Dcnknialcr, III
RÉPONSE A LA CRITIQUE
sible à la place de celle d’ épouvante dans ce passage. Tendre les bras est une action habituelle des suppliants; ouvrir les mains, c’est tout autre chose.
- aj ^ , ô.é, signifie corne. Ce groupe est très voisin de
celui qui désigne Y ivoire, eA, eb-ur. Peut-être ce mot
se disait— il des parties osseuses du corps humain; le copte l’aurait dans ce cas conservé dans unguia.
Rien ne prouve que ^ ^ ait eu quelque rapport phonétique avec le copte k^c, os. D’après un passage de la stèle de Pianldii, cité par M. Brugsch, je serais assez tenté de croire que, dans le sens os, ce signe avait la valeur phonétique on y lit : les terreurs sont dans mes entrailles ( ) , ta
crainte est dans mes os ^ J ç. Dans cette phrase à parallélisme l’expression entrailles, sein, se rapporte aux viscères mous du corps humain, et fait antithèse à l’expression os, charpente osseuse du squelette. L’intention de la phrase est d’exprimer d’une manière énergique l’idée que l’être tout entier est pénétré de la terreur qu’inspire le pharaon. Rien de plus commun que de trouver dans la poésie hébraïque les os cités comme le siège des sensations de crainte et d’espérance : contremuerunt ossci, ossa conturbata, ossa humiliatci. Il en est de même chez les poètes latins : cucurrit tremor ima per ossa.
Quoi qu’il en soit, je ne puis en aucune manière me rendre compte de la traduction de M. Brugsch : V angoisse devant toi est dans mes dents, pour la phrase : cht"k jul ô.£l
J’ai signalé depuis longtemps le sens du groupe gorge, gosier.
Bibl. ÉGYPT., T. XI.
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
M. Bircli a adopté cette valeur dans son Dictionnaire, p. 341, mais en y ajoutant celle de poumons, qui pourrait être exacte, car il s’agit, d’après l’orthographe du mot, d’un organe double. Dans tous les cas, ce groupe désigne certainement l’un des organes de la respiration, c’est-à-dire de l’acte le plus essentiel à la vie. C’est pour ce motif qu’il est spécialement cité par les textes funéraires comme devant être rétabli chez les morts par les dieux1. Aux litanies d’Osiris se rencontre le titre assez singulier d ’Osiris-Ah-ti, qui semble identifier ce dieu avec le jeu du souffle vital. Le défunt prenait un corps pareil à celui de Ptali et une poitrine (evo-Ti) comme celle de la déesse Hathor.
La privation, la cessation de la respiration se dit Z5
^ ^ 2 ; la plénitude, la force de la respiration,
M. Brugsch méconnaît complètement la spécialité de ces expressions, et trompé par le copte, il traduit la première mutilus , mancus et la deuxième, integer Top ~o .
En égyptien l’idée tout Je monde, tous les hommes s’exprimait soit directement et dans les mêmes termes, soit tropiquement par la désignation de certaines particularités appartenant à l’espèce humaine, et notamment par les parties du corps prises pour l’homme lui-même; c’est ainsi qu’on trouve les formules toute face, tout œil, tout lieu, exprimant incontestablement l’idée tous les hommes, et
1. Cf. Sharpe, pl. 77, 1. 3 et 15; pl. 97, 1. 5; pl. 28, 1. 20, etc.