Mélanges èggptologiques , lr* série, 3” dissertation
rattacher cette particularité aux nouvelles théories de M. le docteur Brugsch \ Ces nouvelles théories ont une importance capitale en ce qu’elles démentiraient l’usage de l’année vague en Égypte et y substitueraient au moins deux espèces d’années fixes, plus une notation empruntée à un calendrier de fêtes éponymes.
Les vues de M. Brugsch sont excessivement séduisantes et d’ailleurs appuyées de preuves très fortes. Toutefois, le sujet est tellement grave qu’il est prudent de faire quelques réserves, au moins en attendant que l’auteur nous ait donné le complément de son remarquable travail.
Pour ce qui concerne la notation spéciale de l’an 400, il suffit de faire remarquer que rien ne prouve rigoureusement que le groupe \ s’applique toujours à une espèce d’année différente de celle que dénote le groupe j ; par conséquent, il n’y a pas lieu de s’arrêter, quant à présent, à cette particularité.
Enfin, l’an 400 est noté dans une ère étrangère à l’Égypte; dans une ère dont le point initial tombe dans le règne d’un roi de race barbare que les souverains légitimes répudient partout à Karnak, comme à Abydos, comme à Saqqarah.
Ainsi donc, ce fait dominant que les monuments égyptiens ne nous ont encore livré aucune indication relative à l’usage d’une ère quelconque pour la date des événements, reste encore rigoureusement vrai, malgré la découverte de la stèle de l’an 400. Il suit de là que les débris d’information qui ont survécu au naufrage de la science antique manquent encore complètement des moyens de contrôle qui, seuls, pourraient les accréditer; qu’on cherche Ménofré dans Ménephtall, dans Menpehra (Ramsès Ier), dans Nebmara (Aménophis III), ou dans Meïnphra (Papi, Phiops), on pourra
1. Matériaux pour servir à la reconstruction du Calendrier égyptien, Leipzig, 1864.
30 LES RAMSÈS SONl’-ILS DE LA RAGE DES PASTEURS?
édifier quatre systèmes chronologiques fort différents; mais tous les quatre manqueront du critérium des preuves monumentales, sans lesquelles on ne fondera jamais rien de durable.
Chalon-sur-Saône, 16 mars 1865.
SUR
L’ANTIQUITÉ DE DENDÉRA1
Ainsi que l’a si bien dit l’éminent savant anglais, M. Ch. W. Goodwin, l’égyptologie abonde en surprises, et c’est là une de ses plus délicieuses attractions. Ces agréables émotions deviennent fréquentes aujourd’hui que l’Allemagne compte avec orgueil le nombre croissant des investigateurs à la fois actifs et habiles dont, chez elle, une politique scientifique vraiment libérale favorise les débuts et féconde les efforts. Aussi voit-on dans ce pays privilégié les publications utiles se succéder sans interruption et, comme conséquence naturelle, le progrès suivre une marche accélérée, à laquelle l’on n’était pas accoutumé.
M. Dümichen, à peine rentré de son voyage en Égypte, a livré à la publicité deux ouvrages considérables qui fourniront à l’étude d’abondantes ressources. L’un d’eux, Bciuurkunde (1er Tempelanlaçje von Dendera , nous a révélé le fait infiniment curieux que la fondation du temple de Dendéra remonte à l’époque des pyramides. Deux inscriptions découvertes dans un corridor secret de cet édifice ont livré à M. Dümichen ce renseignement tout à fait inattendu. C’est de ces deux textes que je veux m’occuper un instant, non pas qu’ils aient besoin d’explications nouvelles, après la