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Denkmàler , III

RÉPONSE A LA CRITIQUE

M. Brugscli parle de certains tableaux représentant des femmes qui chantent et qui dansent; il en fournit lui-même un exemple dans son Recueil d’inscriptions, pl. G8, en g. Au-dessus de femmes chantant, dansant ou battant la me¬

sure, il est écrit : récréation

. Il cite aussi

le titre t oep ôjun, qui montre que ce mot

se dit des individus. Si le groupe indique à la fois le chant et la danse, on pourrait songer à le rendre par aimée, bayadère. Dans un sens plus général, on peut admettre le sens amuseuse, récréatrice, réjouisseuse' . Mais s’il y a lieu à hésitation en ce qui touche la nuance exacte, on ne comprend guère le tour de force que fait M. Brugsch lorsqu’il assimile le mot *.£ri au copte ujeAe-r, et propose de le traduire par le harem dans un cas et par Yépouse dans un autre.

Lorsque M. Brugsch ne se trompe pas radicalement, il embrouille, comme nous l’avons déjà fait ressortir, les définitions les plus simples; l’article de son Dictionnaire qui /f} ® Q

porte sur le groupe ^ , ^oir, l’un des plus importants

de la langue antique, peut servir de spécimen à cet égard ; car il est conçu de manière à induire en erreur les débutants, et à leur faire perdre de vue la véritable intention des phrases dans lesquelles ce mot est employé.

Comme substantif, £ov exprime une idée de bonté, bienfait, utilité, avantage. Il a aussi beaucoup d’autres nuances de signification voisines de celles-ci, et des acceptions spé-

1 . J'emploie ces mots hasardeux à défaut d'expressions plus correctes pour rendre ma pensée.

VOYAGE D UN EGYPTIEN EN SYRIE, ETC

ciales fort différentes, mais ordinairement faciles à reconnaître. Il faudrait cinq ou six pages dans le format du Dictionnaire de M. Brugsch pour donner de ce mot une idée à peu près suffisante. Je ne parlerai ici que de l’idée fondamentale bien, bon, parce que c’est pour l’avoir méconnue que M. Brugsch se trompe dans la traduction d’une phrase que j’ai déjà plusieurs fois expliquée et que je reproduis ici en entier :

AAAAAA «Ci

1 Nulle chose des hommes nombreux , utile

Ammon plus queux; c’est-à-dire : Des hommes nombreux ne sont rien; Ammon est plus utile qu’eux. Dans ces deux membres de phrase, le sujet est affecté de la particule qui n’est point ici la marque du génitif.

M. Brugsch traduit le premier membre : les œuvres de beaucoup d’hommes ne signifient rien. Il suppose ainsi que lé verbe signifier est sous-entendu entre la négation et le mot chose. Je le mets au défi de montrer dans un texte quelconque un arrangement de ce genre. Le seul mot élidé après

J est Y 'auxiliaire être ou verbe substantif, dont la sup-

AA/VNAA

pression est si commune dans toutes les langues, et notamment après la négation hébraïque px. L’expression nulle chose, dans la phrase citée, est analogue à : nuis fantassins, nuis cavaliers, nuis kadjens, nuis officiers, nuis guides, nuis pains, etc., formules qu’on trouve composées de la négation J , suivie des mots fantassins, etc. ; et cette expression nulle chose, rien, forme antithèse avec

du dernier membre de phrase, qui oppose Y utilité, le bienfait efficace d’Ammon à la nullité des efforts humains.

L Papyrus Seillier III, pi. 3, 5,

RÉPONSE A LA CRITIQUE

On a rencontré une seule fois dans les textes égyptiens le groupe 1 <§1 wl n . dans lequel, selon toute vraisemblance,

le © médial est déplacé. Si l’on voulait hasarder une hypothèse sur un exemple absolument unique, on pourrait rapprocher ce mot de (j(j f=3, hauteur, d’où peut-être élever, exalter. Plus probablement on devrait songer au groupe

malheureusement le sens de ce dernier

mot n’est pas aisé à déterminer. En somme, dans un dictionnaire, il est prudent, en pareil cas, de n’exprimer que des doutes.

Mais pour M. Brugsch les analogies coptes lèvent toute difficulté; il voit ici le copte *3i, herba virens , et il traduit : sa force est dans sa fleur, une phrase qu’il analyse à sa manière.

Si quelque égyptologue sérieux veut bien prendre la peine de consulter le passage cité par notre lexicographe, il s’apercevra aisément que M. Brugsch a réuni, pour en faire une phrase, des lambeaux qu'il déplace. Le texte exalte les mérites de Thothmôs IV : « Il ressemble cl dieu lui-même; ses guerriers sont dans la joie par amour pour lui ; les princes et tous les grands sont auprès de sa vaillance (comme si l’on disait auprès de sa majesté, auprès de lui) à V exalter 1 .

Ces derniers mots sont écrits : ^ (j ® Ij • Le doute

porte sur le mot exalter; ce peut être louer, glorifier, ou quelque autre idée voisine, mais à coup sûr ce n’est pas reverdir. Dans tous les cas, c’est dans ce texte queM. Brugsch découpe délicatement la traduction suivante : sa force est dans sa fleur! ! !

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