Lig
l’inscription hiéroglyphique de rosette 159
prennent le nom de Prophètes d’Épiphane, en addition ' à l’indication de leurs autres fonctions sacerdotales. L’expression être dans un emploi, une fonction, une dignité , est très correcte; il en est autrement de être dans un titre. Le grec dit que les prêtres de l’Égypte seront nommés prêtres du dieu Épiphcine, outre les autres noms des dieux dont ils sont prêtres. Cette phrase, d’ailleurs très simple, donne lieu aux mêmes observations que la phrase égyptienne : les prêtres ne sont jamais nommés simplement du nom des dieux, mais par l’indication de la fonction sacerdotale qui leur est assignée dans le culte des dieux.
Nous reprendrons avec l’étude de la ligne suivante l’examen des derniers signes de la douzième ligne, qui forment les premiers mots d’une nouvelle prescription.
Ligne JH
Le texte grec s’énonce en ces termes :
Lig. 51. « (Qu’ils consignent) dans tous les arrêtés et » dans les déclarations qui seront écrites par eux le 52 » sacerdoce du roi; qu’il soit permis à tout particulier » de célébrer la fête, d’élever l’édicule susdit et de l’avoir » chez lui, accomplissant toutes les cérémonies prescrites » dans les fêtes, tant mensuelles qu’annuelles.
» Afin qu’il soit connu que les Égyptiens élèvent . »
La rédaction égyptienne donne le même sens, mais en termes assez différents :
TV
la Jonction de prêtre du dieu Épiphane, seigneur des bienfaits,
ro
■ . Voir ci-devant, p. [116 du présent volume]. Dans l’exemple de la ligne 3, a pour complément <rz>. particule du com¬
paratif. A la ligne 12, ce complément est emploi .
, qui a aussi le même
1P>0 L* INSCRIPTION HIÉROGLYPHIQUE DE ROSETTE
sur l’anneau compagnon de leur main; qu aussi cela, ce soit aute
iii o \\ ,
us n
Itras là l<i faculté) des existants, qui , eux, désireront, dé faire élecer
^ îîî
pareillement cette chapelle du dieu Iipiphane , seigneur des bienfaits,
AWMY
WMM SC7~
pour faire être elle dans leur maison ; qu’ils fassent ces fêles
/WWW
i l II 0
et exodes par mois , par année.
.. — /I S O AA/WVA J S
in ©
l’our rendre manifeste être ceux qui sont en Egypte à rendre un cul te...
La ligne hiéroglyphique est entière vers la fin; mais il y manque huit ou dix signes au commencement; elle débute par le déterminatif du mot fonction, j\ et on y lit très nettement : ... Ici Jonction de prêtre du dieu Êpiphane, se if/ /leur des bienfaits, sur Vanneau compagnon de leur main'. Il ne nous reste donc à retrouver dans les cinq ou six signes qui terminent la douzième ligne et dans les huit ou dix signes qui manquent au commencement de la treizième, ([lie l’expression qu'ils consignent, qu'ils inscrivent.
Dans ceux de la douzième on distingue (j|j j i \^J , mais cotte lecture n’est par certaine; la copie d’Young ne donne
que
. Parmi les diverses restitutions que me sug-
1. Ou plus simplement, sur l'anneau à leur main. Voir ci-devant, p. 125, 126 du présent volume].
l'inscription hiéroglyphique de rosette 161
gère la disposition du contexte et l’étendue de la lacune à : remplir, je n’en vois pas de plus satisfaisante que celle-ci :
Il I û© o EHD
Puis faire gracer
la fonction
Au lieu de graver, sculpter, il pourrait y avoir
P X^J , inscrire. On peut appuyer sur des exemples
concluants l’emploi de l’un ou de l’autre de ces groupes dans des phrases du même genre.
Le grec ordonne aux prêtres de consigner la mention du sacerdoce du roi sur tous les actes émanés de leur autorité, eh Tïâvxaç xoùç ^piQ[xaxi(T(jioù<;, et sur d’autres objets dont le nom s’est perdu dans la lacune.
Les hiéroglyphes ne parlent pas des actes, mais du sceau porté à la main en anneau, au moyen duquel tous les actes étaient signés. On a déjà maintes fois fait ressortir la ressemblance qui existe entre le nom égyptien du sceau ® Q O . sStjul, et l’hébreu amn, de la racine onn, qui a la même valeur. Il est très vraisemblable que les mots grecs disparus parlaient aussi du sceau. Le texte pourrait donc être rétabli de la sorte :
(Kaxa^wptuat) eîç uavxaç xoùç ^pTQpiax tapi .oùç xat s Iç xo'jç SaxxuXi'ouç aùxwv xï)V tepaxeiav aùxoù.
soit aux bras, c’est-à-dire au pouvoir, à la faculté, et la suite dit clairement : clés êtres qui voudront, qui désireront. Le grec s’explique plus simplement : lijeivou II xaï xo ïç aXXoi? loiwxatç, et qu’il soit permis aux autres particuliers . . . Les clauses précédentes se référaient spécialement aux prêtres ; ici, le décret stipule à l’égard des simples particuliers. Nous
Bibl. ÉGYPT., T. XI. 11
avons déjà noté une distinction du même genre à la onzième ligne.
Le groupe j qui est employé dans cette dernière
phrase, signifie aimer, vouloir, désirer', comme l'hébreu ~nx , qui se prononçait à peu près de la même manière. Il se dit des plaisirs des sens et des satisfactions du goût et des passions. Les papyrus hiératiques du Musée britannique fournissent des exemples de son emploi. Il a pour synonyme, sinon pour variante, (jjjo, *&, mot qui signifie désir, volonté, inclination , et dont le déterminatif est le même vase (pie celui qui est usité pour désigner et déterminer le nom du cœur, gH-r. M. Le Page Renouf a publié de
très bonnes observations sur ce mot et sur quelques autres1 2 3. Mes conclusions ne sont cependant pas tout à fait les mêmes ipie celles de mon savant collègue. Je ne pense pas que jamais le cœur, en tant qir organe du corps humain, ait été nommé (] J O en égyptien; cette expression ne s’employait (pie pour exprimer les désirs, les tendances du cœur considéré comme centre des sensations. Le mot^^O, au con-
traire, possédait la plénitude d’acception et se disait de l’organe du cœur et des sentiments dont le cœur est le siègeh On trouvera d’ailleurs, et c’est là une observation que j’ai déjà faite plusieurs fois, tous les signes idéographiques employés phonétiquement pour les différentes lectures des mots dont ils sont ordinairement et même exceptionnellement déterminatifs; mais la constatation d’une valeur nouvelle n’entraîne pas nécessairement l’obligation
1 . Voir mes Mémoires intitulés : Une Inscription historique du règne de Sèti 1°', p. 11 [cf. t. 1, p. 35, de ces Œuvres diverses] : Son cœur désira voir. . . ; et les Inscriptions des Mines d’or, p. 25 [cf. t. II, p. 215, de ces Œuvres diverses ] , Stèle de Kouban, 1. 20.