L’invitatif : rencontre sans déterminatif, ou avec les
déterminatifs TV
M. Brugsch est triomphant et même clair lorsqu’il parle de la formule 1 Jj, dont l’importance, dit-il, est d’autant plus visible que les textes en font fréquemment usage et que les traducteurs, sans excepter M. Chabas, n’en ont jamais pu saisir le vrai sens. On a l’habitude, ajoute-t-il, de la traduire trop littéralement dans l’habit de la vérité.
Je ne me serais jamais attendu à voir M. Brugsch se servir aussi adroitement du pronom indéfini. Tous les traducteurs, y compris M. Chabas, se trompent, et c’est M. Brugsch qui seul a saisi le véritable sens; donc, à tous les traducteurs et à M. Chabas est attribuée la traduction trop littérale : dans Vhcibit de la vérité. Or, je connais deux traductions de ce passage, à’ importance visible selon M. Brugsch. La première, dans une phrase ainsi arrangée: exstructione conjécta in pulchritudine et bonitate ilia velaminibus pretiosis; elle est deM. Brugsch et correspond à la ligne 4 de V Inscription de Rosette, où j’ai lu : d’ouvrages exécutés à neuf en perfection vraie; la seconde se trouve dans le S' aï en Sinsin, et c’est encore M. Brugsch qui y a
lu : vivit in potentiel in velamento pretioso . in puritate;
l’égyptien dit tout simplement : il revit en toute perfection (i complètement ) des millions de fois. Attendons maintenant que M. Brugsch nous explique comment l’idée littérale dans l’habit de la vérité, ou bien dans des voiles précieux, a pu dégénérer en : ce qui est convenable, ut decet. Mais constatons bien en attendant que c’est à lui-même que M. Brugsch donne un démenti, et faisons bien remarquer qu’il a tort de s’en prendre aux autres.
M. Brugsch daigne de temps à autre m’indiquer des
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
sources que je parais avoir négligées. Tel est le cas, par exemple, pour la description des différentes parties du char, au sujet de laquelle le critique me renvoie à la planche 10 du IVe volume de ce qu’il appelle le Recueil. Je sais très bien le grand mérite qu’ont les textes publiés par M. Dümichen, et j’ai déjà eu l’occasion de leur rendre une justice que M. Brugsch leur refuse lorsqu’il se borne à appeler cette belle et riche collection du nom de Recueil, c’est-àdire d’un nom qui rappelle essentiellement M. Brugsch lui-même. Mais l’observation de mon critique perd toute valeur devant ce fait que l’impression de mon ouvrage a devancé de plus de six mois l’apparition du volume qu’il me reproche de n’avoir pas consulté. Il en est de même de l’impression de mon explication du mot quia également précédé la mise en vente de l’édition allemande des Papyrus Rhind. Je n’aurais pas d’ailleurs cité ni M. Brugsch ni personne autre à propos de ce verbe, et je me dispenserai, quand bon me semblera, d’appuyer sur le copte des valeurs qui peuvent se passer de preuves.
J'ai comparé deux phrases de forme presque identique; l’iine, celle d’Anastasi I, signifie rapide comme des chacals ; l’autre peut avoir le même sens : rapide comme la panthère; elle appartient à un texte différent. M. Brugsch, qui traduit comme moi le premier texte, réclame à propos du second : ce que M. Chabas lit uj^p se transcrit x>p. et sens n en est pas rapide, mais être furieux, être fâché, étant construit régulièrement avec er, à cause de. Lorsque le reviseur de M. Brugsch m'aura traduit cette phrase en français intelligible, et que ce critique m’aura expliqué sa construction régulière, je me charge de lui montrer qu’il se trompe encore, lors même qu’il aurait raison pour la valeur du groupe, qui n’intéresse pas le texte du Voyage.
A propos du groupe un critique de bonne foi n’aurait pas songé à me faire un crime d’une hypothèse qui
l’assimile à
dans certaines formules; mais alors
M. Brugsch n’aurait pas pu placer ces mots gracieux : observations dénuées de tout fondement . Puisqu’il cite si souvent, et d’une manière aussi flatteuse que le Voyage d’un Égyptien, mon mémoire sur l’Inscription de Rosette, il aurait été honnête à lui de faire remarquer que j’ai traduit par : cela représentera (p. 41 et 65 1 ) les deux passages qu’il traduit aujourd’hui : ce qui se tourne ou ce qui s’interprète. Ici encore M. Brugsch me copie et m’attaque. Quant au texte démotique, je ne l’ai pas étudié par un motif que mon adversaire connaît bien, c’est que je ne me suis jamais occupé de cette branche de la science, et que je ne compte même pas m’en occuper à l’avenir. Je ne parle que de ce que je connais bien.
M. Brugsch me fait ensuite une accusation générale sur toute une série de mots, que, selon lui, je lis invariablement mau, et qui doivent se lire s'u. Il s’agit des mots commençant par [\. Nous avons un échantillon de la valeur des constatations de ce critique à propos de ce signe, dans notre paragraphe XL, où nous avons montré comment le trait qu’il décochait contre M. Bircli est revenu sur lui-même et a frappé l’archer. Il cite cette fois qu’il assimile
au copte ujovu), evacuare. C’est toujours avec le même bonheur que M. Brugsch s’inspire du copte. Jusqu’à preuve contraire tirée des hiéroglyphes, je m’en tiendrai à la lec-