‹ Œuvres diversesChapitre 3 sur 221 · VIII AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

VIII AVERTISSEMENT

étoit restée frappée dans sa moralité. Les luttes contre les Protestants, et celles que fit éclore le Jansénisme, eurent surtout pour résultat d'ébranler la croj'ance générale. Maucroix, en devenant homme d'église, trouva toutes prises parmi ses confrères ces habitudes relâchées, ces inchnations voluptueuses, cette philosophie à demi païenne dont s'accommodoit si bien son naturel léger ; et les brochures du temps disent assez que ce relâchement ne se rencontroit pas seulement dans le clergé intermédiaire, mais que les princes de l'Eghse eux-mêmes en donnoient parfois l'exemple. Certes, au milieu de cette société, se faisoient remarquer d'éminents caractères qu'une piété solide, une vertu éprouvée plaçoient hors ligne, comme pour servir de contraste à tant d'équivoques et fragiles natures ; mais en général, l'entraînement du siècle étoit à la vie aisée, à l'épicuréisme, aux récréations folâtres, aux vanités mondaines. Maucroix n'étoit pas homme à y opposer la moindre résistance, et nous en trouverons le surabondant témoignage dans la bibliothèque manuscrite du chanoine Favart.

Toutefoiâ ces bluettes poétiques et ces confidences épistolaires qui nous surprennent par leur naïveté et que nous ont révélées un chétif bouquin, il ne faut peutêtre pas les prendre tout à fait à la lettre. Dans la plupart de ces petites compositions, on voit un badinage continuel, dicté, le plus souvent, par cette galanterie élégante qu'avoient mise à la mode Voiture et l'hôtel de Rambouillet. Rien n'y sent la licence, et c'est le plus souvent la charmante causerie de l'auteur d'Alcidalis et Zélide, sans son vernis parfois assez fade. Les lettres adressées au chanoine Favart sont moins conte-

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