J’avais d’abord considéré ce signe comme déterminatif
5. Dans ce passage, M. Brugsch traduit l’expression ottt-cov p •stêt, on g limite d’une pigùre! ! ! Quelle syntaxe et quelle exactitude de termes !
RÉPONSE A LA CRITIQUE
toujours rester au-dessus de la sphère de nos querelles; la faire servir à des actes d’hostilité, en violant ses principes les plus simples, c’est la jeter en pâture à la raillerie du public. Je n’ignore pas le vif désir que mes adversaires parisiens ont de me trouver en défaut; je sais l’intime satisfaction que leur a causée l’attaque à laquelle je réponds; mais je serais fort étonné que M. Brugsch obtint d’aucun d’eux la déclaration que l’erreur que je viens de relever est possible et excusable.
Si les phrases précédées de la négation ne sont pas interrogatives, il faut de toute nécessité que celles qui n’ont pas de négation, et ce sont les plus nombreuses, ne soient cependant pas affirmatives. Ainsi, par exemple, lorsque le narrateur s’exprime en ces termes : En entrant à Joppê, tu
trouves un enclos verdoyant . ; tu fais une ouverture
pour manger ; tu rencontres la jolie jeune file qui garde les jardins; elle s’abandonne à toi, etc., le texte n’exprimerait réellement pas ce qu’il semble dire. Malgré les phrases affirmatives, le voyageur ne serait pas plus entré à Joppé, à Tselama, à Mageddo, qu’à Qodesch et à Tubakhi. La singularité de la composition, si singularité il y a, est la même dans l’un et l’autre cas 1 . Seulement le système de M. Brugsch devra être étendu à l’ensemble du papyrus, à la répression des Arunas, comme à l’érection de l’obélisque, etc. Les titres prétentieux et sonores du Mohar, l’humilité et l’obséquiosité de son correspondant seront simplement un artifice de style; le scribe d’élite, qui n’ignore absolument rien , ne sera plus qu’un mauvais écolier recevant de grossières leçons de la part de son inférieur, et à ce commandant de braves soldats, distingué par sa vaillance, à ce flambeau qui brillait à la tête de son armée'2, selon les expressions
1. La singularité n’est pas grande. Je pourrais citer des cas fort analogues dans les langues modernes.
2. Ces expressions ne sont pas empruntées au récit du Vor/age d’un
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
littérales du texte, M. Brugsch adresse sans rire l’injure suivante : Je sais que saisir l’armure est en dehors de les facultés! ! ! . . . .
C’est sur son autorité personnelle que M. Brugsch p rétend •appuyer cette explication nouvelle d’un texte hiératique difficile et criblé de lacunes. Or, cette autorité, je l’ai réduite à sa véritable valeur en général : l’homme qui a fait les traductions qu’on peut relire aux pages [222-223, 227-228, 230, •234, 235, 230, 237-238, 242, 243, 248, 249, 251, 252, 253, 254, 255, 257, 259, 265, 267, 268, 270, 272, 273, 279], etc., de ma réponse, mérite-t-il la confiance? Quant à la question particulière, j’ai montré M. Brugsch attribuant, dès la première page du manuscrit, le rôle du Mohar au rédacteur du papyrus, c’est-à-dire renversant complètement l'intention du document. Je l’ai montré encore dénaturant les titres attribués au Mohar, afin de faire disparaître un témoignage manifeste de l'importance de ce personnage et de la réalité de ses actes! Et nunc erudimini.
Dans le préambule de sa critique, M. Brugsch s’exprime ainsi :
« L’auteur du présent article (M. Brugsch lui-même), lui i) aussi, a été amené à faire du document en question une » étude approfondie, et il a fait servir à ses recherches géo- » graphiques le résultat de ses études. »
On voudrait vainement admettre que les traductions barbares et les erreurs colossales, que nous venons de signaler en si grande abondance, soient le résultat d’une inspection superficielle, l acté trop hâtif d’un homme pressé de satisfaire une vive rancune. Non, M. Brugsch nous l’affirme,
Égyptien; on les trouvera à la première et à la quatrième section du papyrus.
RÉPONSE A LA CRITIQUE
c’est le résultat d’une étude approfondie. Pour compléter sa pensée, il explique que ma traduction ne lui a fait reconnaître aucun changement notable, ni dans les vues ni dans les faits, aux résultats antérieurement acquis.
J’avais mentionné, en termes polis, les travaux de M. Brugsch sur ce papyrus1 2; mais mon adversaire veut qu’on le cite. Je lui ai promis satisfaction; nous y voici :
Geogr. Inschr., II, p. 46 :
« On ne vient pas au pays de Tacliis et vers Kafir-Marlan, » Tamneh, Kedesh, Depul, Azaï et Harnemaan, sans aper- » cevoir Qarat-Anbu depuis Bata-tubar. On ne connaît pas » Adulma et Zidputa pareillement, sans connaître le nom » de Chanuraz, qui est situé dans le pays d’Aub, un taureau » sur ses limites*. »
Même ouvrage, p. 54 :
« . . .Tu ne vas pas au pays de Cheta sans voir le pays » d’Aub et Xaduma, dont tu ne connais pas la grandeur,
» et de même I. . . .raj, qui est incomparable, Bza . de
» Sésostris et la forteresse de Chirbu sur sa rive, dont le » passage est incomparable. On n’entreprend pas un voyage » vers le pays de Kedesh et Tubakhi-Sad, sans rencontrer » les Schasus, un peuple belliqueux, et sans parcourir la » route vers le pays de Pamagar, où le ciel est (obscurci) » au jour, à cause de l’abondance de pousse des arbres unt » avec des anulan et des acacias, qui atteignent jusqu’au » ciel, et où des lions, des ours et des animaux husmut sont » pris par les Schasus sur son chemin, et sans monter la » montagne de S'awa3, » etc. . .
A la bonne heure! Ici, nous reconnaissons sans peine les vraies traductions de M. Brugsch; il n’y a pas à s’y tromper. Voilà ce qui lui appartient en propre, et il nous l’a dit au