SA VIE ET SES OUVRAGES. CLXVII
qu'elle a quille ses habits de deuil, et que présentement elle est revêtue de sa robe nuptiale. Pour nous, Monseigneur, quelles grâces n'avons-nous pas à vous rendre de ces traitements si chrétiens et si honnêtes que nous recevons de vous? Vous n'avez pas signalé votre avènement par un coup de foudre, comme le dieu de la fable, je veux dire par des contestations d'éclat, qui causent pour l'ordinaire plus de scandale que d'utilité dans l'Eglise; nous n'avons encore senti votre pouvoir que par vos bienfaits. Aussi notre compagnie n'est jamais si bien d'accord que quand il s'agit de vous témoigner sa reconnoissance et son respect; en cela je lâche à ne me laisser surmonter de personne, et à foire paroître que je suis. Monseigneur, etc. »
L'année 1675 vit mourir Valentin Conrart, l'un des plus illustres et des plus chers amis de Maucroix. Conrart, que Tallemant, on ne voit pas trop pourquoi , a fort maltraité, avoit été l'un des premiers prôneurs de Maucroix. On sait que sa maison , foyer du mouvement intellectuel de l'époque, étoit ouverte à tous les jeunes littérateurs, et nous avons un sonnet du jeune des Réaux qui témoigne assez des obligations que l'auteur des Historiettes avoit au sage Philandre K On peut rire sans doute des petits ridicules que Tallemant et la tradition prêtent à Conrart; mais, pour être juste, le lecteur,
1 Théodamas et Philandre, personnages deCyrt/s, étoient les noms que les habitués de l'hôtel Rambouillet et du Samedi donnoient à Conrart.