Papyrus S allier I, pl
voyage d’un, égyptien en syrie, etc.
des passages très lisibles1; lorsqu’il démontre dans son préambule qu’il faut traduire : Chaque soir tu te couches, et il y a lieu à un désagrément, et que, deux ou trois pages plus loin, il rend cette même phrase par : Tu te couches au soir, il y a un sac pour toi; lorsqu’il prouve de même qu’on doit lire : L’étendue de Raphia et de ses fortifications, comment est-elle ? et qu’il traduit ensuite : Très étendue est la ville de Ropeh ; ses fortifications, comment sont-elles pour avoir la grandeur d’un schœne; lorsqu’il affirme que la lettre ne donne qu'une esquisse rapide sans ordre géographique des villes, des localités et des courants, et qu’il traduit : Je t’ai yuidé en réunissant les villes selon leur ordre, j’avoue qu’il m’est impossible de ne pas suspecter sa sincérité. Ce n’est pas seulement de moi qu’il se moque, mais encore plus de lui-même; il me rappelle forcément l’attitude d'un célèbre professeur devant les papyrus du Musée britannique, desquels il faisait jaillir l’histoire du peuple de Dieu dans tous ses détails, mais en critiquant, avec un imperturbable sérieux, la traduction du Papyrus Sallier III, par M. de Rongé h Je ne crois pas que ce professeur fût bien convaincu de ce qu’il écrivait. Quelqu’un pourrait-il me dire ce que pense M. Brugsch lorsque, dans une critique aussi malveillante, il s’inquiète si peu de rester d’accord avec lui-même?
Dans la préface de son Dictionnaire, M. Brugsch a écrit la curieuse observation que voici :
« Les investigations analytiques des racines et des groupes » inconnus et obscurs avancent d’une manière méthodique. » La littérature égyptienne peut se vanter maintenant de )) posséder des travaux d’autorité classique (mustergültigen » Arbeiten) d’étendue plus ou moins considérable. La cir- » conspection et la clarté dans les recherches ont remplacé
1. Voir ci-devant, paragraphe CIII [ ; cf. p. 306 du présent volume].
2. Voir Les Licres clic* les Égyptiens, Le Correspondant, 1858, p. 271 .
RÉPONSE A LA CRITIQUE
)> cette précipitation, cette hâte à laquelle l’enthousiasme a, » dans l’origine, souvent entraîné les explorateurs malgré » eux. La critique, avec toutes ses ressources, dissèque » comme avec un scalpel pour séparer du vrai ce qui est » arbitraire, et même ce qui n’est que probable ; en un mot, » le charlatanisme scientifique, qui est devenu assurément » un métier fort à la mode aujourd’hui, a été rendu impos- )) sible une fois pour toutes. »
Si, comme l’affirme M. Brugsch, les traductions du charlatanisme sont devenues désormais impossibles, il est tout autrement, on l’a vu, des traductions inexactes et fautives.
Ici, il me paraît nécessaire de poser une question : Qu’estce que le charlatanisme scientifique dans l’école égyptologique? De tels abus se seraient-ils vraiment produits et seraient-ils devenus fort à la mode? M. Brugsch aurait-il apporté dans son Dictionnaire le scalpel dont il parle? Ces charlatans sont-ils les gens qu’il attaque? Ne les aurait-on pas rencontrés plutôt à côté de ceux qu’il encense? Le mot de charlatanisme est écrit; il n’a même pas besoin d’être traduit1 2. Je le relève, c’est mon droit, et je fais remarquer que M. Brugsch en a trop dit pour n’en pas dire davantage.
La discussion qui précède établit les raisons qui me portent à ne voir, dans l’article de M. Brugsch, qu’une attaque aveuglément passionnée. Mais, d’un autre côté, son Dictionnaire porte la trace d’une erreur qui a pu, dans une certaine mesure, lui suggérer l’appréciation fautive qu’il fait du sens du papyrus. On la trouvera à l’article de ce Dictionnaire qui traite du mot (j Le lexicologue y cite une phrase empruntée à la première section de notre manuscrit, section qui ne contient qu’une épître louangeuse adressée par le rédacteur du papyrus à son supérieur. Voici