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ENTRETIEN LXVIII

(Fait à nos Sœurs de Moulins et de Xevers)

SUR LA LECTURE DES RÈGLES, LE PROFIT A RETIRER DE LA MALADIE, LA LIBERTÉ Qu'a LA SUPÉRIEURE DE LIMITER LE NOMBRE DES JOURS DE RETRAITE, ET SUR PLUSIEURS POINTS D'OBSERVANCE.

Un monastère de la Visitation peut toujours aller en bon ordre quand les Sœurs aimeront l'occupation manuelle, et s'y emploieront avec recueillement d'esprit, simplement, sans finesse et artifice.

Par toutes nos maisons où je passe, je trouve toujours dans l'esprit de nos Sœurs plusieurs bons désirs pour leur avancement en la fidélité de l'observance : nulle ne prétend de s'en éloigner ; mais ce qui fait que trop souvent cela n'est pas suivi

des effets, c'est parce que nous ne nous appliquons pas à lire, avec attention, les règles : on court par-dessus sans considérer ce qu'on lit, et cela est la cause que cette lecture n'opère point de bonne pratique.

Il n'y a point, en l'Eglise de Dieu, de religieux qui aient tant d'instructions et d'éclaircissements que nous; mais, faute de bien lire, l'on ne fait pas mieux; je ne dis pas que nous ne lisons pas assez, je dis que nous ne lisons pas attentivement.

Quand nos Sœurs se voient infirmes ou malades du poumon, dont on languit longtemps, elles doivent se réjouir de se voir courir à grands pas à la mort, pour aller bientôt jouir de Dieu. Jamais nous ne trouverons une parfaite félicité en cette vie, parce que nous avons avec nous l'objet de nos déplaisirs; mais, en paradis, il n'en sera pas de la sorte, car nous aurons la jouissance de Dieu. Pour arriver à ce bien, il faut encore courir plus vite à la vertu qu'à la mort, c'est-à-dire ne pas perdre une seule occasion sans la mettre en pratique, puisque, aussi bien malade que saine, nous pouvons toujours faire le bien.

Il ne faut pas que nos robes traînent d'un doigt ; cette interprétation est très-mauvaise. Ce n'est pas ainsi que le Coutumier l'entend; il dit qu'elles seront, à un doigt, à fleur de terre; il entend qu'elles seront dun doigt près [distant] de terre, et non traînantes.

La supérieure est en liberté de faire mettre des bancs ou placets pour faire asseoir les Sœurs à la récréation; il faut faire, en cela, ce qu'elle jugera pour le mieux; mais il semble néanmoins que les placets sont plus commodes pour les Sœurs, quand, chacune se levant, range le sien.

Il ne faut pas que nos chapelets soient si gros, comme je vois que l'on commence à les porter. Le Coutumier marque qu'ils seront médiocres.

Quand il passe des Sœurs de notre Institut dans les maisons des unes des autres, je remarque que l'on s'informe de leurs

coutumes et façons de faire; comme chacune croit de bien faire, elles disent que cela est conforme à celui d'Annecy; et, par ainsi, l'on n'a jamais fait; ce sont toujours des nouveautés. 11 ne faut jamais changer ni amplifier que l'on ne sache d'Annecy s'il le faut faire, et si on le fait ainsi. En somme, c'est que, pour le plus sûr, il ne faut que bien lire, avec application d'esprit, tous nos Ecrits, et les bien pratiquer au pied de la lettre.

Il ne faut pas que la supérieure soit complaisante à faire goûter les Sœurs plus souvent qu'il n'est marqué, parce que de l'un on vient à l'autre ; et quand une année on y ajoute une fois, l'autre année on y en ajoute deux, et ainsi on s'émancipe.

L'on ne cuit [le pain] que deux fois la semaine au plus, et il n'est pas religieux de cuire davantage, cela ressent trop la délicatesse et sensualité.

Il est très-bon, et même nécessaire, d'employer les Sœurs du chœur à travailler au jardin, faire la lessive et pétrir, quand elles ont assez de forces pour cela, car la qualité de choristes ne leur doit pas empêcher de pratiquer l'humilité et la bassesse.

Non, certes, ma fille, la supérieure ne doit point souffrir d'affection particulière en ses filles, sous quelque prétexte que ce soit.

Il s'en trouve, dites-vous, quelques-unes qui aiment mieux se retirer en silence que s'entretenir une heure avec les autres [lorsque, pour l'entretien du mois, les Sœurs sont en liberté de se choisir] . Oh ! ma fille, ce sentiment particulier n'est pas bon. Elles doivent soumettre leur inclination à cette pratique de mortification.

Mais s'il arrivait qu'une Sœur lût laissée là, et que personne ne pensât à elle pour la prendre, alors elle ferait fort bien de faire comme feu notre Sœur Simplicienne d'Annecy, qui, en pareille rencontre, n'osa demander à pas une de l'entretenir. Quand elle vit que toutes s'étaient couplées et qu'on ne pensait

pas à elle, elle dit : « Mon Dieu, il est vrai que je ne suis pas digne de l'entretien de nos Sœurs, mais je m'en vais entretenir mon Bienheureux Père, » et s'en alla au chœur devant son tableau, où elle demeura depuis l'obéissance jusqu'à la fin des Vêpres; elle l'entretint si bien et à cœur ouvert, qu'elle reçut des grâces bien singulières, qui lui durèrent plus de trois mois. Pendant cet entretien, quand elle avait besoin de s'asseoir, elle lui demandait : « Mon Bienheureux Père, vous plaîtil que je m'assoie un peu? » — Voilà, mes Sœurs, comme il faut faire, et non pas se priver de l'entretien de son propre choix et volonté.

Oui, mes Sœurs, vous pouvez emporter les livres de la chambre des assemblées, où vous voulez; mais il faut avoir soin de les rapporter, le jour même, au lieu où on les tient; car autrement il y aurait du désordre, et j'approuve fort que l'on avertisse en charité celles qui s'y rendent négligentes. A Annecy, on est exacte à cela à merveille; jamais un livre n'y manque et n'est mal arrangé : chacune le remet en même ordre où elle le trouve. Si quelqu'une y manque, on l'en reprend et même on lui donne fort bien des pénitences, comme d'être trois mois privée de les porter hors de la chambre. Il y a de nos maisons où l'on donne à chacune un livre de notre Bienheureux Père, aux unes d'une sorte, aux autres d'une autre ; j'approuve fort cette dévotion.

Les Sœurs ne sont point gênées de rapporter, à l'assemblée, toujours leurs mêmes livres de lecture. Elles pourront dire ce qu'elles auront lu dans les livres de notre Bienheureux Père. Et, les fêtes, après le rapport des lectures, celles qui voudront pourront lire tout bas, dans leurs règles et dans Y Imitation, pourvu qu'elles ne se lèvent point pour les aller chercher. Elles peuvent aussi dire leurs chapelets, ou chanter et parler de choses bonnes; le tout selon le jugement de la supérieure.

0 Dieu! que dites-vous, ma fille, qu'il se rencontre des Sœurs

qui sont jalouses quand on ne leur donne pas également des communions, pendant leur retraite, ni tant de jours de solitude aux unes comme aux autres. Eh quoi! veulent-elles être supérieures de leur supérieure et non pas se laisser conduire? N'y a-t-il pas diversité d'esprits comme il y a, au ciel, des anges différents en gloire? Donc çà-bas voudrions-nous être égales? C'est à la supérieure de conduire chacune selon sa nécessité, et non pas aux inférieures de se rendre examinatrices de sa conduite. Certes, à celles qui font cela, on leur doit répondre : Ma Sœur, faites un peu votre examen devant le Saint-Sacrement, et demandez à votre cœur s'il serait bien aise, s'il était supérieur, que les Sœurs contrôlassent vos actions? Il est vrai, vous auriez bien besoin de faire davantage la solitude, et plus que les autres, car vous êtes bien immortifiée; et, au lieu de six jours, il vous en faudrait onze pour vous apprendre à être en votre devoir, et ne pas trouver à redire à ce que fait votre supérieure.

Ma fille, les supérieures doivent, dans leur gouvernement, agir librement sans crainte des jalousies : elles doivent donner aux unes six jours de retraite, aux autres huit, dix ou douze, selon la nécessité; et, pour la communion, trois ou quatre jours : aux unes plus, aux autres moins, cela est à sa discrétion. Il faut bouleverser toutes leurs opinions et les changer si souvent, qu'elles s'affermissent enfin en la sainte indifférence de leur conduite : contrariez vos Sœurs, élevez-les, et puis rabaissez-les; car l'esprit de générosité ne s'acquiert que dans les contradictions.

Les surveillantes sont obligées de prendre garde aux défauts afin d'y remédier, par le moyen de charitables avertissements ; et, pour peu d'intérêt que l'on ait en la faute, il faut, en premier lieu, en parler à la supérieure. Il faut toujours, en soimême, excuser la défaillante.

Il faut avoir un esprit de sainte liberté à la récréation, ne faisant point les réservées, à rire, parler, se récréer, aux dépens de quelques Sœurs, pourvu que la modestie et l'humble respect

soient observés Il ne faut pas trop de liberté à la récréation , non plus qu'une trop grande circonspection à ne vouloir parler sur rien que ce soit, crainte d'en dire son avis, comme sur les ouvrages ou choses indifférentes. Il ne faut pas être si réservées : je n'aime point quand on me vient dire avoir fait semblables pratiques de vertu. Il en faut bien faire en d'autres occasions plus signalées, et par conséquent plus relevées. Il faut être simples, rondes et naïves, car tel était l'esprit de notre Bienheureux Père.

(Fait à nos Sœur» de Dijon)

sur l'abandon a la providence, la mortification, la générosité,

ET L'AMOUR DE l'aRJECTION.

La négligence est un grand mal pour les religieuses; si vous êtes lâches et que vous ne preniez point de soin de combattre généreusement cette mauvaise inclinalion, vous serez religieuses d'habit et non d'effet.

Non, mes filles, il ne faut point désirer les consolations. Quelquefois elles font grand bien! Oui, principalement à celles qui commencent; aussi voit-on que Notre-Seigneur a coutume d'en donner en ce temps-là. Mais, pour nous autres anciennes, il nous faut vivre de pain sec.

La marque de la fidélité de l'âme, c'est quand elle est entièrement abandonnée à Dieu, qu'elle ne veut que Dieu et qu'elle se contente de lui. Mes chères filles, quand sera-ce que je verrai vos cœurs ne chercher que Dieu, ne vouloir que lui? Mais c'est grand cas; nous voulons et cherchons tant de choses avec Dieu,

que cela nous empêche de le trouver. Nous voulons être aimées et estimées, et que Ton trouve bien ce que nous faisons. L'une voudra une charge, l'autre une autre; cela ne sert qu'à nous inquiéter et troubler; au lieu que si nous ne cherchions que Dieu, nous serions toujours contentes et nous trouverions toutes choses en Lui.

Oui, une âme peut bien être tranquille parmi ses peines, car il arrive souvent que, bien que tout soit en trouble en la partie inférieure , l'âme ne laisse pas d'être soumise à la volonté de Dieu. On en voit qui souffrent de grandes peines, en leur intérieur, et qui sont en même temps extrêmement douces et suaves en leur conversation; cela vient de ce qu'elles ont fait mourir leur volonté en celle de Dieu. Mais celles qui ressentent vivement une petite vétille, certes, celles-là n'ont pas pris soin de se mortifier! Quel remède à cela? ïl se faut bien tenir en la présence de Dieu, et le regarder près de nous; je ne sache rien qui retienne mieux dans le devoir.

Pour ne point perdre la paix intérieure, il faut faire ce que dit notre Bienheureux Père : Aller à Dieu sans réfléchir sur ce qui nous fait peine.

Mais nous voulons toujours conter ce que l'on nous a dit, ce que l'on nous a fait, qui est cause que nous avons failli, enfin, tant de choses inutiles, et tout à fait contraires à la simplicité qui nous a tant été recommandée par ce Bienheureux. C'est ce qui me fâche, que nous ne fassions point notre profit de tant d'enseignements qu'il nous a laissés. Je connais un homme séculier qui a le maniement de beaucoup d'affaires, qui toutefois se sert des documents de notre Bienheureux Père avec grand profit. « Quand je rencontre des difficultés, dit-il, je les jette de çà, de là; si elles sont trop grandes, je passe par-dessus. »

Mes chères filles, il faut faire ainsi : Vous avez un petit mal de tête ou d'estomac, vous avez fait une lourdise, on vous a contrariée, ne vous arrêtez pas à tout cela ; passez pa,r-dessus; et

allez à Dieu, sans regarder votre mal. Mais je voudrais remarquer mon mal pour l'offrir à Dieu. Cela est bon; mais, en le lui offrant, ne faites pas tant de regards sur icelui; afin de l'agrandir et voir que vous avez bien raison de vous plaindre.

Oh! certes, il faut être plus courageuses et s'abandonner totalement à Dieu, ne voulant que Lui, et nous contentant de Lui seul,

0 Dieu! que la simplicité est aimable! Croyez, mes chères filles, une âme qui est simple est aussi confiante en Dieu, elle n'a rien à craindre. Hélas! il semble parfois que tout est perdu et que tout se renverse. Que ferait-on hors de cette confiance? car c'est en ces pressures de cœur qu'il faut espérer contre l'espérance, comme faisait Abraham, et croire que Dieu y pourvoira; lui ayant recommandé le tout, il faut demeurer en paix, et ne cesser d'espérer en sa douce Providence.

L'amour de Dieu ne consiste pas aux goûts et sentiments, mais à faire, à souffrir, et à se bien mortifier.

La mortification sans l'oraison est bien pénible, et l'oraison sans la mortification est bien dangereuse. Il vaut mieux être fille de mortification que d'oraison. Le moyen d'acquérir la mortification, c'est de se mortifier en tout. Si nous étions bien fidèles, nous anéantirions tant de désirs, tant de volontés, tant d'inclinations; nous ne laisserions pas passer la moindre occasion saus nous mortifier. Il faut avoir une résolution ferme et invariable d'être tout à Dieu, un grand courage et une longue haleine, c'est-à-dire une inviolable persévérance à se mortifier, et renoncer en tout à sa propre volonté , sans jamais se relâcher ; car il est impossible d'être parfaite sans cela. Nous nous arrêtons trop aux sentiments, et nous ne vivons pas assez selon l'esprit et la raison.

Quand nous n'avons point de charges, comme de surveillante, coadjutrice ou autres, qui nous obligent à prendre garde au bon ordre de la maison, et aux manquements qui s'y font

contre l'observance, certes, nous ferions bien de nous tenir tellement en nous-mêmes, que nous ne voyions ni sachions ce que font les autres , approuvant et estimant tout, croyant que Ton a raison de faire ceci ou cela. Pour moi, si je n'en avais aucune [de charge], je me tiendrais si proche de Notre-Seigneur, que je ne saurais non plus, ce qui se fait dans la maison, que si je n'y étais pas; certes, il faudrait faire ainsi.

C'est un grand secret, en la vie spirituelle, que de bien s'occuper en Dieu. Quoiqu'on ait beaucoup de passions à combattre, il vaut mieux se tenir attentive à Dieu, qu'à soi, car si vous vous occupez bien auprès de Dieu, vous recevrez la lumière et la force pour vous défaire de vos passions. Celles qui commencent et qui ne sont encore duites [formées] au recueillement et à la mortification, difficilement pourraient-elles être occupées à caresser Notre-Seigneur; mais je leur conseille de travailler à se vaincre en le regardant, car c'est le moyen d'être victorieuses.

Nous ne sommes pas assez généreuses ; quoi! des religieuses qui doivent faire profession d'une si grande perfection, avoir peur?... Mais de quoi avez-vous peur? Nous ne vivons pas assez selon l'esprit de la foi. Nous savons que rien n'arrive que par la permission de Dieu , qu'il a soin de nous comme un père de ses enfants, et plus encore; car le père et la mère peuvent oublier leurs enfants, tandis que Dieu ne nous oubliera jamais. Si nous vivions de cette vérité nous ne craindrions rien. Ehî mon Dieu! nous sommes servantes de Notre-Seigneur, ne voulons-nous pas nous abandonner tout à fait à Lui? Oui, ma fille, je sais bien qu'en la partie inférieure nous sommes toutes pleines de crainte, et que nous ne la saurions éviter; mais je sais bien aussi que nous pouvons être tranquilles et assurées, regardant doucement la volonté de Dieu, qui permet que nous soyons à celte heure pleines de trouble et de crainte.

Quand on fait de bonnes fautes, il s'en faut humilier et ne s en point troubler. Il y en a diverses : les unes sont naturelles,

les autres viennent d 'infirmité , et les autres & orgueil. Pour les naturelles, on ne peut pas sitôt s'en défaire; car, par exemple : voilà une Sœur qui est d'un naturel froid et lent; il ne faut pas s'attendre qu'elle en soit sitôt défaite ; elle sera toujours un peu sujette à cette imperfection. Les fautes & infirmités sont celles que l'on fait par surprise, lourdise et par un prompt mouvement. Pour celles-là, elles sont pardonnables, pourvu qu'on s'en humilie et qu'on soit bien aise que l'on connaisse notre infirmité, et ensuite s'en aller promptement à Dieu, avec celte affection et amour de notre abjection, et voir la volonté de Dieu, qui permet ces chutes pour notre humiliation. Mais les fautes qui viennent à? orgueil, c'est lorsque nous voulons couvrir nos défauts, ou qu'on se trouble quand les autres les connaissent, ou qu'on s'excuse quand on nous en reprend, ne voulant pas avouer qu'on a faibli ; c'est où se connaît le vrai orgueil.

Vous dites : si c'est mal fait de dire sa coulpe de quelque faute que vous avez faite, crainte qu'on ne vous en avertisse? 0 Dieu! ma chère fille, sont-ce là nos pratiques? est-ce ainsi que nous aimons notre abjection? Cela est très-mal; mais, le fait-on céans? On n'en dit point sa coulpe. Si j'entendais de ces coulpes-là, je priverais ces Sœurs de la communion.

Je ne vois point que nous nous appliquions à la pratique des vraies vertus, quoique nos Constitutions et nos Entretiens nous en marquent tant. Je crois bien que nous faisons attention à quelques articles, comme de garder le silence, d'aller à l'Office et au réfectoire. Mais, fait-on attention à ce qui nous est marqué sur la simplicité, l'humilité, l'amour de notre abjection, la mortification de nos sens et passions? Celles qui s'excusent sur les avertissements, qui font des répliques, qui sont sèches, qui manquent de respect à l'endroit des Sœurs, celles-là ne manquent-elles pas à la règle, aussi bien que celles qui rompraient le silence et n'iraient pas au chœur lorsque la cloche les y appelle? Il faut bien prendre garde de ne nous attacher pas

seulement à l'écorce de nos règles, mais à la pratique des solides vertus qui y sont marquées. Il y a plusieurs âmes qui se sont perfectionnées et se perfectionnent tous les jours en suivant les avis qui nous ont été donnés par notre Bienheureux Père. Nous, qui les avons entre les mains, qui les lisons si souvent, qui les devons regarder comme le pain céleste et la doctrine divine qui a été faite pour nous, et nous pour elle, faut-il que, par lâcheté, elle manque d'opérer en nous ce qu'elle opère dans les autres? Mon Dieu, mes chères filles, redressons-nous, je vous prie; soyons saintes de la sainteté de notre Bienheureux Père , qui consiste en une vraie humilité, en l'amour de notre bassesse et abjection, en la cordialité et le respect les unes envers les autres ; car ce sont là les vertus que ce Bienheureux a fidèlement pratiquées et qu'il nous a tant enseignées.

Enfin, mes chères filles, en vous disant à Dieu, je vous recommande derechef cette union les unes envers les autres et que vous soyez très-humbles. Je m'assure que vous ne m'oublierez pas dans vos prières.

(Fait à nos Sœurs d'Autun, en 1626)

SUR LE PUR AMOUR ET LES FRUITS QU'lL FAUT RETIRER DE LA SAINTE

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