SA VIE ET SES OUVRAGES. XXXI
Quand je pense aux grandeurs dont l'éclal l'environne, De sa témérité mon courage s'étonne;
Je doute du beau feu dont je me sens épris
Mais l'Amour prend plaisir d'égaler toutes choses : Ce dieu voit d'un même œil les pavots et les roses, Et sans distinction de richesse et de sang, 11 veut que ses sujets soient tous d'un même rang.
Cependant, quoi qu'en dise ici notre poète, Henriette, si nous en croyons des Réaux, n'opposoit au secret sentiment de son cœur qu'une faible résistance. Les désordres de ménage dont on n'avoit pas su lui dérober les secrets ne Vavoient pas suffisamment armée contre les douces émotions de i'araour. « Un jour, étant à Reims, dit l'auteur des Historiettes , elle feignit de se trouver mal , afin de laisser sortir sa mère, et de demeurer seule avec Maucroix. » Ces fréquents tête-à-tête donnoientlieu à des protestations d'amour, à des serments de fidélité qui eussent fait illusion à tout autre qu'à Maucroix. Mais notre poëte avoit déjà l'expérience des choses ; c'est ce que fait assez com prendre ce sixain :
L'excès de mon bonheur métonne, Mon Iris m'a donné sa foi , Puis qu'elle ne peut être à moi, Qu'elle ne veut être à personne.
Mais de tels discours bien souvent Autant en emporte le vent.
Enfin, sans que ses parents songeassent à consulter l'état de son cœur, quand l'âge de la pourvoir