‹ Œuvres diversesChapitre 157 sur 273 · Denkmaler, IV, 90, d; 41, a; 46, 18; 46, 19, etc · texte numérisé non relu

Denkmaler, IV, 90, d; 41, a; 46, 18; 46, 19, etc

Bibl. égypt., t. xi.

voyage d’un égyptien en syrie, etc.

égyptiens qui signifient abomination et souillure sont très différents de ceux-ci. Il ne faut pas non plus les confondre

avec un groupe voisin

'Si

On est depuis longtemps d’accord sur la signification du groupe » précieux, cher, noble, auguste, etc. Je laisse ici de côté les sens accessoires, tels que ceux où le mot a pour déterminatif la fleur, le pain ou la demeure.

Ce groupe qualifie les objets précieux et rend l’idée abstraite richesse, opulence; il se dit aussi des personnages de haute dignité, et emporte dans ce cas une idée d’autorité, de vénération, etc. Mais, coûte que coûte, il faut du copte à M. Brugsch; or, le copte lui fournit cm, ornamentum , c*., pulcher. En conséquence, renonçant aux opinions reçues jusqu’alors, il transforme le groupe en question en beau, joli, embellir, orner. Puis il nous donne le réjouissant commentaire que voici : embellir quelqu’un, c’est-àdire l’ honore r, Y estimer. Voilà bien de la clarté à sa manière. On voit que notre lexicographe tient à sa traduction du titre conféré à la jeune épouse royale, d’après le récit du Papyrus d’Orbiney : il l’éleva pour Grande Beauté (er erhob sic sur Grosse Schonheit). Ce titre signifie tout simplement très noble ou très auguste, et n’a aucun rapport avec la beauté physique, qui s’exprime en égyptien d’une manière bien différente. S’il pouvait y avoir quelque doute lorsqu’il s’agit d’une femme, ce doute cesserait en présence des textes qui attribuent cette qualification à des hommes, et quelquefois à des vieillards.

A propos de l’explication du groupe (j qu’il tra¬

duit verrou, bien que, dans un très intéressant article de la

RÉPONSE A LA CRITIQUE

Zeitschrift , il en ait signalé la véritable valeur, serrure, verrou, en copte khAj, M. Brugsch donne un nouveau spécimen de ses erreurs dans la traduction de textes où le verbe

<=U=| est sous-entendu.

Il s’agit de la phrase du chapitre cxv, 1. 56 :

'ITÏÏÏÏ]Tr aaaaaa Q ^ ^/J ^

A/WW\ /WWV\

I AAAAAA

; ce qui signifie : Je

ne

t’ouvre pas, dit la serrure.

M. Brugsch traduit : Je ne t’ouvre pas les verrous. Qu’il veuille donc bien nous signaler le sujet de la phrase et qu’il nous cite un texte dans lequel le verbe oto, ouvrir , serait lié à son régime direct par la préposition ll . Cette persis-

AA/WNA

tance dans l’erreur est vraiment inexplicable.

Depuis dix ans, j’ai signalé la valeur phonétique de l’hiéroglyphe de la femme jouant du tympanum, dont Chérémon nous a conservé la signification joie. Cette valeur est

ra

| dâ

M. Brugsch transcrit t'aiu hi teb la phrase 4). Sur quoi M. Brugsch se fonde-t-il pour

adopter cette nouvelle lecture?

Nous arrêterons ici pour le moment la recherche des erreurs innombrables qui émaillent les trois premiers cahiers du Dictionnaire de M. Brugsch. Jamais l’usage abusif du copte ne fut poussé plus loin par personne. Nous avons vu, par exemple, au paragraphe VIII, le mot -oco^-, funiculi , retrouvé dans un groupe forgé au moyen d’une lecture rétrograde; ce n’est pas plus grave que de signaler ojuk,

irruere , comme dérivé de ^ ak, entrer

292 VOYAGE D' UN ÉGYPTIEN EN SYRIE, ETC

espèce de végétal, comme huitième forme cle to^, paille , etc. On peut citer par centaines des énormités pareilles. Pour ce motif, pour la multiplicité des traductions fausses, surtout pour ce déplorable système d’interprétation des mots, sans souci du sens des phrases ni de l’intention du contexte, le Dictionnaire de M. Brugsch est, j’ose le dire, un livre plus dangereux qu’utile. Dangereux par les erreurs qu’il contient; dangereux, parce qu’il fournira aux débutants un moyen commode de se dispenser de l’analyse directe des textes, ce qui les empêchera le plus souvent d’apercevoir la voie erronée dans laquelle ils sont entraînés.

Ce livre appelle donc de promptes réfutations. M. Le Page Renouf, dans la Clironicle de Londres, et M. Aug. Baillet, dans le Journal égyptologique de Berlin, ont déjà signalé quelques points critiquables. Mais ce n’est pas suffisant; il faut mettre un remède efficace à côté du mal; il ne faut pas laisser croire à la postérité qu’un tel amas d’erreurs est le résumé fidèle des conquêtes de la science dans le champ de la langue hiéroglyphique, trente-sept ans après la mort de Champollion.

Je me propose de publier, dans le même format que celui de la présente réfutation, un tableau des erreurs que je reconnaîtrai dans le surplus du Dictionnaire. Mes rectifications suivront alors l’ordre lexicographique adopté par l’auteur, ordre que mes notes prises un peu au hasard ne m’ont pas permis d’adopter ici.

Les lecteurs qui auront bien voulu lire attentivement les paragraphes qui précèdent, connaissent maintenant aussi bien que moi la valeur philologique de mon adversaire. Il ne s’étonneront pas qu’un égyptologue vraiment sérieux puisse opposer à M. Brugsch, lorsqu’il se permet des critiques portant sur des textes longs et difficiles, ces simples

RÉPONSE A LA CRITIQUE 293

mots : Qu’en savez-vous? Je prendrai toutefois la peine de suivre quelques-uns des points qu’il critique.

n AAA/WÀ

A propos de rrrnj M. Brugsch conteste le rap¬

prochement que j’ai proposé de ce mot avec le copte uj&Hp; il aime mieux ujwnÉ qui ne fournit que des idées inapplicables, sauf celles qui sont communes à uj&Hp. Parmi ces valeurs il choisit negligere, et traduit par conséquent : tes phrases sont négligées , ce que j’avais traduit : tes phrases sont embrouillées. Cela ne l’empêche pas de prendre ma traduction : il se mêle aux Shasous (p. 20, 1. 4). Adopteraitil le sens mêler ou le sens négliger lorsqu’il est question de faire cette action avec l’eau, l’air atmosphérique, le miel, les crocodiles, etc. ? Nul ne saurait le prévoir; mais je conseille à tous les égyptologues de négliger partout le sens négliger pour la traduction du mot dont il s’agit.

Au paragraphe XXIX, je me suis expliqué sur l’assimila-

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tion du groupe avec le copte nofu. Je répète ici que

l’acception pêché ne peut que mener à l’erreur. Lorsque, par exemple, M. Brugsch affirme que le sens de la phrase par moi traduite : Tes phrases sont brouillées ; c’est une perplexité. . . , doit être : Tes phrases sont négligées, outre cela, elles sont fautives, il entasse erreur sur erreur. D’abord il se méprend sur la nature des rapports qui existaient entre les deux scribes : l’écrivain était de beaucoup l’inférieur du scribe à qui il s’adressait, et tout en repoussant les reproches et les critiques de ce grand personnage, il ne perd jamais de vue, selon l’usage égyptien, le respect qu’il lui devait. Nous reviendrons sur cette considération capitale dans la question.

D’un autre côté, pour le mot rendu par négliger, on n’a qu’à se reporterai! paragraphe précédent; à l’égard de celui

voyage d’un égyptien en Syrie, etc.

que M. Brugsch traduit fautives, il sort de la source qui a failli submerger le fils cl’Isls sous un Jlot d'erreurs (voir paragraphe XXIX). Reste enfin l’expression outre cela, qui n’est pas traduite du texte égyptien, mais entièrement de l’invention de M. Brugsch.

A propos du même mot nqi, mon critique fait appel à un texte inédit que lui a communiqué M. Mariette. Ici, il n’est pas besoin d’attendre la publication de l’original pour voir que M. Brugsch traduit mal ce texte; le mot itqi y a encore une idée d ’ irrégularité, de désordre, qui ne se rencontre pas dans la locution : c’est la faute d’enfants. Le devoir des enfants chez les Égyptiens était de veiller avec soin à la conservation des tombeaux de leurs parents; ceux qui ne remplissaient pas ce devoir violaient la règle, la voie droite, commettaient une infraction; de là, le choix de l’expression iiq*.; le mot propre à employer sera déterminé par lé texte antécédent, car il faut savoir s’il est question des individus délinquants ou des monuments tombés en ruines. Notons seulement que la phrase ;époT oT £juu $>i ^Tq signifie : des enflants ne connaissant pas la t face de (leur) père.

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