‹ Œuvres diversesChapitre 146 sur 154 · Guillaume · texte numérisé non relu

Guillaume

S«I>egré.

GUIGUES III, Comte de Graisivaudan et d'Albon.

Son existence est prouvée par une chartre d'un autre chartulaire, aussi bien que celle de sa mère et de ses firères, en ces termes :

Damue Humherto episcapo eiiuque mcUri fratriebueque et nepotibue Wigonis honœ memoriœ Humherto Wigoni, Willermo mediatem capelli de MoraSy etc. Datum VIII id, junii , lunà Xy indict. V, anno ab incarnat. Dont. D.CCCLXXXXV. régnante dotn^ Rodolpho rege.

Chorier luy donne pour femme une Crotelene et ne dit pas de quelle fomille elle estoit ; mais je l'ay trouvée en une ancienne généalogie de celle de Poitiers qui marque qu'elle estoit fille de

Geislon II, comte de YsJentincMS , et de Gotelene, sa femme, et qu'elle fust mariée à Guigues, comte de Graisivaudan.

Chorier dit qu'B fit le voyage à S. Jacques de Galice , en 1107, Je ne sçay point où il a trouvé ce voyage. C'est au 2® tom. liv. 1 . sect. • • • n raconte en mcsme temps une fable de son saint Jacques.

4' Degré.

GUIGUES IV, Comte de Graisivaudan et d'Albon.

Adelais de Saluces fust sa femme, elle estoit fille de. . . .(1).

Chorier n'a pas sceu de quelle famille elle estoit, mais comment elle aporta pour dot à son mary le Briançonnois, j'ay trouvé un titre en la Chambre des Comptes, que je raporteray en son rang, sur quelques différents qu'eut le Dauphin, qui vivoit alors avec le comte de Savoye qui tenoit alors Saluces^ au stget de quelques terres que l'un et l'autre prétendoient. Elle tust la tante d'Adélaïde de Suze, héritière de cet Estât, qu'elle porta à Odon, comte de Savoye, son mary. Elle est mentionnée en un chartulaire de Saint Pierre de Vienne, aussy bien que son mary, son fils Guigues, et Pétronille, sa femme, en ces termes :

Guigoni vero quem supra diximus majori qui postea effectua est monachus y centum solidos tribui et Adelatdœ comitissœ et alii Guigonis filius UHiàs GuigoniSy quem supra diximus ^ quinquaginta solidos et uxor ejus PetroniUœ. Actum est hoc apud Gratianopolimy mense Aprilis^ sextaferia luna vicesima nona ah incamatUmis millisimo quinquagesimo.

Il est appelé moncu:hus et en effet il le fust à Cluny, selon Blondel qui commence à luy la généalogie des comtes d'Albon.

Il fit le voyage de Rome et se trouva dans cette ville lorsque le pape, en 1127, confirma la donation que l'évèque de Valence, Humbert, avoit faite à Odilon , abbé de Cluny , selon Guichenon.

(1) Hierome Mainfroy, marquis de Suze, disait le ras.; mais ces mots ont été liffés. H. G.

5« Degré.

GUIGUES Y, Comte de Graisivaudan et d'Albon.

Pétronille fîist sa femme, comme je l'ay remarqué. Aucun liistorien ne nous a rien apris autre de luy ; mais , dans un registre de la Chambre des Comptes, intitulé Primas eopiarum , cotté A fol. 169, il y a une donation qu'il fit. Tan 1042, au monastère de S. Laurent de Grenoble et à l'église des Échelles, d'un mas, entre autres choses, appelé de S. Pierre, en présence d'Amêdée et d'Odon, ses enfants, inconnus à Chorier et aux autres. D eut donc :

1 Guigues qui suit.

2 Amédée.

3 Odon.

6* Degré.

GUIGUES YI, Comte de Graisivaudan et d'Albon.

Chorier n'a pas sceu le nom de sa femme. Blondel dit qu'elle avoit nom Grothelene ; Guichenon le dit aussy et ajoute qu'elle est enterrée avec luy en l'église de Cluny où ce Guigues s'estoit fait moine. C'estoit ordinairement la retraite des vieux princes de cette maison, et nous en donnerons d'autres exemples à la suite. Ce fut dans le prioré de S. Robert, de cet ordre, à une lieue de Grenoble, comme je le prouveray bientost.

Il est parlé de luy en divers actes.

Césanne est dans le Briançonnois qui lui appartenoit.

n donna aux chanoines d'Oulx ce qu'il possedoit en cette ville l'an 1053. La donation est rapportée dans un inventaire des papiers de Cluny. Guichenon la publia en sa bibUothèque

DE GRAISIVAUDAN ET D'àLBON. 347

ubusiane où Guigues parie ainsy c Ego Guigtio , canes ^ qui vocar êenex^ atque fiUus meus Ouiguo pinguis »

Dans un ancien chartulaire on trouve la fondation du prioré de Moiranc de l'an 1105 , où le fils de celui-cy y ayant adsi&té il y est dit <}ue Guignes, comte, fils de Guigues le Vieux, avoit adsisté : Guigo cornes fUius Gutgonisveteris.

Dans le martyrologe du prioré de S. Robert : X. kal. maii , Guigo cofrtes qui coghomine est fktus. En oeluy de S. Maurice de Vienne : Z. kcU, maii , obiit Guigo cornes qui dedU sancto Mauritio meUora Candelabra et ad restaurationem circuU capUis sancti Mauritii ttes libtiu auri et caticem minorem aureum et duo paUia et duo corftna.

fay trouvé , dans un chartulaire de Domène , que , Tan 1106 , Guigues, comte, avoit foit une donation à ce monastère où sa mère estoit enterrée, sans dire le nom.

n fust père de Guigues, de Guy-Raymond, de Richard, d'Armand et d'Adélaïde.

7« Degré.

GUIGUES VII, Dit k Gras, comte de Graisivaudan et d'Albon.

Chorier, Blondel, ny les autres, n'ont pas sceu le nom de sa femme, mais je l'ay tronavé en un chartulaire du prioré de Domène où, dsms une chartre, il y a une donation que luy avoit faite ce comte , où , à la fin : fuerunt testes uxor domini comitis regina et soror ejusdem comitis, Adelaïda,

Une ancienne généalogie qui est en la Chambre des Comptes de Grenoble, au livre Copiarum gratian. fol. 37, la commence à ce Guigues le Gras , dit qu'il vivoit l'an 1135 , que cette reyne , sa fenmie, estoit fille du roy de Castille. Ce mot de reyne estoit plustost un titre, ou une marque de son extraction qu'un nom de baptesme car, par une concession qu'elle fist aux moines de S. Robert, elle est appelée Mathilde Reyne suivant le rapport qui en est fait dans des lettres d'André Dauphin , de l'octave de tous les SS. de 1222 , où il la confirme. La donation porte aussy qu4| le comte Guigues estoit son mary.

348 l'histoire des comtes

Le mesme acte porte que le tout avoit esté confirmé par Guigues Dauphin , leur fils, par sa femme» par Humbert, évêque du Puy , en présence de Matiiilde leur mère. Ce sont des enfants que Chorier , Blondel , Duchesne et les autres historiens des Dauphins n'ont point connus. Cet acte n'est pas suspect puisqu'il est en la Chambre des Comptes, et le chartulaire de Domêne encore moins.

Le mesme chartulaire. En une autre chartre, se trouve une autre donation à ce monastère où la mère estoit ensevelie sans la nommer.

L'an 1079 , il donna à Hugues , abbé de Cluny , l'église de S. Prix , non pas S. Priest , comme dit Chorier, et la chapelle de la Mure , en la présence de ses firères Guy-Raymon, Richard et Armand. En un autre chartulaire de l'évèchê de Grenoble, est une chartre de 1059 qui parle en ces termes : Ego Giùguo cornes, filiua Guigonis comitù* , guerpisco domino et beatœ mariœ ac sancto vincentio et episcopo GratianopoL Hugoni et ecclesiœ GratianopoL — Ce sont des églises qu'il possédoit en ce diocèse avec des dixmes. Ce fust en présence de Disdier de Sassenage , de Guigues de Granges et de Guillaume Leutzon ; et, à la fin, il y a ces mots : lloac deguerpitio factafuit quando Hyerusalem ohsessa fuit et capta à christiania nostris,

n y a encore une autre chartre d'environ ce temps là : Boteus qui vocatur Mota, medietas est inter comitem et episcopum , alia vero medietas est de filus Joffredi de Moirenco.

Aux kal. de novembre 1110, il donna à la maison de Chalais, prioré au mandement de Voreppe, uny despuis à la Grande Chartreuse, des terres aux environs de l'église comme descend l'eau, jusques au rocher où l'eau verse et s'estend par un coin de la terre qui avoit apartenu à Robert de Combes , divisée de ceUe de son neveu, et, de là, allant jusques à Pierre longue où est la terre des nommez Terrasiers , etc.

L'an 1120, celle de Nostre Dame de Visille, du consentement de Guigues, son fils. Guichenon raporte ce dernier acte.

On a mis sur son tombeau , qui est aux cloistres du prioré de Saint Robert, cet épitaphe :

HIC JACET GUIGO GRASSUS DALPHINUS PRIMUS ET MONACHUS MAGNJE PIETATIS.

DE GRAISrVAUDAN ET D'ALBON. 349

Dans le martyrologe de ce prioré on fait mention' de luy en cette manière :

XIV kal. Fébruariij Guigo^ cornes et monoc/ius, œdificator hujus moncuterii j pro quo Guigone plénum anniversarium et iolemne XI kal, Januarii Guigo cornes qui hune monasterium œdificavit.

Qiorier a mal interprété ce mot de primuSy quand il a dit qu'on avoit oublié son origine, supposant qu'on le faisoit le premier de sa race. Mais voicy comment il le faut exprimer : c'est que véritablement il a esté le premier qui a pris le nom de Dau phin qu'on luy avoit donné parce qu'il le portoit sur ses drapeaux lorsqu'il passa en la Terre Sainte avec Crodefiroy de Bouillon. Un Girard de Rossillon, iUustre Dauphinois, fust du nombre.

Avant luy, le pays, dont il estoit souverain, n'estoit point encore connu souz le nom de Dauphiné qu'il prit ensuite à cause de ce prince , nommé Dauphin ; et ses successeurs le prirent de mesme, car auparavant on ne le connoissoit que de celuy de Graisivaudan. — Voila la véritable origine du nom de cette province.

Guy-Raymon, son frère, espousa Raymonde, héritière de Forets.

Adélaïde est le nom de sa femme, comme j'en ay rapporté la preuve. Personne ne l'avoit encore connue.

Chorier dit qu'elle espousa le seigneur de Hauterive, et en raporte la preuve qu'il tire de l'autheur de la vie d'Amédée de Hauterive , son fils, moine de Bonnevaux , et dit qu'elle l'y fust voir : Die quadam^ cum Amedeus hoc opus sibi specialiter injunctum perageret , contingit et Guido Cornes Albionensis . avunculiAS qus, gratia wdendi cum cid Bonavallem ventret^ etc.

8« Degré.

GUIGUES VIII, Dauphin , comte de Graisivaudan et d'Albon.

Espousa Marguerite, fille d'Estienne, comte de Bourgogne, et d'Agnès de Zeringhen. Guillaume, chanoine de Nostre Dame,

350 l'histoire des comtes

qui a escril et donné au public la vie de cette Marguerite, {larle d'elle en ces termes : Hac ffiquidem spectabili proaajria edîlo, tU pote Ulustris et famoiiseimi viri Siephani Burgundiœ Comitis fUiaj iorar etiam exceUentium virorum RaynaUti et Guillelmi Comitumy neptisque piœ recordatianU papœ Calixii ad conjugalem egregii Cùtnitis Guiganis Dalphini copulatn fuit Iransducta a mcignifico principe Guigone ComUe veteri ejuidem Guigonis pâtre celebri doncUioneiUusirata.

Manriquez , dans ses annales de l'ordre d# Gisteauz , parlant de l'abbaye de Ramiez, en Savoye, dit que, en 1132 , nostre comte Guignes avec Aman , Guillaume etDiadier.de la Po^, donnèrent à cette abbaye plusieurs possessions qu'ils avdâdt en un lieu appelé Fougères , et que le comte y tyonta en particulier un pré d'une grande estendue dans le bois de Groses et de Villes , en présence de Guigues et Disdier de Sassenage , de Berlion de Moiranc et de Lfmtelme de Lans.

L'année suivante, 1133, U eut de grands c^érents avec Estienne de Bar, archevêque de Vienne, selon que nous l'apprend un chartulaire de S. Bamard de Romans , qui luy disputoit ses droits sur la ville de Vienne.

Le Dauphin marcha avec des troupes contre la ville de Romans, dont l'archevêque estoit seigneur avec le chapiti^ comme abbé, n la prit , et les maisons des chanoines forent brûlées ausay bien que l'église.

Le Dauphin.fit son possible pour éviter de semblables désordres , mais rien n'echapa à l'insolence des soldats : l'archevêque avertit le pape d'un pareil sacrilège qui envoya au Dauphin Guigues Pons, son légat, qui n'en eut pas grande satisfaction. Des gentilshommes de cette province y réussirent mieux : ce furent Humbert de Bocsozel, Berlion de Moiranc, Guigues de Domêne (en surcharge : Aynard), Raymon Bérenger et Aymon Falavel à qui le comte de Genève se joignit.

Plusieurs prélats s'assemblèrent aussy, cette affaire estant considérée comme un sacrilège. Ce forent : Humbert, évêque du Puy , Eustache , évêque de Valence , Gaveran , évêque de Viviers , Hugues, évêque de Grenoble, Artaud, évêque de Maurienne, Ponce, évêque de S. Paul trois Ghasteaux, et Jean, abbé de Bonne vaux.

Ils firent promettre au comte de n'inquiéter jamais les habitants

DE GRAISrVAUDAN ET D'AÏ^ON. 351

de Romans quelque querelle qu'il eut avec Tarchevêque, et les habitans s'engagèrent à demeurer neutres.

Une ancienne généalogie trouvée en la Chambre des Comptes de Grenoble et en ud livre intitulé : Copiœ civit, Gratianop. , fol. 27 y dit qu'il mourut en un combat contre le comte de Savoye auprès de Montmeillan, l'an 1140, que son corps fut porté à la Buissière, et de là à Grenoble , où il fust ensevely dans les cloistres de Nostre Dame.

J'ay veu , il y a quelques années, son tombeau au dessoubz des degrez par où l'on monte aux tribunes, et ce qui me le persuade , c'est que la pierre qui estoit au devant avoit une figure ronde sur laquelle estoit gravée une croix semblable à celle qu'qn voit en des médailles de nos Dauphins.

La pierre qui le couvroit estant toipbée a fait que le reste la esté de mesme, et on a porté ces pierres ailleurs, tellement qu'il n'y en a plus aucun vestige. D y a appar^ce que si l'on eût cru que c'estoit un si riche monument on en aurpit eu plus ié soin. Voila comme l'ignorance laisse périr ce que la gloire et mesme l'honneur devroient s'efforcer de conserver.

Je parleray du tombeau d'un autre Dauphin, aux mesmes cloistres, qui est encore entier mais mesprisé.

Sa femme, selon la mesme généalogie, mourut à La Mure et fut portée dans l'église du monastère des Ayes, de l'ordre de Cisteaux, qu'elle avoit fondé. — Sa mort a esté le 6 des ides de février 1142, suivant la mesme généalogie; c'est ce que nous apprend aussy l'épitaphe gravée sur sojq tombeau en oes termes c

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