‹ Œuvres diversesChapitre 151 sur 273 · LXV · texte numérisé non relu

LXV

Les verbes tj; j j\ et ^ sont essentiellement différents l’un de l’autre; ils n’ont rien de commun avec le copte otco, fin ire, cessare, malgré l’assertion de M. Brugsch, et quoique le premier signifie interrompre, cesser, finir.

Notre lexicologue cite la phrase ' ’~A‘~ 'è [ s\, qu’il

rend par unaufhôrlich, incessant , incessamment ; mais il oublie de citer le texte auquel il l’emprunte. Or, ce texte n’est autre que celui des Lamentations d’Isis et de Neplit bps, publié par M. de Horrack en fac-similé, d’après un papyrus hiératique de Berlin. On trouve ce passage aux lignes 1 et 2 de la page 4, planche I, de cette publication soignée et correcte. Il est aisé de voir que M. Brugsch est demeuré fidèle à ses procédés habituels d’investigation des textes hiératiques. Les quatre mots cités par ce savant appartiennent à deux phrases différentes. La première se lit, d’après la traduction de M. de Horrack : « O dieu An, tu brilles pour nous au ciel chaque jour », et la seconde : « Nous ne cessons pas de voir tes rayons'. » Ce sont les mots chaque jour et nous ne cessons pas que M. Brugsch a réunis pour en composer l’exemple qu’il cite. Comme le verbe est suivi de son sujet le pronom l {y nous , on peut dire que c’est une erreur impossible !

A propos du groupe ayant le sens aimer, désirer, M. Brugsch, qui ne peut méconnaître ces valeurs, que tant

1. J. de Horrack, les Lamentations d’Isis et de Nephthys, p. 8.

RÉPONSE A LA CRITIQUE

cle textes ont rendues manifestes, ne se trompe pas moins clans leur application ; la phrase qu'il rend par : tu nourris celui que tu veux, tu anéantis celui que tu as en vue d’anéantir, signifie tout simplement : tu fais vivre à ta volonté, tu immoles à ton gré.

M. Brugsch traduit de la manière suivante une phrase des Inscriptions historiques de M. Diimichen, pl. 22, 23, lig. 25 : Nos armes se sont perdues, elles ont été arrachées

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cle nos mains. Le dernier membre de phrase est T

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Or, le groupe s5«oip, dont les variantes principales sont

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et T/v^a, se dit d’un état d’extrême infirmité

faisant obstacle à l’action des organes ou des instruments qui en sont atteints. C’est l’état de la voix lorsqu’elle ne peut plus articuler les paroles1; celui de l’homme glacé, paralysé parla peur2; c’est la disparition de la paille emportée par le vent3; c’est la chute de la flèche qui s’arrête impuissante avant d’atteindre le but4, et dans la phrase citée c’est la paralysie, l’impuissance de la main qui ne peut plus servir à la défense. Ici le mot mains est sujet et non pas régime indirect, et s’il manque un signe dans la rature ce ne peut être que ^ ; encore la place est-elle tout au plus suffisante.

A la traduction que donne M. Brugsch : Nos armes se sont perdues, elles ont été arrachées de nos mains, il faut substituer celle-ci : Nos armes se sont usées; se sont paralysées nos mains.

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