Voyez Voyage d’un Égyptien , p
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
clés animaux sauvages, des montagnes, le passage des gués, tout cela est fictif; il n’v a eu ni char brisé, ni chevaux emportés, ni chute dans les précipices, ni fatigues, ni attaques, ni vols, ni valet infidèle; 1 aventure galante de Juppé, la lutte avec les chefs de tribus, la reconstruction du char, les poissons mangés après la visite à la ville de Ramsès, etc., tout cela est un produit de l’imagination féconde de l’écrivain ! ! !
Mais je n’insiste pas. J’ai désigné mes juges; à eux de prononcer dans cette affaire, où la correction grammaticale n’est pas en jeu. M. Brugsch ne doit avoir affaire à moi que partout où l’analyse scientifique doit s’exercer.
Or, au moyen de cet instrument de précision, j’ai à lui déclarer qu’il est complètement dans l’erreur lorsqu’il compare le Papyrus Anastasi I aux collections de lettres qui forment le contenu de quelques autres papyrus, tels que Sallier I, Anastasi II, III, IV, V, etc. Il est absolument faux que l’on retrouve, dans le récit du voyage, la même forme d'exposer la pensée que celle que nous retrouverons dans les répliques qui se rappoi'tent aux scribes qui veulent échanger leur profession contre celle de soldat ou de cultivateur, répliques dont nous devons la première interprétation aux travaux et aux recherches scientifiques de M. le vicomte E. de Rougé et de M. Goodwin' .
1 . Ce français est assez mal corrigé. Ici, je ne puis complimenter le reviseur. M. Brugsch me rendrait service et détromperait tous nos collègues en égyptologie s'il voulait bien nous faire savoir quels sont les t ruraux et les recherches scientifiques de M. de Rougé qui ont primé M. Goodwin dans l’explication des papyrus de lettres familières. Pour ma part, je ne connais de M. de Rougé que sa traduction de la lettre qui expose les misères du jeune militaire, traduction venue longtemps après l’explication donnée de ce document par M. Goodwin, qui reste bien seul et, dans tous les cas, le premier eu cette circonstance. Les préférences de M. Brugsch sont-elles dues à son admiration pour cette œuvre de l’académicien français. Hélas! non, car il cite deux fois ce même document dans son Dictionnaire, et deux fois il donne des tra-
RÉPONSE A LA CRITIQUE
Pour les égyptologues, ma dénégation suffit; l’inspection des documents 11e laisse aucun doute. A l’égard du public en général, je me bornerai à faire observer que les leçons et les conseils contenus dans les lettres sous l’autorité desquelles M. Brugsch veut abriter ses vue, émanent de gens qui ont le droit de dire à leur correspondant : Sois docile, ou tu seras battu; et que ces conseils ne revêtent pas la forme d’une insaisissable allégorie, mais sont donnés en termes précis. Voici des exemples :
I. On me dit que tu abandonnes les lettres et que tu t’adonnes aux plaisirs; que tu t’appliques aux travaux des champs et que tu rejettes la science sacrée. Mais tu ne t’es pas figuré le sort du cultivateur' , etc.
II. Applique-toi à être scribe; tu commanderas aux gens. Viens, que je te décrive la triste besogne de l’officier de chars \ etc.
III. On me dit que tu quittes les lettres et t’adonnes aux plaisirs; que tu cours de cabaret en cabaret j etc.
Je pourrais multiplier ces citations, mais il suffira de dire que c’est toujours et partout aussi net dans l’expression; l’assimilation tentée par M. Brugsch est bien au niveau de ce qu’on devait attendre de son expérience en matière de textes hiératiques.
Je me suis demandé sérieusement si les critiques de M. Brugsch méritaient autre chose qu’un dédaigneux démenti. Nous avons vu, en effet, qu’il y a dans ces critiques quelque chose de plus grave que l’inexpérience et l’erreur. Lorsque, par exemple, M. Brugsch falsifie son texte dans
ductions fort différentes de celle de M. de Rougé, qu'alors il évite de citer. Je ne crois pas que l’honorable savant français soit bien flatté des témoignages astucieux sous lesquels son protégé a voilé ses critiques.
1. Goodwin, Les Papyrus hiératiques [ ; cf. t. II, p. 89-91, de ces Œuvres diverses }.