‹ Œuvres diversesChapitre 72 sur 273 · XJ A · texte numérisé non relu

XJ A

la forme

Le dessin de M. Lepsius donne au groupe ; l’erreur est manifeste; elle est due à l’état fruste du premier signe, que de légères cassures ont altéré. Un certain nombre d’autres signes paraissent être dans le même cas. Les erreurs évidentes prouvent cju’on peut avoir de la défiance au sujet des groupes de forme insolite.

Dans la formule jj o Q: J, qui représente ATA0HI ttxhi

du grec, la conjonction a a le sens avec , qui appartient

à cette conjonction aussi bien que celui de et. Les formes

*‘/WVA

admettent de même cette double

voisines et signification.

Cette espèce de souhait au bonheur, d’appel à la bonne chance, était usité chez les Égyptiens de l’époque pharaonique; les communications écrites entre particuliers sont

1 . Mon assortiment de types ne contient pas d’hiéroglyphes de cette forme. [C’est le un de nos fontes- — G. M<]

128 l'inscription hiéroglyphique de rosette

habituellement précédées d’un préambule de cette espèce, dont l’expression la plus abrégée est pour vie ,

santé, incol limité , ce qui revient à dire : pour le bonheur. Mais il n’apparait pas, quant à présent, qu’il existât rien de semblable dans les documents émanés de l’autorité. Il est donc à peu près certain que les prêtres égyptiens se sont conformés à l’usage grec, et qu’ils ont cherché à traduire la formule officielle ’AyaOf,

Mais il se rencontre également dans le corps du décret des détails tout à fait spéciaux au culte et aux coutumes des Egyptiens, et alors le grec a eu à traduire des formules particulières à la langue égyptienne; c’est ce qui explique pourquoi la rédaction grecque n’est parfois qu'une paraphrase des hiéroglyphes. Ces tâtonnements, qu’on peut remarquer dans les deux versions, ne prouvent absolument rien quant à la priorité de rédaction de l’une ou de l’autre. Il est facile de concevoir qu’un décret décidant des mesures aussi importantes que celui de Rosette ne pouvait pas être rendu public sans l’assentiment du pouvoir; la rédaction n’en était pas non plus abandonnée aux prêtres égyptiens seuls; elle était sans aucun doute confiée à une commission de fonctionnaires appartenant aux deux races, lesquels se concertaient pour que, d’une part, le décret fût conçu dans la forme officielle en usage sous le gouvernement des Lagides, et, d’une autre part, que les mentions deé" faits mythologiques, les désignations sacerdotales et les prescriptions liturgiques y fussent en harmonie avec les règles de la science sacrée des Égyptiens.

Les groupes détruits à la fin de la cinquième ligne et au commencement de la sixième mentionnaient l’accroissement décidé par les prêtres des honneurs religieux déjà rendus à Épiphane, ainsi qu’aux dieux Philopators, aux dieux Éver-

1 . Voyez mes Notices sommaires des Papyrus hiératiques de Leyde ; Papyrus, 1. 360 à 1. 367; [et. t. II, p. 166-167, de ces Œuvres diverses].

l’inscription hiéroglyphique de rosette 129

gètes et aux dieux Adelphes. La sixième ligne, de laquelle nous allons nous occuper, commence par ce qui a trait aux dieux Soters.

Ligne G

Nous continuons à reproduire les mentions du grec, depuis le point où nous les avons laissées jusqu’à la reprise du texte hiéroglyphique, à la septième ligne :

Lig. 38. « Ainsi que ceux des dieux Soters; qu’on élève » au toujours vivant Ptolémée, dieu Épiphane, Euchariste, » une image en chaque temple, dans le lieu le plus apparent, 39 » laquelle portera le nom de Ptolémée, celui qui a » vengé l’Égypte; qu’auprès soit placé debout le dieu prin- )) cipal du temple, lui présentant une arme de victoire, le » tout disposé à la manière égyptienne. »

Voici maintenant comment s’exprime la partie hiéroglyphique :

/WnAAA

étant cl eux ; et

aux dieux Soters le culte établi

AA/'AAA (p (S

à eux; qu’il

soit élevé une statue du roi Ptolémée, vivant éternellement, aimé de Ph tah ,

crzD

dieu Épiphane, seigneur des bienfaits,

(gfyü] t

Ptolémée, sauveur de l’Égypte;

appelée

« ^ cela

de son nom. . .

nl

représentera

■La

victorieux .

Ptolémée

Après avoir nommé les dieux Adelphes, les hiéroglyphes

Bibl. KGYPT. , T. XI. 9

130 l’inscription hiéroglyphique de rosette

parlaient des honneurs religieux qui existaient déjà pour eux, aaa/w ® □ -c~> ; nous ignorerons toujours de quelle

manière le texte égyptien rendait ici l’idée : honneurs religieux; mais il est remarquable qu’à l’égard des dieux Soters,

AA/WVA O |

ce texte se sert d’une expression particulière | Jj, ■xuq. Le grec ne fait pas de distinction et emploie pour nommer le culte déjà rendu à Épipliane et à ses prédécesseurs, auquel il s’agissait de donner plus d’éclat, les mots ■jTtip/o'i'zj iifjLta — àvxa, tous les honneurs déjà existants.

Le mot -xuq ne se rencontre dans aucun autre texte à ma connaissance. On peut seulement faire remarquer qu’il a pour déterminatif le signe de la momie, qui se réfère quelquefois à l’idée culte, célébration , comme par exemple dans le groupe (j ^ jj , fête, cérémonie, dédicace ; en copte, *.eiK.

Les premiers traducteurs ont cru que -xnq exprime l'idée père du père, aïeul, mais c’est une erreur; l’addition établis, institués à eux, ne permet pas en effet d’y voir autre chose qu’une cérémonie, une institution. Pour ce groupe J, on peut recourir aux explications que j’ai données dans mon Mémoire sur le Papyrus magique Harris ' .

Le groupe 0 0 ou <=>, dont la prononciation doit avoir été constamment ju tt vt, est une expression fréquemment employée dans le style égyptien au commencement des phrases; elle se réfère le plus généralement au temps futur; mais ce n’était pas une règle absolue. Je considère cette expression comme une forme de pronom indéfini combiné avec le verbe substantif, comme c’est le cas pour d’autres

pronoms, tels que

. On peut y

voir une espèce d’ablatif absolu, s’appliquant au présent

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