PL 2, 1. 13 et
112 l’inscription hiéroglyphique de rosette
Quant à $ , nu, les textes clans lesc|uels ce groupe est employé nous montrent indubitablement qu’il exprime le nom d’un tissu', sans (ju’il soit possible de déterminer l'espèce de tissu dont il s’agit. Ici le renseignement que nous donne le texte grec est précis; c’est l'étoile nommée qui est en question.
La forme hiéroglyphiques I que donne la pierre de Rosette n’exprime pas la consonne t, ce qui n’empêche pas qu’elle n’exprime le son u^t; pour apprécier ce genre de dillicultés, il faut se rappeler constamment ce fait singulier et important que l’orthographe égyptienne a des caprices; que, bien qu’il existât une forme régulière pleine pour les mots-racines, pour les dérivés et pour les accidents verbaux, néanmoins les scribes pouvaient ne pas s’y conformer sans encourir le reproche d’ignorance. Dans la réalité, l’expression graphique des mots oscille entre l’insuffisance, ce qui est le cas le plus rare, et la superfétation qu’on peut observer dans tous les textes. Aucun signe, d’ailleurs, n’est plus mobile (pic le <=q dans un grand nombre de groupes i! est écrit ou supprimé au gré de l’écrivain; ce n’est même pas toujours une marque de genre, car on le trouve à la suite de mots du genre masculin. Du reste, dans l’expression q ^ ^ , le ciel, le ^ de
^ ^ ne peut pas être considéré comme une marque de genre, puisque l’article féminin tc est exprimé. Ici très certainement le ^ ne se prononce pas; il doit au contraire être prononcé, quoique non écrit, dans variante de et de seul.
Ces bizarreries échappent à toute règle, à tout contrôle; il faut savoir les reconnaître pour ne pas tomber dans de graves erreurs d’interprétation. J’aurai l’occasion de revenir sur ce sujet dans le cours de ce travail. Toutefois, je crois
1. Todtcnbuch, cliap. xm, 2; chap. cxxi, 2; Papyrus Sallicr IL pi. 1,6; Papyrus Anastasi IV, pl. 3, 4.
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devoir citer ici un exemple illustratif de cette pierre d’achoppement.
Le Papyrus magique n° 348 du Musée de Leyde contient un grand nombre de formules destinées à guérir les maux de tête; l’une d’elles rappelle un épisode de la lutte corps à corps d’Horus avec Set; il fallait faire prononcer au malade la supplication adressée par Horus à Isis à cette occasion; le texte la reproduit en ces termes :
O mère d’Horus, que je suis Saucé de tous maux.’
Ici, le scribe a altéré la forme régulière du groupe
AA/W\A m O 1
— i] , iuo£ju, liberare, en supprimant le signe initial et en ajoutant un déterminatif paragogique.
Comme les groupes représentant l’idée : donné à la Maison royale, ne peuvent être l’objet de la moindre difficulté, nous ne saurions conserver nul doute sur la correspondance des deux textes; mais le verbe qui exprime Y abandon fait par le roi a disparu dans la cassure de droite; il ne
' ; il est à présumer
, mettre, ou du verbe
, jeter, abandonner, et qu’on lisait . (ce qui
dans les temples était redû au Trésor royal) . Sa Ma¬
jesté l’a laissé à terre, de même que la portion ) de
toile de Byssus donnée à la Maison royale .
La phraséologie jeter à terre, mettre à terre, laisser par terre, pour exprimer l’idée annuler, anéantir, supprimer, et par suite dédaigner, refuser, est tout à fait dans le goût égyptien. Elle est de tout point analogue à
reste là que les groupes /WV'> qu’ils étaient précédés du verbe
1. P apuras hiératique de Leyde /, 348; revers, IV, 7. Bihl. êgypt., t. xi.
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viens à terre! formule d’expulsion ou de rejet, et à , mettre derrière soi, négliger, dédaigner.
Mais la remise portait sur les toiles non encore données et non sur les toiles données. Comme la phrase hiéroglyphique ne contient pas de négation correspondant à -j ùt, faut que le surplus de la phrase complète l’idée; on y lit :
n in
étant aux temples. On sait que la prépo¬
sition u marque le rapprochement, l’intimité; elle nous indique ici la chose encore restée en la possession des temples, encore mise à leur charge; comparez l’expression
il est ci moi cle, il est de mon devoir de.
On connaît par de nombreux exemples le groupe i i i, seul ou suivi de © et désignant les temples de la même manière que P P P , demeures de vérité.
1 nnn
Cette première partie de la ligne est donc convenablement expliquée. La dernière partie offre plus de difficultés. On distingue à la fin les débris des signes ^ (j (j , jusqu’à, ce
qui parait correspondre bien exactement au grec -ü>v aj-Co'/ ypôvwv, jusqu’à la même époque ; il nous faut donc retrouver dans les six autres groupes :
AAAAAA ^
X /www www