SA VIE ET SES OUVBAGES. XXXIII
poétique. Voyez à quelles tortures sont exposés près des grands les hommes de la condition de Maucroix î Notre poète , avant faire droit à la requête, exhala son dépit par cette épigramme :
Ce petit noble, ou soi-disant, Fait grandement le suffisant, El nul ne le vaut, ce me semble!
Quant à moi, je ne pense point Qu'on puisse être un sol de tout point, Jusqu'à ce que Ton lui ressemble !
Cependant il fallut obéir et se résigner : c'est alors que, puisant dans ses propres impressions, notre pauvre amant peignit ainsi ses douleurs en peignant celles de son fortuné rival :
A mademoiselle de Joyeuse.
Faut-il que je vous quitte el qu'un cruel devoir Me prive si longtemps du plaisir de vous voir, Beauté dont mon âme est ravie?
Si je vous rerds un an, je vous perds pour toujours, C'est fait de moi sans doute, et vous pourrez bien dire : Alcidon a fini ses jours!
Ce pénible office rempli, plein de dépit et le cœur gros de soupirs, Maucroix, n'espérant plus rien de celle qu'il avoit tant aimée, fit ses adieux à ses hôtes de Reims et de Saint-Lambert, et reprit la direction de Paris : chemin faisant, il s'arrêta à Château-Thierry ; c'est là que se trouvoit en ce moment l'ami de son enfance, ce bon garçon^ si sage et si modeste, La Fontaine en un mot, que notre amou-