Homer und Ægypten, Munich
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
de M. de Rongé sur les attaques des peuples de la Méditerranée contre l’Égypte. Le savant académicien a expliqué avec beaucoup de pénétration et de bonheur les inscriptions du temple de Karnak, qui relatent la campagne de Meneplitah, fils du grand Ramsès, contre une coalition de peuples, dont la plupart sont désormais identifiés avec des nations connues dans l’histoire : les Étrusques, les Sicules, les Sardiniens, les Achaïens (Achéens) et les Lyciens. La science est une fois de plus redevable à M. le vicomte de Rougé d’un travail très sérieux touchant à un point d’importance capitale1. En rappelant ici les droits de M. Goodwin et de M. Lauth, je n’entends préjudicier en rien à ceux du savant français. Cette concordance d’idées entre ces égyptologues leur est d’ailleurs commune avec la plupart de leurs collègues; une semblable unanimité est une sûre garantie de la réalité des résultats acquis. Je ne dois pas oublier de reparler ici du grand mérite de M. Dümichen, dont le zèle a mis ces précieux documents à la disposition des savants. Ce jeune égyptologue a rendu à la science d'éminents services; de longtemps on n’épuisera pas la mine de documents qu’il nous a ouverte, et de laquelle ses propres travaux ont déjà fait jaillir de grandes lumières.
M. Brugsch n 'épargne rien, pas même l’imprimeur du livre : L'impression serait, dit-il, tout à fait satisfaisante, si nous n’y avions remarqué un certain nombre d'erreurs typogi 'ciph iq ues.
Si les erreurs typographiques sont une tache grave, il n’est aucun ouvrage d’égyptologie qui soit à l’abri de la critique. Ces erreurs, dues à l’emploi de types étrangers, sont
1. Cette approbation de cet excellent travail ne m’empêche pas de différer sur quelques points de détail avec M. de Rougé.
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aussi communes à Paris qu’en province, en Allemagne qu’en France; les ouvrages qui sortent de l’Imprimerie impériale sont bien loin d’en être exempts ; elles abondent partout, et sont le plus ordinairement imputables aux auteurs et non aux imprimeurs. Quant aux fautes qu’on peut reprocher aux imprimeurs, il s’en glisse aussi quelques-unes à peu près partout. Si M. Brugsch eût regardé les couvertures des premières livraisons de son Dictionnaire, et même son introduction imprimée', il se serait probablement montré plus tolérant, et, loin de critiquer, il aurait peut-être favorablement mentionné au moins l’énormité du travail nécessaire pour publier un ouvrage tel que le Voyage d’un Égyptien, travail qu’il connaît bien, puisqu’il a reculé devant cette difficulté pour son Dictionnaire, malgré les vastes ressources qui sont à sa disposition à Berlin.
Mais le livre fait un peu le procès aux abus ; il plaide fortement contre les. règlements surannés de l’Imprimerie impériale; donc il ne devait pas avoir chez les gens officiels plus de succès que son auteur, qui s’y attendait bien du reste.
M. Brugsch apprendra avec plaisir que ce livre, où sont employés en si grande abondance les types égyptiens et autres, a passé inaperçu devant le jury de l’Exposition universelle. Il figurait dans ce grand concours au fond d’une case de quarante-cinq centimètres d’ouverture, en compagnie d’autres ouvrages scientifiques du même genre et des premières feuilles d’un ouvrage en cours de publication, dans lequel les hiéroglyphes de Prusse sont employés concurremment avec les cunéiformes fondus en Danemark (mais rien de l’Imprimerie impériale).
1. Le Dictionnaire de M. Brugsch, qui est autographié, possède aussi sa large part d’erreurs ; les références inexactes m’ont empêché quelques vérifications. Cette remarque répond à celle de M. Brugsch; il est juste néanmoins de reconnaître que la tâche par lui tentée est très considérable et très convenablement accomplie au point de vue matériel, eu égard aux difficultés d’exécution.
voyage d’un égyptien en syrie, etc.
Cette tentative d’émancipation scientifique de la province méritait peut-être d’être encouragée. On ne l’a pas pensé, et l’on s’est dispensé de reconnaître des faits que mon esprit de justice envers M. Jules Dejussieu, l’un de ces imprimeurs de vieille souche qui ne font pas seulement du métier, m’oblige à énoncer ici :
1° Que l’impression en caractères orientaux se fait aussi bien à Chalon-sur-Saône qu’à l’Imprimerie impériale;
2“ Qu’elle s’y fait infiniment plus vite et à bien meilleur marché ;
3° Qu’aucun ouvrage de ce genre aussi considérable que le Voyage d’un Egyptien n’a encore été imprimé à Paris;
4° Enfin que, tandis qu’on imprime àChalon, vite et bien, des ouvrages tels que celui-là, on en est réduit à Paris à publier, grossièrement autographiés, des livres tels que la Chrestomathie de M. de Rougé, qui peut servir de pièce typique pour l’appréciation du régime qui pèse sur les ressources scientifiques du pays.
Les pièces de ce procès existent toujours; elles sont à la disposition des juges qu’on voudrait charger d’examiner l’affaire.
Quand je me serai élevé avec force contre l'opinion que me prête M. Brugsch, (pie la publication du Décret bilingue de Canope est très insignifiante , j’aurai à peu près répondu à ce critique sur tous les points qu’il a relevés contre moi. J’ai mis sous les yeux du lecteur assez d’échantillons de ses traductions; l’examen de la suite de son Dictionnaire en fournira bien d’autres. On voit (pie je suis sûr de l’avenir. Chacun peut l’apprécier maintenant comme traducteur et comme philologue à idées claires et nettes. Qu’un homme dans ces conditions se hasarde à se prononcer en maître sur la signification d’un document tel que le Papyrus Anastasi I, sans s’occuper de la liaison des différentes pièces qui sont
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réunies sur ce manuscrit, et, qui plus est, n’y touche que pour commettre des erreurs et des confusions criantes, c’est un fait vraiment inconcevable, dont on ne trouverait un autre exemple qu’en feuilletant les pages du fameux Mémoire sur les Livres des Egyptiens, auquel j’ai déjà fait allusion. C’est, j’ose le dire, une injure à la science. Comment les savants étrangers à l’égyptologie pourraient-ils attribuer quelque solidité à une méthode de déchiffrement qui permettrait des interprétations si divergentes? C’est donc la science que je défends contre les abus que d’injustifiables rancunes font naître. A ce point de vue, ma réplique a dû être empreinte d’une certaine véhémence. Mais, si les démonstrations tirées directement des points acquis de la philologie égyptienne ne touchent que les égyptologues, personne n’ignore aujourd’hui que nous avons derrière nous ce magnifique Décret de Canope, au moyen duquel nous pouvons désormais combattre avec des armes connues de tous. Sans doute, ce texte ne nous fournit pas beaucoup de renseignements nouveaux pour attaquer les difficultés qu’il nous reste à surmonter, mais dans les circonstances actuelles ce n’en est pas moins la pièce capitale de la science. Les belles et promptes publications de M. Lepsius et de MM. Reinisch et Roessler sont des ouvrages précieux, indispensables à quiconque veut s’occuper d’égyptologie, en même temps que des titres sérieux à la reconnaissance des égyptologues; lorsqu’elles seront complétées par des discussions analytiques, elles constitueront, pour les débutants, le moyen de progrès le plus efficace, et simplifieront énormément la tâche de l’initiation. Ce décret n’est pas seulement bilingue, car il a une partie démotique, dont quelqu’un, tout tremblant de la crainte de voir apparaître le spectre de Veto, m’a montré l’estampage, en se cachant derrière les grands taureaux assyriens du Louvre. Cette marque de confiance n’était pourtant pas compromettante, mais j’avoue qu’il m’a été impossible de ne pas faire une réflexion amère :
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voyage d’un égyptien en syrie, etc.
c’est qu’il a tenu à bien peu de chose que le texte égyptogrec n’ait eu le sort de sa contre-partie démotique.
La France se consolera aisément de ne pas s’être incorporé M. Brugsck comme professeur d’égyptologie; mais je conçois très bien que ce savant prussien se montre reconnaissant d’une faveur aussi extraordinaire. Ce sentiment de reconnaissance me paraît d’autant plus naturel que j’ai sur les conséquences de la confraternité égyptologique des sentiments absolument contraires à ceux de M. Brugscb. Une communauté de recherches éveille en moi des sentiments amicaux, jamais ceux de la jalousie ni de l’envie. Je crois que tous mes collègues, et même M. Brugsch, peuvent me rendre cette justice. Sans doute, je me suis permis quelques critiques; sans doute, j’ai exposé des vues qui combattaient quelquefois celles de mes amis; mais je crois m’en être toujours acquitté avec mesure, et d’ailleurs n’avoir jamais manqué de mettre en relief les côtés favorables des travaux critiqués et le mérite de leurs auteurs.
L’exposé qui précède montrera que M. Brugsch s’est bien trompé, au moins en ce qui le concerne, dans l’attitude qu’il me prête. Je n’éprouverai pas plus d’embarras visà-vis de personne autre, et je le montrerai, si c’est nécessaire, promettant d’ailleurs de ne mettre du vinaigre dans mon encre que dans la proportion du fiel par lequel mes contradicteurs auront remplacé la leur.
Mais il n’était nullement indispensable pour M. Brugsch de sacrifier à sa gratitude envers les égyptologues qui l’ont protégé, la bonne intelligence qui n’aurait pas dû cesser d'exister entre nous, et dont il me donnait lui-même l’assurance le jour où il portait son factum à la Revue critique. Sans aborder une tâche aussi difficile que celle d’expliquer le Papyrus Anastasi I, il pouvait leur rendre, à M. Mariette surtout, un service véritable, et épargner à ce qu’on est convenu d’appeler la capitale de V intelligence humaine les railleries des égyptologues venus de tous les coins du monde
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pour admirer tant de merveilles; il suffisait, puisqu’il est professeur d’égyptologie, de faire donner une orthographe correcte aux inscriptions hiéroglyphiques dont le temple égyptien du parc de l’Exposition universelle a été décoré.
Or, voici ce que j’y ai copié à deux reprises différentes, de crainte de mal lire :
Il est à présumer que ni ce texte, ni ceux dont il est accompagné, ne sont pas dans le cas des bas-reliefs décorant les colonnades extérieures, que M. Mariette affirme avoir été moulés sur des estampages* , car j’ai vu des estampages de ce curieux monument, et je possède des copies, par une main étrangère, de quelques parties des légendes, et notamment de celles qui ont été choisies pour décorer le temple de l’Exposition3. Or, je puis affirmer que ces textes sont très correctement écrits et très faciles à traduire4. Maintenant, j’invite M. Mariette et ses amis à me donner la traduction de l’inscription telle qu’elle a été exposée pendant six mois aux yeux de tous. A Chalon-sur-Saône, il n’y a pas d’égyptologues officiels, ni de savants chargés par position de la police scientifique des inscriptions, et cependant je puis affirmer que de pareilles méprises n’y auraient
etc.1 2
JM
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1. Le reste des inscriptions présentait le même genre de fautes.