Mélanges èggptolo gigues , lro série, p
2. Chanta papgracea grœce scripta Musei Borgiani Velitris, etc., édita a Nicolao Schow, Rome, 1788.
LETTRE A M. J. LIEBLEIN
avait ces jours-là vaqué à ses travaux accoutumés. Mais ni le détail, ni le compte de ces travaux ne sont donnés; à peine trouverons-nous de temps en temps quelques notes sur un petit nombre d’objets livrés aux ouvriers pour être mis en oeuvre, et l’indication du lieu où le travail fut opéré.
Il résulte à priori, de cette observation, que notre papyrus n’est qu’un carnet de notes auxiliaires, destinées au contrôle de la comptabilité tenue par d’autres agents. Des livres plus complets sont en effet mentionnés à plusieurs reprises dans notre manuscrit, sous le nom de | Il en était tenu
de ce genre dans les bureaux de l’administration, qui les envoyait de temps à autre sur le lieu des travaux, pour les vérifications nécessaires. Puisque les journées de travail sont notées de cette manière, nous devons nous attendre à rencontrer aussi la mention des journées pendant lesquelles les ouvriers n’ont pas travaillé; nous sommes ainsi conduits à trouver cette indication de chômage dans les signes ,
qui se répètent plus de cinquante fois dans notre document. Nous savons que le mot indiquant l’abstention du travail est
, en copte ortocq, vacare, otiosus esse, clejïcere.
Or, ce mot est le plus ordinairement déterminé par le signe de l’oiseau qui se pose, suivi de celui de l’oiseau du mal ou de celui du papyrus roulé; la première de ces combinaisons est celle dont notre papyrus nous fournit de si nombreux exemples; elle est d’ailleurs fréquente dans les papyrus1 2; la deuxième se voit au Papyrus magique Harris et aussi dans d’autres documents.
Quelquefois la partie phonétique du mot est seule exprimée; tel est le cas de l’inscription tracée sur l’ostracon
1 . La composition de ce mot rappelle celle de notre expression agenda, mais le registre était destiné à l’inscription des choses faites et non des choses à faire.
2. Voyez notamment Papyrus Anastasi III , p. 3, 1. 9; Papyrus Anastasi V , pl. 23, 1. 2; Papyrus Anaslasi V', 1. 5, etc
LETTRE A M. J. LIEBLEIM
Caillaud, que j’ai expliqué dans la Zeitschrift fur ogyptische Sprache \ et qui contient quelques notes d’un surveillant de travaux, rappelant assez bien celles du papyrus que nous étudions en ce moment.
Dans ce papyrus, c’est la partie phonétique du mot qui est supprimée; il n’y est exprimé que par ses deux déterminatifs les plus énergiques. Ce fait n’a rien d’anormal; il est au contraire pleinement conforme aux habitudes bien constatées des scribes égyptiens.
Ainsi donc, l’idée que nous suggère invinciblement la disposition du texte est justifiée par l’analyse du groupe qui nous embarrassait. Je crois que la solution à laquelle nous arrivons ainsi est bien correcte; pour que la critique hésite à l’admettre, il faut rencontrer dans les documents inédits une orthographe pleine nous montrant que nos déterminatifs s’appliquent à un mot différent; je ne pense pas que cette éventualité se réalise1 2 * * 5.
On remarquera que souvent les jours de chômage se succèdent en assez grand nombre; ce cas devait se présenter toutes les fois que le chantier manquait de travail; pour les jours isolés de chômage, on pourrait songer à l’observation du repos prescrit pour certaines fêtes. Cependant, à l’occasion de la fête de Ptali, tombant le 1er de Phamenot, le scribe ne note ni travail, ni chômage; le chômage était certainement de règle pour une solennité de cet ordre.