‹ Œuvres diversesChapitre 69 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXI · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXI

an et demi, ajoute Tallemant, que le conseil de ville lui donna la commission de faire rompre tous les ponts et tous les gués de la rivière de Yesle , afin d'empêcher les courses de la garnison de Rocroy. » C'est à cette occasion que l'on fit courir celte chanson épigrammatique que l'on attribua , dit Tallemant, au vicomte du Bac, mais que je crois bien plutôt de Maucroix, attendu son style et l'honneur que lui fit le chanoine Favarl de l'inscrire en ses manuscrits, où nous la retrouvons avec quelques légères variantes. Nous lui conservons les notes de Tallemant : on suppose que le Marquis se fait présenter au conseil de ville par Godinot, son fermier :

CHANSON

(Godinot parle.)

Afin de vous tirer de peine, Noble sénat de Bétisy i, Voici ce brave capitaine, Jean Larcher, marquis d'Olizy; C'est un homme, je vous réponds,

A rompre ponts, A rompre ponts, gués et passage.

Adroit, vaillant, prudent et sage.

Le lieutenant de ville répond.)

S'il soulage notre détresse, Il sera bien récompensé...

1 Pour se moquer du conseil de ville, il appelle Reims du nom d'un petit village qui est tout contre. (Tallemant.)

CXXIl MAUCROIX.

(Le marquis parle.)

Désormais la ville du sacre Ne craindra plus les ennemis; J'en ferois un trop grand massacre, Si en campagne ils s'étoient mis , Montai ^ quoique homme de grand cœur,

Mourroit de peur ; Et Caillel 2 irembleroit dans l'àme, S'il voyoit l'acier de ma lame.

Il y a un quatrième couplet , puis iin autre sur la marquise-meunière, pour lesquels nous renvoyons au texte même (t. 11, p. 267).

Malgré le redoutable acier de sa lame, le marquis (VOlizy fut, pour sauver la ville, tout heureux du secours imprévu que lui vint prêter le comte de Grandpré, ce personnage «toujours fait comme un Cravate (Croate), » ditTallemant, et que nous avons vu, quelques années auparavant, l'un des soupirants de sa cousine la marquise des Brosses. Revenu au parti de la cour, Joyeuse de Grandpré, par une heureuse diversion, obligea Montai à rebrousser et à regagner Rocroy.

Mais l'année suivante revit les mêmes alarmes. L'hôtel de ville se décida aux négociations; des députés furent envoyés vers Montai et Caillet> pour traiter de la rançon delà ville. Les six cents pistoles qu'ils offrirent ayant été repoussées avec mépris, Montai reparut plus menaçant que jamais.

■1 Gouverneur de Rocroy. (Tallemant.)

2 Receveur des contributions pour M. le Prince. (T.)

Page 1