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Kar-heb clc Ouati-ap-to,
intendant des prophètes de tous les dieux ,
Séti, dit juste.
Nous nous contenterons de traduire le reste :
Fils du noble préfet, chef d'auxiliaires, intendant des provinces étrangères, intendant de la forteresse de Djor , basilicogrammate, intendant des cavales, Piramès, dit juste, né de la maîtresse de maison, prêtresse de Phra, Taa, dite juste.
Il dit : Salut à loi, Set, fis de ATou, le très vaillant, dans la barque des millions d'années; qui renverses l'ennemi audevant de la barque du Soleil; tes rugissements sont plus grands que (lacune).
Accorde-moi une vie heureuse pour te servir et que je sois stable dans (le reste a disparu).
On peut suppléer : dans ton temple pour les siècles et à toujours.
Notre personnage avait hérité de toutes les dignités de son père; il avait en outre obtenu celle de porte-flabellum à la droite du roi; nous ne nous arrêterons pas à justifier notre traduction de tous ces titres, nous bornant à faire ressortir, encore une fois, que celui que nous rendons par chef d'auxiliaires ou de mercenaires est correctement écrit dans la légende du père, où, de même que dans celle du fils, il précède le titre d 'intendant des nations étrangères. Il ne saurait, dès lors, exister raisonnablement aucun doute sur l’erreur qui constitue la double expression de ce titre dans la légende du fils. Nous ne sommes donc pas trop hardis lorsque nous soupçonnons le graveur de la stèle d’une pre-
mière erreur clans un passage pour l’étude duquel nous possédons de nombreux moyens de comparaison. M. Mariette a éludé la difficulté en traduisant le titre doublé par erreur : général en chef clés soldats, et le titre correct : général des
soldats.
Ces traductions ne peuvent se soutenir à aucun point de
vue; le titre de ne constituait pas une fonction très < III 1/ ■ \]
élevée : il y avait des de soldats, de cavaliers, de ma-
rins, de voituriers, etc., mais, à lui seul, ce titre ne peut jamais signifier ni général, ni surtout général de soldats. D’ailleurs, s’il avait ce sens, son redoublement : général de soldats général de soldats, en serait-il plus intelligible?
M. de Rougé, cherchant avec raison un nom royal inscrit sur la stèle, indépendamment de celui de Séti Ier, n’y rencontre que celui du roi Set-aa-peh-ti, aussi nommé Noubi ou Noub-ti, et voilà le père des pères de Ramsès II tout trouvé. Il me semble que c’est aller bien vite. Si l’histoire moderne nous offrait, par hasard, un problème analogue; si, par exemple, on découvrait quelque part une colonne avec cette inscription : Sous le règne du roi Louis XI V, S. M. a ordonné qu’une colonne fût élevée au nom du père de ses aïeux, le roi Louis XIII. L’an 1650 de Jésus-Christ, le vicomte de Turenne est venu, etc., serait-on bien venu à conclure que Jésus-Christ est le père des aïeux de Louis XIV ? Or, la situation est absolument la même. Il convient donc d’écarter des annales de l’Égypte ce fait très singulier que les pharaons de la plus glorieuse dynastie seraient des descendants de la race abhorrée des Pasteurs.
L’an 400
Reste le fait, non moins remarquable, mais très sûrement établi, d’une date de l’an 400. M. de Rougé a fait remarquer, avec beaucoup de raison, que cette date ne tombe pas
Bibl. ÉGYPT., T. XI. 3
dans une ère égyptienne. Le roi Set-aa-peh-ti-Noubi est très certainement un roi-pasteur, il ne saurait subsister le moindre doute à ce sujet. Mais c’est à tort, selon moi, que le savant académicien, imité en cela par M. Mariette, s’embarrasse encore dans la forme Soutekh que semblait justifier la lecture de certaines variantes du nom. Ce nom, à mon avis, doit se lire constamment Set'. Soutekh doit disparaître des listes mythologiques, comme le personnage de Maneros; il serait bien temps aussi d’effacer du nombre des ethniques l’appellation de Hyksos aucun peuple n’ayant jamais porté ce nom. Il en coûte, sans doute, de renoncer à des idées invétérées, mais l’on ne doit pas s’arrêter dans la voie du progrès.
Si le roi Soutekh trouvait difficilement un équivalent dans les extraits de Manétbon, il en est tout autrement du roi Seth, 1”a<^0 de Josôphe, dont le nom est rattaché à certaines modifications du calendrier. Cette identification repose néanmoins sur une simple hypothèse. Même en la tenant pour probable, nous n’obtenons pas une grande lumière dans la chronologie de l’Egypte: car, d’une part, Asetb a régné 50 ans et nous ignorons si le point de départ de son ère remonte à sa première année de règne ou à une année subséquente, date d’une réforme quelconque; et, d’autre part, l’an 400 de cette ère tombe sur une époque inconnue du règne de Ramsès II, qui dura plus de 60 ans. La marge est grande et les faiseurs de systèmes ont les coudées franches.
Tous les problèmes relatifs aux années vagues, aux années naturelles, aux périodes sothiaques, etc., ne reçoivent, quant à présent, aucun éclaircissement. M. Mariette fait ressortir la circonstance que la date est exprimée par le groupe j" au lieu de la forme ordinaire | q, et il cherche à