Cl. p. 129, 132, 149, du présent volume. — G. M
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
ture fournie par la variante ^"^6, que j’ai citée
( Hymne à Osiris , p. 14), avec divers exemples des cas où le signe p se prête à l’articulation uj. Jusqu’à présent M. Brugsch n’a cité aucune erreur à ma charge dans cette prétendue série. En voilà deux grosses à la sienne; quand il s’expliquera sur le surplus, et qu’il nous montrera ses preuves et le parti qu’il tire de ses constatations pour l’intelligence des textes, nous lui ferons voir très probablement qu’il se trompe partout, qu’il se trompe toujours.
M. Brugsch veut que le groupe
soit clairement conservé dans le copte igwAeju. odorat us , odorari , et que" l’on introduise cette valeur dans des phrases telles que celles-ci : tu es assoupi comme ( comme un
somnolent); tes membres sont vivants , ton cœur (est celui) des &nxxw~os'. Et il se demande avec une espèce de naïveté ce qui a conduit M. Chabas à donner à ce groupe le sens de dormeur.
[f; Mon critique me dispensera de répondre à sa question. J’ai donné des explications suffisantes pour tous les égyptologues, excepté lui; il m'importe fort peu de le satisfaire. Ses observations relatives au groupe en question confondent les diverses acceptions d’un même mot. S’il me demandait pourquoi je traduis en français le mot anglais Sound tantôt par son, tantôt par sain, tantôt par sonde, tantôt par profondément, je le renverrais au premier écolier venu.
Ainsi que je l’ai expliqué plus haut, il ne m’a pas été possible d’étudier les Papyrus Rhind avant l’impression de
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mon ouvrage. Ces papyrus contiennent plusieurs fois certaines légendes généalogiques, dans lesquelles est employé
'uus.gd.ir t; par exemple : file de la
le mot
dame Aïout, épouse du frère du uL&g^-s'-T du Roi. M. Brugsch traduit ces derniers mots : Brader syngenes des Kônigs. Je crois toutefois qu’il s’est servi ici du mot grec, afin d’indiquer qu’il prend ce titre de pour la valeur hono¬
rifique qui y était attachée à la cour des Lagides et à celle des rois de Perse. J’aurais traduit : épouse du frère du Mahau-t du Roi, en conservant le mot égyptien, que j’ai regardé comme désignant une classe spéciale de personnages, inférieurs aux chefs. Les Papyrus Rhind ne me portent pas à modifier mon opinion. Je ne vois nullement le moyen de substituer ici le sens tribu on famille. M. Brugsch commet une erreur lorsqu’il rectifie ma traduction de la phrase : leurs Grands et leurs Mahauts m’ adorent, et propose d’y substituer : leurs chefs de tribus me rendent hommage. Je crois qu’il est superflu d’en faire la trop facile démonstration. On trouve des énumérations telles que celles-ci : son fis, sa femmes, ses Mahauts, ..... leurs enfants, ou bien : ses capitaines, ses Mahauts, ses soldats. Si c’est l’idée famille qu’on préfère, il paraît singulier que le fils, la femme et leurs enfants paraissent avoir un rôle à part; si c’est l’idée tribu, on concevrait que les chefs fussent mentionnés à part, mais non pas les soldats. Il n’y avait donc pas grand inconvénient à conserver le mot égyptien, ni une grande erreur à admettre que ce mot pouvait désigner une classe particulière de personnages investis de certaines fonctions secondaires. M. Brugsch, malgré sa critique, parait être de cet avis en ce qui touche les renseignements à tirer des documents accessibles à l’étude. Mais les stèles éthiopiennes lui ont fourni, à ce qu’il prétend, des exemples décisifs en faveur du sens tribu. Encore une fois, je le félicite du privilège qu’il a d’être admis à étudier les monuments tenus secrets. Il ne nous reste, à nous, d’autres ressources que d’attendre,
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sauf à être d’autant plus sévères qu’on nous aura plus longtemps combattu avec des armes secrètes. Dans tous les cas, si je me suis trompé, c’est d’une manière bien peu grave pour l’intelligence de mon texte, puisque en définitive il s’agit toujours d’un Égyptien qui se mêle aux Shasous. Il n’y a nulle déraison à supposer que le conducteur du char d’un chef égyptien de haut rang soit accepté comme guide par une tribu de Bédouins. On aurait pu garder le mot contresens pour une meilleure occasion. Terminons cet article en nous inscrivant en faux contre l’assertion de M. Brugsch qui fait dériver le copte pejm^e, personne d’état libre, de l’égyptien xicvo^t-t.
A propos du groupe L dont mon assorti¬
ment de types ne possède pas le signe déterminatif, M. Brugsch conteste ma traduction heurter, frapper, et propose le sens presser par le motif que le déterminatif est un pressoir. Il suggère en même temps le sens ouvrir, qui paraît en effet convenir aux phrases citées au Recueil, pl. 67, en 2. Le sens presseï' n’est établi par aucun texte; si le déterminatif représente un pressoir, ce qui est possible, mais non certain, parce qu’il peut y avoir eu confusion de deux signes voisins, ce ne serait pas du tout un motif d’attribuer aux mots déterminés par ce signe le sens presser. Comme ceci n’aurait besoin de démonstration que pour M. Brugsch, je n’insisterai pas; je me bornerai à renvoyer mon critique au groupe uepi, Papyrus Anastasi VII, pl. 1, 6, et Papyrus Sallier II, pl. 6, 5, afin qu’il applique sa valeur presser à un mot déterminé par le signe du pressoir.
Évidemment, le mot a plusieurs acceptions. Dans le Voyage, il s’agit d’un choc du char qui frappe sur les rochers bordant la route, par lequel les chevaux sont effrayés. Si le scribe avait voulu exprimer l’idée que lui prête
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M. Brugsch : que les chevaux sont effrayés d’ë tre pressés, je ne crois pas qu’il eût dit simplement cht-toit p effrayés par ; effrayés par le choc, par le contre-coup , est un sens naturel et simple. Pour le contester, il faut autre chose que des apparences tirées des déterminatifs. Nous sommes ici dans le même cas qu’au paragraphe XCVI, où nous avons vu qu’à cause du déterminatif, M. Brugsch transforme le verbe dormir en sentir, odorari. Le groupe plus correctement juuvxt, possède d’autres emplois et d’autres orthographes que celles que j’ai citées. A l’appui du sens heurt, choc, contre-coup , on peut comparer le copte jui'Xô.Tg^, mortier.
Si le groupe ^ n> avait pour dérivé copte om,
stercus, fimus, comme l’affirme M. Brugsch, il faudrait attribuer cette constatation à M. Birch, qui s’est expliqué à ce sujet dans son Mémoire sur le Papyrus Abbott'. Mais le mot égyptien signifie la poussière, la terre, la surface du sol, et nullement stercus, ni fimus, ni boue ou terrain sale, comme se l’imagine gratuitement mon critique. M. Goodwin a signalé le véritable correspondant copte goo-s-m, auquel Peyron n’avait donné que conjecturalement la valeur via publica. La phrase citée par l’auteur du Dictionnaire copte prouve clairement que le vrai sens est le sol, le terrain1 2.
A l’observation relative à ma traduction : il est besoin de prier, je réponds seulement :
Non, moui ne doit pas être rectifié en s'ui, et encore moins être traduit vacuum esse.
1. Page 275, note 1 [ ; et. t. I, p. 297, de ces Œuvres diverses ].
2. Voyez Mélanges ègyptologiqucs, II, p. 213; Glossaire, n°51.
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
Non, t&£ ne signifie pas nourriture, ni dans le passage critiqué, ni dans celui du Rituel, chap. cxxv, 8.
Non, il n’a pas disparu avant le groupe ;6np une expression signifiant panier ou quelque chose de semblable. Il y a dans la lacune l’espace nécessaire pour terminer le groupe et tout au plus pour les deux lettres de l’auxiliaire
. J’avoue que je commence à être fatigué de discuter
contre un aveuglement si puéril.
Laissons M. Brugsch corriger lui-même sa traduction : l’étendue de Raphia et de ses fortifications comment estelle ? C’est pour lui l’affaire de quelques lignes. N’ayant aucune idée nette du sens des textes, il oublie ce qu’il vient d’écrire, et se jette, tête baissée et selon son caprice du moment, dans une nouvelle idée non moins incorrecte que la première. Au lieu de la phrase qui précède et qu’on trouve à la page 104 de la Revue, on lit à la page 152 : Très étendue est la ville de Ropeh, ses fortifications comment sont-elles pour avoir, etc. Tout le monde peut juger que l’une ou l’autre de ces traductions est fausse. Dans la réalité, elles le sont toutes les deux, et M. Brugsch est de cet avis implicitement, car s'il avait une idée nette du sens de la phrase, il s’y tiendrait, et n’adopterait pas dans sa traduction une idée différente de celle qu’il a voulu démontrer dans sa discussion. La même observation peut être faite à propos de la démonstration donnée à la page 103, qu’il faut lire : chaque soir que tu te couches, et il y a lieu à un désagrément. Ceci n’est ni français, ni égyptien, ni chinois. Heureusement qu’à la page 151 M. Brugsch perd de vue ce galimatias et adopte ma traduction, non sans le gâter un peu : chaque soir tu te couches, et il y a un sac pour toi. Si j’avais affaire à un critique sérieux, je lui demanderais de-
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puis quand la préposition j <=> signifie pour et non pas sur. Mais à M. Brugsch je n’adresse aucune question, car je ne tiens pas à connaître ses réponses.
Laissons encore à ce hardi critique le surplus de ses rapprochements coptes. Je n’ai plus la force aujourd’hui de relever ses erreurs; attendons du reste ce qu’il nous promet en fait de preuves et de nouvelles lectures, etc. Nous savons qu’il a déjà prouvé que J est ot^cjul, et que est
et bien d’autres choses encore. Cela n’a pas empêché la vérité de se faire jour.
Je regrette toutefois qu’il n’ait pas considérablement augmenté ( comme il le pouvait, à ce qu’il dit) le nombre de ses critiques. Je l’invite à le faire, mais surtout à appuyer ses vues par quelques essais d’application à l’interprétation des textes. Ce n’est pas trop exiger d’un lexicographe si plein de lui-même et si dédaigneux pour ses devanciers. S’il y consent, j’annonce d’avance à mes lecteurs une brillante récolte de désopilantes traductions.
M. Brugsch veut bien ajouter que ses critiques ne diminuent pas la valeur de mes recherches philologiques. Le public savant s’apercevra aisément que rien n’est plus vrai, en ce sens que jusqu’à présent nous avons relevé par centaines les erreurs de M. Brugsch, et que nous n’avons pas laissé subsister une seule de ses accusations.
Avant de reproduire in extenso la copie altérée et gâtée de ma traduction, que M. Brugsch présente comme sienne aux lecteurs de la Revue critique , expliquons-nous sur le dernier point de détail de sa critique.
M. Chabas, dit-il, n’a pas osé donner la traduction du mot mohar du texte égyptien.
C’est là une de ces gaucheries de saveur tudesque, c’est- Bibl. égypt., t. xi. 20
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à-dire hétéroclite, que je reproche à M. Brugsch1. Il s’agit d’un titre qui nomme le héros du Voyage dans tout le cours du récit, et que le texte met en parallèle avec celui de Marina. Il serait aussi ridicule de le traduire que de ne pas employer les mots scheikh , émir, mudir, iman, bey, etc., et de les remplacer par leurs valeurs respectives, vieux, etc. Le mot héros, que le critique y substitue, possède une signification très élastique et ne conserve guère que dans la poésie ou dans le style sublime le sens afférent à l’intention de l’adjectif héroïque. Il y a des héros de vertu, de désintéressement, de constance; des héros de l’amitié, des héros de fortune, des héros de tragédie, de drame, et même des héros du meurtre et du crime, mais il n’y a pas un métier de héros. La rectification proposée par M. Brugsch est donc une pure niaiserie que je me serais bien gardé d’oser commettre.
Quant au sens du mot, je ne crois pas m’être trompé : le Mohar est un chef militaire, jeune et hardi. M. Brugsch veut remplacer ce sens par celui à’ être héroïque, qui ne jettera pas une clarté bien nouvelle sur la fonction du personnage. Mais attendons ses preuves et surtout ses dérivés coptes; cela ne peut pas manquer d’être amusant.