‹ Œuvres diversesChapitre 75 sur 221 · SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXXÏU · texte numérisé non relu

SA VIE ET SES OUVRAGES. CXXXÏU

croix tout ce qu'on attendoit de lui, s'il lui en déguisa une partie et s'il lui fut besoin d'insister beaucoup pour vaincre ses répugnances. Mis en présence du surintendant , Maucroix, suffisamment apprécié, reçut , avec les instructions intimes de Fouquet, l'ordre de partir. Il ne demanda que quelques jours de répit, le temps pour lui d'aller à Paris mettre ordre à quelques affaires et pour Pellisson de dresser l'instruction.

Dans l'intervalle, un incident imprévu, quoique fort ordinaire en cour, faillit rompre toutes les mesures et renvoyer Maucroix à son Chapitre. Michel Le Tellier, qui partageoit avec de Lyonne et Fouquet les soins du ministère, et qui souffroit impatiemment d'être moins informé que ses collègues des secrets de la diplomatie , pria le surintendant de vouloir bien ne pas s'occuper de cette mission de Rome, et de trouver bon que le sieur d'Aubeville, son parent, fût proposé au roi et en fût chargé. Fouquet, tout contrarié qu'il éloit, voyant combien Le Tellier tenoit à celte désignation, y donna les mains et laissa faire. Le Tellier proposa donc en plein conseil le sieur d'Aubeville, qui partit quelques jours après muni de lettres du roi.

Cependant, si nous en croyons Fouquet, qui ne perdoit point de vue ses propres intérêts, le roi parut surpris que le surintendant eût si facilement renoncé à ses idées. 11 témoigna même qu'il ne pensoitpasque le sieur d'Aubeville fût bien l'homme d'une pareille négociation ; qu'assurément il n'y

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