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SA VIE ET SES OUVRAGES. LXI

Puisque nous citons Furetière, et qu'il est ici question du jeu de boules , nous nous hâterons de rappeler que la satire de Le jeu de houles des Procureurs, qui date pareillement de cette époque, est également adressée à Maucroix qui, en sa qualité d'avocat, avoit, comme Furetière, en assez médiocre estime messieurs les procureurs — Les poésies de Furetière n'ont ni le sentiment ni le tour aisé de celles de Maucroix, et la satire, genre de composition qui devoit aller si bien à son esprit , est chez lui d'un pénible essor. Elle n'a point le sel qu'on remarque dans ses factums et qu'il sut plus tard reconnaître chez Boileau qu'il stimula dans la périlleuse carrière du sarcasme et de l'épigramme.

L'histoire littéraire de notre pays n'existe encore qu'à Pétat d'analyse ; parmi nos plus illustres écrivains, quelques-uns seulement ont eu leurs biographes. Nous n'avons sur le plus grand nombre que des notices écourtées faites pour les dictionnaires, et dont l'histoire générale de la littérature tire fort peu de parti. Des livres comme ceux de M. Walckenaer sur La Fontaine et madame de Sévigné, de M. Bazin sur Molière, de M.Taschereau sur Corneille, les portraits et les charmantes Causeries de M. Sainte-Beuve, en apprenneut plus sur une époque que tous les dictionnaires du monde. Tous les habitués du Parnasse ne méritent cependant pas régal honneur d'une étude sérieuse, mais il est tel écrivain secondaire dont la biographie pourroit jeter de vives lumières sur l'histoire contemporaine, et il est peut-être à regretter que nos acadé-

LXn MAUCROIX.

mies n'encouragent pas assez ce genre de recherches. Furelière est cerlainenienl un de ces hommes dont la vie bien étudiée offriroit les plus curieux rapprochements. A son nom se rattachent des travaux utiles, et une de ces infortunes littéraires qui font le retentissement de toute une époque, perdent un homme, à tort ou à raison, dans sa vie et son honneur, et font douter de la conscience humaine. En 1647, Furelière, âgé, comme Maucroix, de vingt-cinq à vingt-six ans, et incerlai!: comme lui de la profession qu'il devoit définitivement embrasser, n'étoit encore connu ([ue par quelques plaidoiries, (les vers badins et des peccadilles de jeunesse qui sauvegardoient insuffisamment la moralité d'un âge plus mûr. Sa satire contre les procureurs, en accusant chez les habitués du Palais une ardeur effrénée pour le jeu, n'a guère d'autre intérêt que celui de révéler certaines habitudes du temps et de signaler une fois de plus l'antipathie des gens de lettres pour les suppôts de la chicane :

T'ayant fait ce récit, Maucroix, t'élonneslii Qu'aujourd'hui le Palais se trouve sans vertu ? Pourroit-on rencontrer une ombre dejustire. Où règne celle énorme el barbare avarice? Mais ce que j'en dirois ne serviroil de rien, Il leur faut des censeurs plus forts que ma satire , Qu'il nous suffise donc, ami, de nous en rire

Furelière s'adressoit bien en dédiant cette satire à Mancroix, que les mêmes répugnances venoient d'éloigner à jamais de l'antre de Tiiémis,

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