Si l'on peut maccuser de la moindre licence, Et si jamais amour fut si plein d'innocence! Cette belle, il est vrai, voyant mes déplaisirs, A mes soupirs par fois a mêlé ses soupirs ; El ses beaux yeux m'ont dit, par un muet langag;*», Qu'elle eût voulu peul-êlre en faire davantage; Qu'elle plaignoit ma peine, et pour l'amour dp moi, Qu'elle irouvoit l'honneur une fâcheuse loi! Voilà, jaloux esprits, toute la récompense Dont les mains de Diane ont payé ma constance. Mais je ne m en plains pas et tiens mes maux passéf; Par un si rare "prix trop bien récompensés.

Puis, faisant un retour sur lui-même, sur le peu qu'il est, et la position de celle qu'il ose aimer :

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