‹ Œuvres diversesChapitre 172 sur 273 · Voir Voyage d’un Égyptien, p. 218 et suiv · texte numérisé non relu

Voir Voyage d’un Égyptien, p. 218 et suiv

voyage d’un égyptien en syrie, etc.

duites à l’interrogatif ou au positif. Dans son hypothèse qu'il s’agit d’un tableau imaginaire dans tous ses détails, mon critique met tout au positif, tandis que, persuadé qu’il s’agit d’une expédition réellement effectuée, j’ai admis la forme interrogative.

Posons, en peu de mots, les règles philologiques qui doivent servir à trancher la difficulté; je les énonce en ces termes :

1° Les négations

et J . ph irées au commencement

AAAAAA

des phrases, s’emploient aussi bien au positif qu’à l’interrogatif.

2° L’adjonction des particules (J \ (j [1 (j etc., n’est

jamais indispensable pour constituer soit la forme positive, soit la forme interrogative; que ces particules existent ou qu’elles n’existent pas, c’est le contexte seul et l’intention des phrases qui peut faire reconnaitre si l’on doit ou non tourner par l’interrogatif.

3° Il existe des textes, autres que le Papyrus Anastasi I, dans lesquels on peut constater l’emploi des négations dont il s’agit dans leur double rôle positif et interrogatif.

Si je rencontre des contradicteurs à ces trois assertions, leur premier devoir sera de démontrer qu’ils se sont trompés eux-mêmes dans leurs traductions les plus récentes. Je ne parle pas de M. Brugsch, dont l’opinion n’a rien à faire ici, pas plus qu’en matière de formes impératives’, ni sur tout autre chapitre de la syntaxe égyptienne. Il n’a, d’ailleurs, pas essayé d’effleurer la question, ce qui paraîtra certainement étrange à tout philologue, puisque ce point forme le pivot du débat.

J’affirme donc et je tiens pour démontrées les règles que je viens déposer; il en résulte, sans contestation possible,

1. Si les erreurs citées aux paragraphes XX, XXXII, XXXVI, XXXIX, etc., ne suffisent pas, nous en indiquerons une foule d’autres non moins saillantes.

RÉPONSE A LA CRITIQUE

que je n’ai violé aucune règle de la syntaxe égyptienne lorsque j’ai tourné par l’interrogatif toutes les phrases que M. Brugsch met au positif. Le débat entre nous sera donc décidé par la véritable intention du document traduit. Posée en ces termes, la question sort heureusement du cercle étroit des égyptologues ; elle a pour juges compétents tous les philologues, quelle que soit la spécialité de leurs recherches. Les pièces du procès sont désormais sous leurs yeux. Qu’ils prononcent.

Non seulement M. Brugsch a négligé de donner son opinion sur la question grammaticale, mais encore il n’a pas jugé nécessaire de contester mes remarques justificatives de l’emploi de l’interrogatif'.

Le point demandait à être éclairci ; car, lorsque des formules peuvent à la fois être tournées par l’interrogatif ou par le positif, le positif étant la forme la plus fréquente, et l’interrogatif n’étant pas indiqué par des signes graphiques spéciaux comme dans nos langues modernes, il faut de toute nécessité que l’emploi de cette dernière forme soit exigé par le sens des textes. Je faisais remarquer à ce propos que, s’il pouvait y avoir doute à l’égard de certaines phrases considérées isolément, il en était tout autrement de celles qui donnent des détails et décrivent des incidents de toute espèce.

A cette considération, déjà très suffisante, puisque nous sommes d’accord avec la syntaxe, M. Brugsch n’a pas cru nécessaire de faire la moindre objection. Il ne donne au public aucune raison, aucune preuve, aucune garantie autre que son affirmation. On sait à présent ce que cela pèse.

Pour lui, il s’agit d’une longue allégorie destinée à dégoûter un scribe de ce que mon critique appelle la condition de héros. Tout est conséquemment imaginaire. Il n’y a eu ni départ, ni voyage, ni retour; la description des forêts,

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