‹ Œuvres diversesChapitre 5 sur 273 · Denkmciler , VI. 113, 1. 38 à · texte numérisé non relu

Denkmciler , VI. 113, 1. 38 à

3. Voir mes ouvrages intitulés : Les Papyrus de Berlin, Chalon-sur- Saône, 1863 [cf. t. II, p. 289-364, de ces (Encres diccrscs ], et Mélanges égr/ptologiques, 2e série. Chalon-sur-Saône, 1864.

SUR UN TEXTE ÉGYPTIEN

haut fonctionnaire égyptien nommé Méruitens. Le travailleur porta sa plainte à ce personnage, qui, après en avoir référé au roi, demeura chargé de l’instruction de l’affaire. Pendant la durée de cette instruction qui fut longue et dont les résultats ne nous sont pas connus, parce que le manuscrit est incomplet, le plaignant fut retenu loin de sa femme et de ses enfants, malgré les appels nombreux qu’il fit à Méruitens.

Ces plaintes, ces supplications du paysan et les réponses de Méruitens forment la partie la plus considérable du livre égyptien; elles remplissent une suite de discours souvent fort longs, dans lesquels sont invoqués les principes de justice et de morale, ainsi que les sentiments d’humanité alors en cours chez les Egyptiens. Comme on doit s’y attendre, le suppliant ne ménage pas les louanges hyperboliques pour attendrir le grand seigneur qui doit prononcer sur son sort.

Le fait historique est certainement vrai, mais il semble avoir servi de cadre à quelque littérateur égyptien, qui paraît s’ètre complu à développer un thème de doléances. Il est peu probable, en effet, que tant de longs discours, qui touchent aux sujets les plus élevés de la science égyptienne, aient été l’œuvre d’un simple cultivateur.

La phrase, qui fait l’objet de cet article, commence l'un de ces discours. En voici la reproduction en hiéroglyphes avec la transcription en caractères coptes, selon le système que j’ai définitivement adopté :

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RELATIF AU MOUVEMENT DE LA TERRE

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Ce qui se traduit sans la moindre difficulté : Ce paysan vint le supplier, la septième fois, il dit : Grand intendant , mon seigneur, tu es le gouvernail de la terre entière; la

terre navigue selon ta volonté ; tu es le second frère de

Thoth.

Pour bien se rendre compte de la portée de ce texte, il

faut se rappeler que les Égyptiens figuraient les astres sous

la forme de personnages parcourant dans des barques l’océan céleste. Dans l’étroite vallée du Nil, où le fleuve formait la grande artère des communications entre les différentes parties du territoire, l’idée de navigation était étroitement liée à celle de voyage. Aussi, a-t-on déjà observé que les verbes exprimant cette idée de voyage sont indifféremment déterminés par les signes de la locomotion, les jambes en marche, ou par celui de la navigation, une espèce de barque.

Deux termes principaux sont employés à propos du mouvement apparent des astres; le premier est 1 (copte

■xoi, navis), le second est précisément le groupe donné par

notre texte lu Q , en lettres coptes ck^tt; l’un et

l’autre se rencontrent non moins fréquemment avec le déterminatif de la marche. Nous citerons quelques exemples de l’emploi du dernier groupe pour exprimer la marche des étoiles et des planètes. On lit au Rituel funéraire ces paroles

mises dans la bouche du défunt :

SUR UN TEXTE ÉGYPTIEN

1 Je vois naviguer la sainte étoile

Sahou traversant l’abîme céleste.

M. de Rougé a noté la singularité de la formule relative à la marche de la planète Har-em-khou (Mars) dont il est dit qu 'elle navigue à reculons : /y 1 2 3 4 .

Le mouvement du soleil est exprimé également par le même terme, ainsi qu’on peut le voir en lisant le chapitre cvn du Rituel, qui décrit la région de la porte orientale du ciel :

j n p i n ■ ^ s s ^ IL v ^ • ue“ °ù

le soleil navigue avec des vents funestes. Souvent le corps

de l’astre, (j globe ou disque, est indiqué comme véhicule. C’est ce que montre la petite litanie au soleil couchant, comprise au chapitre xv du Livre funéraire : le soleil y est invoqué sous le nom d’Esprit voyageur naviguant dans son

globe, "çT es^ encore

plus complètement exprimée dans le bel hymne du papyrus n° VII de Berlin, dont je prépare une traduction complète :

Dieu suspendu dans l’espace, son globe navigue au sein de la déesse N ou (le ciel).

Nous sommes donc bien sûrs du sens du groupe |1 \ ^ J\ , qui se dit également de la navigation ordinaire, ainsi qu’on peut le démontrer par de nombreux textes, parmi lesquels je citerai seulement le pronostic du Calendrier Sallier relatif au 22 de Paophi5; c’était un jour funeste; il ne fallait pas aller sur l’eau, car

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