‹ Œuvres diversesChapitre 134 sur 273 · Sharpe, I, pl. 67; Bonomi, pl. 8, B · texte numérisé non relu

Sharpe, I, pl. 67; Bonomi, pl. 8, B

RÉPONSE A LA CRITIQUE

tasilll1. L’une d’elles décrit les misères afférentes à l’état militaire en ce qui touche le bas-officier d’infanterie; l’autre traite le même sujet, au même point de vue, à l’égard des recrues de la cavalerie égyptienne, c’est-à-dire du combattant en char.

M. de Rougé a traduit la première de ces lettres dans son discours d’ouverture du cours d’archéologie égyptienne au Collège de France, en 1860; l’autre n’a été, que je sache, l’objet d’aucune tentative de ce genre; mais M. Brugsch, dans son Dictionnaire, en interprète plusieurs phrases à sa manière.

J’ai préparé moi-même depuis longtemps une version analytique de ces deux documents, que les énormes erreurs de M. Brugsch m’obligeront à publier. J’extrais provisoirement de mon travail le sommaire suivant du paragraphe abordé par mon hardi critique :

« A sa sortie de l’école, le jeune officier de chars vient se » pourvoir d’un attelage à l’écurie en présence du pharaon; » il reçoit de bons chevaux, et sa satisfaction s’exhale en » une joie bruyante; il revient alors à sa ville natale, fatigué » du voyage, mais il faut qu’il reparte bientôt et subisse » de nouveau les fatigues du mode incommode de locomo- » tion que son état lui impose; or, il ne connaît pas ce que » l’avenir lui réserve, il lègue tout ce qu’il possède à son » père et à sa mère, » etc.

C’est dans ce texte que M. Brugsch, à propos du groupe

et comparez

Dümichen, Temp. Inschr., xxiv, 7), découpe la traduction suivante :

« Le roi a reçu d’excellents chevaux; ils se réjouissent » en hennissant ; ils viennent le portant à sa ville; ils sont » ardents dans leur trot. »

Est-ce suffisamment clair, grand Dieu !

1. PI. 6, 1. 3 à 10, et non pas pl. 5, comme l'écrit M. Brugsch.

voyage d’un égyptien en syrîe, etc.

Toujours malheureux lorsqu’il lui arrive de toucher à l’hiératique, le critique du Voyage d'un Egyptien n’est pas souvent plus heureux avec les hiéroglyphes; son inexpérience pour l’analyse des textes l'accompagne partout. C’est ainsi par exemple que, tronquant une phrase de l’inscription publiée par M. Lepsius, AuswaJd der wicht. Urk., pl. IX, 15, il cite, dans son explication du mot signifiant ivoire, le texte ci-après :

<=> | V5 \\^ , etc. Cela lui donne

l’idée d’une statue ayant de l’or et de l’argent par-devant et de l'ivoire par-derrière. Or, il n’est nullement question ici d’une statue quelconque; le premier groupe est le qualificatif habituel de la formule : toute espèce de pierres précieuses, Y37 \ o, et la phrase a un tout autre sens que

ûHi iJ)

celui que lui prête M. Brugsch.

Le chapitre lxiv du Rituel se termine par une clause finale très intéressante, sur laquelle j’ai donné quelques explications, Voyage d’un Égyptien, p. 43. C’est, dit le texte, un grand mystère qui ne doit être ni vu, ni entendu; celui qui le pratique doit être lavé et purifié; il ne faut pas qu’il se soit approché des femmes, ni qu’il ait mangé de la chair, ni du poisson.

M. Brugsch cite une variante de cette dernière phrase :

ce qui se lit sans la moindre difficulté : Qu'il ne mange aucune espèce de quadrupède; qu’il ne mange rien de ce qui est plongé dans l’eau.

RÉPONSE A LA CRITIQUE

Pour M. Brugsch, c’est tout autre chose : aucun animal quadrupède, aucun poisson ne mange cela! ! ! Quoi, cela? le chapitre? Je préfère de beaucoup les textes traduits à l’envers.

La précaution que prend M. Brugsch d’altérer les traductions de ses devanciers, pour éviter d’avoir à les citer, n’est pas sans péril pour lui. C’est ainsi, par exemple, qu’il rend par : ses bras remplissent son ventre, comme le miel est une nourriture pour celles qui le travaillent , une phrase dont j’avais traduit la dernière partie dans mon mémoire sur le chapitre vi du Rituel : comme l’abeille vivant de ses œuvres'. Cette fin de phrase a pour commencement : il fatigue ses bras pour remplir son ventre, et se réfère au dur labeur d’un manouvrier qui ne peut vivre que du produit de sa tâche quotidienne, comme l’abeille vit de son travail2. M. Brugsch, qui détache sans façon les trois premiers groupes du passage, serait bien aimable de nous dire ce qu’il compte en faire. Il ne fait pas attention d’ailleurs que le mot

yj-7 ^ dans le sens miel est du masculin, et ne saurait régir le pronom féminin , lequel convient au contraire au

nom de l’abeille, en copte T.ô.q, t.ôJi, ap-is. Un égyptologue ordinaire se serait arrêté devant l’obscurité d’une phrase telle que celle de mon critique : « ses bras remplissent son ventre » comme le miel est une nourriture ». Un tel style coïncide parfaitement avec les idées particulières de M. Brugsch sur la clarté, mais qu’on tienne pour certain qu’il n’existe rien de semblable dans le style égyptien.

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