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Voyage d'un Égyptien, glossaire, n

RÉPONSE A LA CRITIQUE

est sur ses cultures, c’est-à-dire dans les fertiles campagnes de l’Élysée égyptien. D’autres variantes peuvent suggérer d’autres interprétations; c’est surtout pour les textes du Rituel qu’il faut savoir dire : je ne sais pas. Mais traduire, comme le fait M. Brugseh : il ouvre ses dents, c’est braver à la fois le sens commun dans l’arrangement du contexte, et les règles les plus élémentaires, qui ne permettent pas de supposer que le verbe ouvrir gouverne son régime direct au moyen de la préposition Pour transformer être en ouvrir, c’est-à-dire pour ne tenir aucun compte de la suppression assez rare du déterminatif de ce dernier verbe, il faut avoir affaire à un texte autrement clair que celui qui nous occupe.

XXÏX

AAAAAA @

J’ai comparé le groupe vnT 2=ç3 au copte nefn-, ployer, entrelacer, enchevêtrer. Les déterminatifs du chemin, du croisement et quelquefois du mal, qui accompagnent ordinairement ce mot, font songer à quelque chose de contraire à la voie droite, à la régularité. De là, les sens tortueux (à défaut du substantif correspondant que le français ne possède pas), complications, désordres, que j’ai proposés. Lorsqu’il s’agit des principes morbides circulant dans les vaisseaux du corps humain, l’idée désordres que j’ai choisie convient bien à la circonstance. Au passage du papyrus Anastasi I ( Voyage, p. 34), où il est question de l’acte hostile ou coupable d’une population révoltée, intrigues, trames rendraient peut-être mieux l’intention du texte; on préférera, au contraire, embrouillement, complication, à propos de ce qui rend un style inintelligible. J’ai indiqué ces diverses nuances; mais M. Brugseh préfère le sens péché, à cause du copte itoÉi. Je ne tiens pas absolument au copte neÉ^-, mais à coup sûr ce dérivé rend bien plus exactement les valeurs diverses du radical égyptien que l’idée péché. Les mots

voyage d’un égyptien en syrie, etc.

égyptiens qui signifient péché, iniquité, faute, sont tout autres que le groupe étudié; ces diverses acceptions donneront des sens faux ou au moins obscurs partout où se rencontre ce groupe. Il est facile de s’en rendre compte. Aussi M. Brugsch, qui les propose dans son Dictionnaire, se garde-t-il bien de s’en servir lui-même; il y substitue le sens erreur, qui est fort différent du sens péché, mais non pas plus correct.

M. Brugsch a publié dans la Zeitschrift fur agyptische Sprache, 1864, p. 1 et 13, deux longs articles sur les signes et dans ces articles il se proposait de démontrer que, malgré sa dissertation de 25 pages sur le même signe, M. de Rongé avait méconnu la valeur phonétique et la signification fondamentale de ces signes. Sans paraître apercevoir les grosses erreurs dont l’article de son critique est parsemé, le savant académicien français a donné son assentiment aux vues exposées par M. Brugsch.

Dans le fait, M. de Rougé avait voulu trop approfondir le sens mystérieux de ces groupes; ils ne désignent ni le principe de la vie, ni la chaleur vitale, ni la fermentation, mais l’acte mystérieux de sauvegarde, de salut, exercé par la divinité; c’est quelque chose d’analogue à cette vertu secrète qu’on croyait jadis être communiquée par la bénédiction et par l’imposition des mains. Je ne parle pas ici des significations accessoires, telles que dos, amulette, classe de prêtres', etc. Celles-ci sont d’un emploi assez rare et très nettement défini.

Malgré les intéressantes variantes qu’il signale, l’article de M. Brugsch, criblé de fausses traductions, mène à l’erreur; la dissertation de M. de Rougé, quoique non irréprochable (il n’y a rien d’irréprochable dans ces sortes d ana-

1 . M. Bircli a le premier signalé le sens dos et la lecture s. J’ai plus tard corroboré cette lecture et indiqué la valeur du mot : salut, sauvef/ardc, protection divine ,

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lyses), met au contraire sur la voie du véritable emploi du mot, et c’est pour n’avoir pas eu assez de confiance en luimême que le savant académicien a fait de graves erreurs à propos du mot qui nous occupe.

Mais tenons-nous-en aux erreurs de M. Brugsch. Voici un échantillon de la manière dont il s’illusionne lui-même. Je copie son texte, sa transcription et sa traduction :

Mut- U Is-t hi sa-k hi se-hem nek nefi-u

uauuu atnk.

« Deine Mutter Isis bewegt sicli hin und lier hinter dir » um fera zu halten dir die Irrthumer welche einsturmen » auf dich. »

En français, cet allemand signifie : Ta mère Isis se meut çà et là derrière toi , pour tenir éloignées de toi les erreurs qui fondent sur toi. Comprenne qui pourra ce flot d’erreurs menaçant le fds d’Isis. Je serais bien curieux de savoir ce qu’est devenu le groupe dans la transcription et

dans la traduction de notre lexicographe. Si M. Brugsch se rendait mieux compte de la valeur des notions acquises de la science, et ne se passionnait pas pour l’erreur, il ne lui aurait fallu aucun effort pour traduire correctement : Ta mère Isis est à émettre ton salut, à détourner de toi les trames dirigées 1 contre toi.

Au Papyrus magique I 348 de Leyde (pl. 2, 1. 6), il est

1 . Le mot en italique correspond à un groupe de forme exceptionnelle. Je n’en garantis pas l’exactitude.

voyage d’un égyptien en syrie, etc.

parlé de quatre portes de vie existant dans la tête de l’homme; le texte les énumère en ces termes :

Deux yeux en elle , qui voient;

Deux oreilles en elle , qui entendent les paroles;

Deux narines en elle, goûtant l’air ;

Une bouche en elle, répondant comme la déesse Safekh ou à la déesse Safekh.

L’intention de ce texte est de préciser l’action normale de chacun des organes nommés; pour la facilité d’élocution, la bouche est comparée à la déesse de l’éloquence, quelle que soit d’ailleurs la nuance exacte de l’expression égyptienne. Il y a lieu d’observer que le mot jj jU | ©, tète, est du

masculin, comme son dérivé copte ms; pour ce motif, le texte se sert du pronom masculin : deux yeux en lui, etc. Ce pronom masculin trompe M. Brugsch, qui l’attribue à un personnage, et traduit la dernière phrase: La bouche en lui dit à la déesse Safekh : donne du feu, etc. On reconnaît ici la clarté habituelle de notre critique en matière de textes hiératiques.

Le chapitre clxi du Rituel consiste on un tableau représentant quatre dieux ibiocéphales tenant des deux mains une longue tige verticale. J’ignore si quelques variantes remplacent ces tiges par des portes. Quoi qu’il en soit, on a appelé ces personnages portiers du ciel.

Au-dessus de chacun d’eux on lit une légende qui paraît se rapporter à la tige en question, car les pronoms ne sont pas au masculin, comme cela devrait arriver s’ils se rapportaient aux dieux. Voici les quatre légendes :

Une des vents du Midi, c’est Phra.

Une autre des vents du Nord, c’est Osiris.

Une autre des vents d’Occident, c’est I.sis.

Une autre des vents d’Orient, c’est Nephthys.

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Quatre formules mystiques, de sens fort obscur, accompagnent la scène.

Sous ce tableau se lit un texte de sept lignes, qui se réfère uniquement à l’effet que doit produire le chapitre et aux précautions de mystère qu’il faut prendre pour le peindre sur le cercueil. En voici la traduction :

« Tout défunt pour lequel aura été faite cette scène sym- » bolique sur son cercueil aura accès vers les quatre côtés » du ciel; l’un des vents du Nord, c’est Osiris; l’autre des » vents du Midi, c’est Phra, » etc.

M. Brugsch s’inquiète peu du sens des textes auxquels il fait ses emprunts. Voici comment il rend le commencement de la clause :

AA/WV\

Lorsque quelqu’un est devenu en une momie, alors on met des scènes figuratives sur son cercueil! ! !

M. Brugsch rendrait service aux curieux en leur analysant la phrase qu’il traduit : Lorsque quelqu’un est devenu en une momie.

Voici un prodige de clarté :

On lit au chapitre vu du Rituel diverses invocations que le défunt est censé adresser à l’un des démons chargés de supplicier les damnés.

Après la phrase : Que je ne sois pas paralysé par toi , le texte ajoute :

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