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SA VIE ET SES OUVRAGES. LXIII

Malgré tout ce que nous avons dit, ce changement d'état ne fui point sans apporter quelque modification dans la manière d'être de Maucroix. Le respect humain lui faisoit un devoir de la réserve. C'est, selon nous, àcette trêve imposée à ses passions que nous devons les seules pièces de son recueil imitées de Malherbe, l'auteur favori de leur jeunesse, à lui et à La Fontaine. L'ode à Conrart, que nous reportons à cette époque, est un joli pastiche dumaitre, et tous les recueils du temps se sont empressés d'en reproduire les stances. La versification en est à peu près irréprochable. On y trouve un choix, un enchaînement de syllabes sonores et harmonieuses, qui prouve à quelle perfection, avec un peu plus de travail, Maucroix eut pu atteindre. Ces deux dernières strophes, qui sont une heureuse réminiscence des stances si connues de Malherbe à Du Périer, ont été souvent citées comme modèle:

La mort de ses rigueurs ne dispense persoime,

L'auguste éclat d'une couronne

N'en peut exempter les rois.

N'espère pas, Conrart, que Ion mérite extrême,

Ni la muse qui t'aime, Te mettent à couvert de ses fatales lois.

Ta sagesse, il est vrai, fait honneur à notre âge;

Mais de quelque rare avantage

Dont un mortel soit revêtu, Son terme est limité : le nocher de la Parque,

Dans une même barque.

Passe indifféremment le vice et la vertu.

Quelles que fussent les dispositions morales de Maucroix en se vouant au célibat et en prenant le rigoureux parti de l'Église, il est certain que son austérité de commande ne tint pas contre les nouvelles épreuves qui Vattendoient. SonOdr à Patru, qui suivit de très-près l'ode à Conrarl, est un témoignage de la faiblesse de ses résolutions. Ou y retrouve quelques-unes des beautés poétiques que nous avons signalées :

Maintenant que l'hiver désole les campagnes, Que la neige blanchit prés, forêts et nioulagnes, Et cache au laboureur l'espoir de ses moissons, Que lestleuves geléssont durs comme des marbres,

Et qu'on voit aux branches des arbres

Pendre le cristal des glaçons. . . .

Le poêle ne se peut défendre de confier à son ami les regrets qui le consument :

Elle occupe en mon cœur toujours la même place, Je ne puis l'oublier

Il lui éloil, en effet, bien difficile de résister aux tentations. La mar<(uise de Brosses éloit malheureuse en ménage ; Maucroix le savoil; il en savoit même plus : il savoit qu'Henriette, entourée d'hommages et de séductions, n'étoit pas femme à repousser indéfiniment les consolations. Parmi ses courtisans déclarés figuroient le jeune comte de Grandpré, son cousin, qu'elle avoit bien refusé comme époux, mais qui s'offroitobslinément comme amant; Vandy, cel autre parent des Joyeuse, dont

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