ChampolMon, Monuments , p
RÉPONSE A LA CRITIQUE
le mot
pour correspondre au copte kijul, alloqui.
Avant d’enregistrer cette nouvelle découverte d’une imagination féconde, attendons que les textes nous aient réellement livré le moi et le sens.
Quant au mot égyptien bouclier, M. Brugsch le
rencontre dans le copte ^ioaih, êcuelle, plat. Voilà qui est bien trouvé !
La libre disposition de l’eau pure était l’une des félicités assurées à l’élu du ciel égyptien. Dans l’étroite vallée du Nil, bordée de chaque côté par le vaste Empire de la soif, le bienfait de l’eau potable se présentait aux imaginations avec des couleurs d’une vivacité particulière. Non seulement les mânes ne devaient pas être exposés à souffrir la soif, mais encore ils devaient jouir constamment et à leur gré de la satisfaction de se rafraîchir dans des eaux vives et courantes. De là, ces formules si fréquentes de la prière funéraire : boire de l’eau dans l’eau courante, ou dans le courant du fleuve.
Dans ces formules, le mot qui signifie fleuve, rivière, est
(3 i\ <=> (3 i\ es p. wv«
W !<=>' fe’ et quelquefois =. L'identité
de ces termes est garantie par des variantes si précises, que je crois inutile d’insister. C’est un seul et même mot qu’il faut se garder de transcrire, aur, atur, atrr, artr, mais qui se lit constamment et sous toutes ses formes e^-yp, en copte iop, ruisseau, rivière, fleuve, cours d’eau en général, et le Nil en particulier.
L’erreur de transcription entraîne M. Brugsch dans une erreur bien plus grave. Elle lui fait trouver, précisément dans les formules habituelles, le mot arut, que le copte lui représente aussitôt dans *.Aht, albus, blanc, blanc comme le lait (arut)! ! !
A la vérité, M. Brugsch ne trouve pas à appliquer son
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
sens blanc ; il le remplace par clair, et même par eau claire. Mais ce n’est pas de Veau claire, c’est du galimatias.
signifiant moment, instant, est un mot connu de tous; il en existe des variantes compliquées de voyelles, telles que L’identité
de ces groupes peut être démontrée par celle des phrases dans lesquelles ils se rencontrent. Il faut donc se garder d’imiter M. Brugsch, en donnant pour un mot nouveau ayant le sens moment, seconde, la dernière de ces variantes.
Éliminons encore un mot fabriqué par notre lexicographe.
enchaîner; il en cite un seul exemple', où ce mot se trouve
, copte cou*?, lier. Ici, M. Brugsch
en connexion avec
est encore victime de ses idées sur la transcription, car il ne s’aperçoit pas que le scribe a déplacé le a pour un motif aisément appréciable; c’est le même genre d’erreur qui a fait transformer par M. Brugsch l’article féminin t*. en un mot at, perte, lequel n’existe pas.
Il n’existe pas non plus de verbe aks, mais un verbe de¬
puis longtemps connu,
var. a
K^c, qui signifie serrer , enrouler, et qu’on peut voir associé à cou© , au chapitre xxxix du Rituel, 1. 5, 6.
M. Brugsch embrouille, autant qu’il le peut, l’explication 1. Bonomi et Sharpe, SarcopUagus, etc., pl. 4, rangée inférieure.
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du mot fj , , qui a été donnée par ses devanciers.
Ce mot signitie revêtir, munir, investir, pourvoir, douer. Mais il faut du copte à notre lexicographe, et il ne trouve rien de mieux dans le vocabulaire que q>opeÇep, déployer, étendre, étaler. A ces valeurs il en ajoute deux autres assez différentes : sammt, avec, ensemble et remplir.
Dans la réalité, le mot dont il est question se rapporte à la propriété, à la possession, et alterne pour ce motif, dans
certaines formules, avec 1 /i. Nous disons en français :
un peuple pourvu d’infanterie et de cavalerie; une famille munie d’excellents pains ; un guerrier revêtu de ses armures ; un défunt muni des livres de Tlioth; un individu investi de ses droits, de ses biens, etc. En égyptien, c’est le verbe qui remplace tous les mots que j’ai soulignés. Il faut avoir, sur la clarté de l’expression, les idées particulières qui caractérisent M. Brugsch, pour y substituer les valeurs remplir, étaler, déployer, etc.
A l’occasion du mot qui fait l’objet du paragraphe précédent, M. Brugsch cite cette variante curieuse d’une phrase bien connue :
a /www j , faire partir les oies, et il transcrit
- a par a.
Personne n’ignore que - a est fréquemment variante de
A a et même de £ /). et que lorsque ce signe remplace û— fl,
il faut le transcrire ff-. C’est tout simplement l’auxiliaire impulsif; il n’existe aucun mot égyptien de la forme a auquel on puisse attribuer ce rôle.
J’ai déjà bien souvent parlé de la fréquente élision du
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
verbe M. Bi •ugscli lient à .ses vues, mais il est essentiel
que ses erreurs ne soient pas partagées par d’autres.
Je crois que lui seul, parmi les disciples de Champollion, est aujourd’hui capable de se méprendre sur le sens du curieux dialogue qui a lieu entre le défunt et les différentes parties de la porte infernale1 2 3 4. Chacune de ces parties interpelle le mort et lui interdit le passage, à moins qu’il ne prononce le nom mystique par lequel elle est connue
<2 X A/WWN
dans la doctrine. Voici un exemple : A □
fi fi Q # AAAAAA cl-A. ^ - "'b | I I I
Je ne te laisse pas passer par nous, (disent )
A/WNAA I V-' ^3 I I I
les panneau, r de la porte; la suite est : à moins que tu ne dises notre nom. Le défunt prononce ce nom et l’interlocuteur reprend : tu nous connais, passe.
M. Brugsch traduit : Je ne te laisse pas entrer vers nous au travers des battants de la porte, et se méprend de la même manière à propos de toute la série de ces formules. Je le mets au défi de nous faire savoir ce que représente le pronom je, sujet des verbes dans tout ce passage, et par conséquent de tenter une justification sensée de sa version.
On trouve au chapitre lxx du Rituel * un passage que les différentes éditions du livre funéraire présentent avec des variantes notables. Le Todtenbueh donne : il gouverne Tattou et Ce s^n^era^ a ^a
lettre : il est sur ses dents; évidemment le texte est ici cor¬
rompu; d’après la variante fournie par le Rituel de Bekenranp, je crois qu’il faut rétablir dans ce passage le groupe (jc^>JJ^, lieu arrosé, lieu de culture ^ ; on lirait ainsi : il