‹ Œuvres diversesChapitre 213 sur 221 · B ASSIED · texte numérisé non relu

B ASSIED

Comment ! vous lui devez cette haute fortune ? Ce n'est pas, pour le moins, l'opinion commune, El si j'ose le dire, on croit que Plautien Y servit peu, seigneur, ou n'y servit de rien.

l'emperelr.

On lui rend près de vous de très-mauvais offices, Et l'on vous instruit mal de ses rares services.

Mais apprenez de moi, que dans tons mes combaU

Plautien m'a servi de la lêle et du bras ;

Sa valeur, sa prudence, ont maintenu ma gloire,

Lt je lui dois le gain de plus d'une victoire.

Quoi que je fasse enfin, je ne puis faire assez

Pour payer dignement ses services passés.

BÀSSIEN.

Après tant de bienfaits cédez-lui donc le trône,

]| ne lui manque plus qu'à porter la couronne.

Ce favori, du reste, est plus puissant que vous.

Et vous êtes le seul qu'il ne rend point jaloux ;

De sa prospérité tout le monde murmure.

n prend à toute main sans garder de mesure ;

Seul, il a plus de biens et que vous et que moi!

11 regarde tn pilié l'opulence d'un roi!

C'est un gouffre où se perd tout l'or de nos provinces;

Rome le voit marcher plus pompeux que ses princes.

l'empereur.

Voilà donc le sujet qui vous rend si jaloux ; Certes, c'est peu de chose, et j'en rougis pour vous. Voulez -vous que sans fruit, pour éviter l'envie, Un homme à me servir passe toute sa vie, Qu'il perde son repos pour assurer le mien, Kt que tant de travaux ne lui rapportent rien? Ced une opinion injuste, mais commune, De prendre pour un crime une grande fortune;

DE MALCROIX. 265

Pour moi, je ne veux point que la postérité Puisse de mes amis plaindre la pauvreté.

BASSIEN.

De ce côté, seigneur, vous n'avez rien à craindre ; Plautien pour le moins ne sera pas à plaindre : Vous l'avez fait si grand qu'on doute avec raison Si vous pouvez-vous même abaisser sa maison ; Il fait tout, il peut tout, il est ce qu'il veut être, Enfin c'est un sujet qui fait ombre à son maître.

l'empereur.

Vous perdez le respect, jeune homme! oui, je me plais A combler chaque jour Plautien de bienfaits ; Même je vous défends d'y trouver à redire, Ni de vous plus charger des soins de mon empire ; Des intérêts publics reposez-vous sur moi. Et ne prétendez pas de me donner la loi. Au reste, si jamais vous avez l'insolence De braver mes amis jasques eu ma présence, Je punirai si bien cette témérité.

Que vous aurez regret de m'avoir irrité. Pour votre femme, enfin, traitez -la comme telle. Je vous commande encor de bien vivre avec elle. Sinon! c'est assez dit... Allez, retirez-vous, Et si vous vous aimez, redoutez mon courroux ! Je sais qu'un autre amour vous charme et vous possède ; Mais nous y pourvoirons : tout mal a son remède. II. 12

266 POÉSIES DE 3IAUCR01X.

BÂSSTEN, bas à Plautille.

Je me ressouviendrai de ces bons traitements !

l'empereur, à Plautille.

Que dit -il?

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