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COMMUNION, ETC

Vous demandez, mes chères filles, en quoi consiste le pur amour de Dieu? Il consiste, non pas à connaître le bien, à en parler , ni à le désirer , non plus qu'à ressentir de grandes consolations spirituelles, parce que plusieurs personnes ont tout cela, et ne laissent pas d'être pleines de l'amour d'elles-mêmes,

et vides de celui de Dieu; mais le vrai et pur amour consiste à faire tout ce qu'on connaît être des divines volontés et à bien observer tout ce qu'on a voué et promis, chacun selon son état.

Le pur amour ne peut rien souffrir dans le cœur qu'il possède qui ne soit tout pour lui, et l'âme qui en est vivement touchée , n'adhère plus à la nature.

Celles qui suivent beaucoup leur instinct naturel sont fort éloignées de cette pureté d'amour, d'autant plus que la grâce et la nature, l'amour divin et l'amour-propre, ne peuvent subsister ensemble dans un même cœur, il faut que l'un ou l'autre périsse.

Vous demandez, comment on peut acquérir la défiance de soimême et la confiance en Dieu?

Je réponds, ma fille, que c'est en en produisant souvent les actes, ne nous reconnaissant que de purs néants, nous accoutumant à regarder, en tout ce qui arrive, la volonté de Dieu, qui ne fait rien pour nous qui ne soit pour notre bien. Nous devons tenir fort chères les occasions d'humiliations, contradictions et sécheresses, ainsi que les abandons et répugnances qui sont des moyens que Dieu nous donne, par un amour incomparable, pour nous enrichir et avancer dans les voies de la perfection, si nous en faisons bon usage.

Nous devons veiller surtout à ne point perdre d'occasion de nous anéantir, et embrasser notre abjection, devant être si fervente, en cet amour du mépris, que nous ayons peine à nous empêcher de le désirer et rechercher.

Vous désirez savoir si l'on peut demander à Dieu la délivrance des infirmités corporelles, pour le mieux servir?

Je réponds que non, parce que la souffrance est plus agréable à Dieu que le travail.

[Une Sœur lui demanda comment on doit se comporter parmi les grands désirs qu'on sentait quelquefois de souffrir pour Dieu, dans le temps de V oraison. ]

Je vous dirai, ma chère fille, que quand Dieu donne de semblables désirs, il se faut tenir prête pour embrasser tout ce qui s'offre, quelque crucifiant qu'il soit, sans rien demander ni sans rien refuser, soit consolation ou peine; nous ne pouvons rien faire de plus agréable à Dieu que de nous remettre et résigner entièrement à lui.

Vous me dites (sur une question qu'on lui fit au sujet de la sainte Communion) que vous sentez quelquefois de si grandes froideurs pour Dieu et la vertu que cela vous fait craindre d'en approcher. Nos chères Sœurs , en pareilles occasions, il se faut infiniment humilier et recourir amoureusement à la divine bonté , la suppliant d'avoir pitié de notre misère. Nous devons avoir à tout moment un extrême désir de nous unir à Dieu par le divin sacrement de nos Autels, pour la réception duquel la meilleure disposition consiste en la pure intention que nous ievons avoir de glorifier Dieu et nous unir à lui, et non d'y jecevoir des consolations, goûts et satisfactions.

Il faut encore venir à celte sainte Table avec un esprit de gratitude , renouvelant nos bons propos pour la vertu , singulièrement pour la charité et l'humilité , qui sont les fruits propres des communions bien faites ; et quand nous nous trouverons en sécheresses, dans l'aridité et dans les plus grandes dérélictions possibles, il faut, selon la partie supérieure, de l'âme, en être aussi contente que de toutes les jouissances imaginables, Dieu nous devant suffire pour toutes choses.

Mes chères filles, faites que toutes vos actions soient pour Dieu seul , et qu'en toutes choses votre intention soit d'accomplir sa sainte volonté , c'est là votre grande affaire, tout le reste vous doit être à mépris ; et jamais le désir de rendre à Dieu ce que vous lui devez ne doit sortir, un seul moment, de votre esprit et de votre cœur.

ENTRETIEN LXXÏ

Fait à nos Sœurs de N. , le 16 juillet 1635 )

SUR LA PRUDENCE DANS LES COMMUNICATIONS DE CONSCIENCE, l' ASSIDUITÉ AUX EXERCICES DE LA COMMUNAUTÉ, ET PLUSIEURS POINTS D'OBSERVANCE.

Sur les questions que vous me faites, mes chères filles, je vous répondrais qu'il ne faut jamais parler, dans les communications que Ton fait avec les Pères de religion, des peines que l'on peut avoir envers la supérieure; vous ne savez pas le tort que vous faites ayant recours au dehors, par la communication. Se servir des Pères, c'est le moyen de faire savoir aux autres monastères ce qui se fait au vôtre, d'autant que, passant d'un lieu à l'autre, ils diront, non par malice, mais par liberté, ce qu'ils savent par la communication qu'ils ont eue ave? vous. S'il y a du bien, ils le diront; de même s'il y a du mal, et par là, on s'ôte bien souvent toute la réputation. Je sais tout ce qui se passe dans nos maisons par ce moyen-là.

Vous dites qu'on pense que les Pères sont capables de tout. Quand on a des oraisons extraordinaires, il faut savoir si elles sont bonnes ou mauvaises. Là où il est besoin d'avoir un Père, c'est à la supérieure d'en pourvoir, lorsqu'elle voit des esprits troublés, si elle le juge nécessaire. Bienheureuses seront celles qui se contenteront de ce que leur Mère leur dira! elles seront les plus sages. Celles qui parlent beaucoup aux hommes, et peu à Dieu, sont toujours en inquiétude.

Vous dites, ma fille, que l'on demande quelquefois d'aller faire l'oraison au jardin, en se promenant, pour prendre un peu l'air? Aies chères filles, pour ce qui est de la communauté, il n'y faut faire aucune brèche; fait-on souvent cela? Pourvu

qu'il n'arrive qu'une fois en six ans, ce n'est pas trop. Si l'on a besoin d'air, pendant les assemblées de la communauté, il faut attendre, après l'obéissance, pour en aller prendre, en faisant son ouvrage ; mais, de sortir des communautés, il ne le faut jamais faire que pour des absolues nécessités, et non pour de légères incommodités.

Si une Sœur dit : J'ai mal à la tête.... il lui faut dire : Souffrez votre mal pour l'amour de Dieu; si vous étiez en compagnie, sortiriez-vous si légèrement? Si vous faites cela pour le monde, pourquoi ne le feriez-vous pas pour Dieu? A Annecy, il y avait une Sœur fort travaillée d'une colique et autres incommodités, qui demandait quelquefois congé de sortir de table, pour se désennuyer et pour faire passer son mal. Je le dis à notre Bienheureux Père, qui me dit : « Ma fille, nous » devons souffrir notre mal, partout où nous nous trouvons : la » bonne Sœur est assise, qu'elle s'appuie; elle estavec ses Sœurs, » et entend la lecture qui la peut consoler. » Si on me demande de sortir une fois de la communauté, je le permets; si on me demande une seconde fois, cela m'est ennuyeux; mais la troisième fois, cela m'est insupportable. — A moins que l'on n'ait desdévoiements d'estomac, car, en ce cas, cela est nécessaire.

On prend, des deux noms que l'on a, celui que l'on veut pour communier à la fête du Saint ou Sainte que l'on a choisi , et l'on s'y tient toujours.

A Annecy, on ne donne pas la communion, les petites fêtes, aux Sœurs Tourières, ni le jeudi. La supérieure la leur peut donner les jeudis de Carême, si elle le juge à propos.

La supérieure ne fait pas la mortification de manger par aumône, ni de manger à terre.

Les Sœurs de la seconde table se doivent desservir avant de s'en aller.

Quand la fête de saint Michel se trouve le vendredi, l'on jeûne le samedi, comme dit la règle.

ENTRETIENS LXXÏI

(Faits à nos Sœurs du premier monastère de Paris)

[En 1622, avant de quitter le monastère, la Sainte écrivit les lignes suivantes dans le Livre des Vœux l :]

Mes très-chères Sœurs et filles bien-aiuiées , selon le désir de ma toute chère Sœur Hélène-Angélique [Lhuillier] , et l'affection incomparable que Dieu m'a donnée pour vous, je vais vous dire, en abrégé, trois ou quatre maximes que notre Bienheureux Père nous a recommandées.

La première, que nous fussions totalement dépendantes de la divine Providence et de l'obéissance, recevant de sa part tout ce qui nous arrivera, comme chose voulue de Dieu et disposée pour notre bien, si nous en faisons bon usage.

La deuxième, l'humilité de cœur, qui nous fasse aimer et supporter nos Sœurs très-cordialement, et tous les prochains.

La troisième, que le Bienheureux nous désirait singulièrement, la simplicité et pauvreté de vie, dans l'exacte observance.

La quatrième et dernière, la sainte liberté d'esprit des vrais enfants de Dieu, qui consiste à faire gaiement, fidèlement et de bon cœur, tout ce à quoi notre condition chrétienne et religieuse nous oblige; mais avec cette condition, que lorsque l'obéissance, la charité ou la nécessité le requerront, notre cœur se trouve toujours dégagé de tout, pour suivre la volonté de Dieu, reconnue par l'un de ces trois moyens.

1 Le dernier chapitre de notre Sainte fondatrice au premier monastère de Paris, est à la page 157, exhortation IX, Derniers adieux de la Sainte à une communauté.

Celte pratique vous affranchira des surprises de la fausse liberté, qui nous fait suivre nos inclinations naturelles, au préjudice de la vertu et de l'observance ; Dieu nous en garde.

Vivez donc humblement et simplement, mes très-chères filles, selon la lumière des saintes instructions dont notre Institut est tout rempli, et demeurez en la sainte paix de Notre-Seigneur, n'ayant qu'un cœur et qu'une âme en lui. Je supplie sa Bonté de vous bénir de sa grâce, et me tenir au souvenir de vos prières et de votre chère amitié; vous assurant que je vous emporte toutes dans mon cœur, comme mes Sœurs très-chéries et mes filles cordialement et tendrement aimées, en Notre- Seigneur.

Sœur Jeanne-Françoise Frémyot

[En une autre visite, cette sainte Mère dit les paroles suivantes :]

Concevez bien, mes filles, que l'esprit de l'Institut est un esprit sincère, droit et épuré, qui ne cherche que Dieu, et qui tend continuellement à son union, indépendamment de tout, excepté du divin bon plaisir; qui s'élève au-dessus de soi-même, pour n'aimer que Lui, sans avoir désir d'être aimée et estimée, ni qu'on suiue nos inclinations; cela serait indigne des âmes si chéries de Dieu et qui le goûtent dans l'oraison; car la vie religieuse nous oblige de tendre à la plus haute perfection. Ne perdons jamais la vue de l'éternité; car, comme m'a dit souvent Monseigneur de Genève : Les fautes de nos filles viennent de ce quelles n'y pensent point et n'en parlent point assez.

Dans l'oraison, nous nous plaisons en Dieu; et, dans la mortification, Dieu se plaît en nous. Soyez petites, mes trèschères Sœurs, aimez à être inconnues et abjectes : soyez obéissantes, douces et condescendantes; que votre lâcheté ne mette point d'obstacles aux desseins que Dieu a de vous sanctifier

hautement. Souvenez-vous qu'en vous établissant, il a prétendu avoir des filles très -humbles et très-petites en son

Eglise.

En cn autre entretien, la Sainte a dit :

J'airne et chéris plus que jamais la petitesse et bassesse [ce qu'elle disait avec un si profond sentiment d'humilité , quil semblait qu'elle se voulait toute abîmer dans le néant. Rien ne lui était plus pénible comme de souffrir les louanges. Une fois, entendant quelques paroles d'estime que les Sœurs disaient à son sujet, elle dit tout bas à notre chère Sœur Hélène- Angélique : ] Mon Dieu, ma fille, si vous saviez combien cela me fait de peine! Puis elle répéta : C'est notre esprit propre que l'amour à la petitesse et bassesse , en ne se produisant point pour faire les choses dont on n'a point de charge, et n'évitant point aussi celles où l'obéissance désire nous employer. La véritable pauvreté d'esprit consiste à n'avoir, et à ne vouloir que Dieu seul, sans se réserver aucune autre chose.

Nous devons être des filles dépendantes de la divine Providence, recevant toutes sortes d'événements de son amoureuse main.

Lorsqu'on regarde les occasions de peines et contradictions en elles-mêmes, c'est faire, sans comparaison, comme les chiens qui mordent la pierre, sans regarder le bras qui la leur a lancée, et c'est empêcher les desseins de Dieu sur nous, qui sont de nous faire pratiquer la douceur de cœur et mille autres vertus dans cette contradiction qu'il permet exprès par amour. Celles qui sont fidèles jusqu'aux moindres choses de l'observance, ont beaucoup à espérer et rien à craindre.

Si une Sœur nous dit quelque parole qui témoigne ne pas estimer quelque légère ordonnance, pour être peu de chose, il lui faut répondre bien cordialement : Ma chère Sœur, Noire-

Seigneur dit que, si nous ne sommes faits comme petits enfants, nous n'entrerons pas au royaume des deux.

[Une autre fois, la Sainte recommanda surtout l'union des cœurs et la conformité de vie, dans une parfaite observance.]

. . .Ah ! mes chères Sœurs, notre bien-aimée Visitation est un petit royaume de charité ; si l'union et sainte dilection n'y fait son règne, il sera bientôt divisé, et par conséquent désolé, perdant son lustre que toutes les inventions de la prudence humaine ne lui sauraient redonner, parce qu'étant destituées de charité, elles ne sont que superficie et apparence au dehors, vides de substance et de véritable solidité, malheur que notre Bienheureux Père disait n'être pas capable de souffrir ; et, moi, mes chères filles, je donnerais mille cœurs et mille vies pour l'éviter, et perpétuer cette sainte et agréable union, qui s'est pratiquée avec tant de bonheur, de suavité, et de sainte déférence jusqu'à présent. Prions donc toutes ensemble l'Esprit d'amour, unisseur des cœurs, qu'il nous accorde cette étroite et amoureuse liaison à Dieu, par une totale dépendance de notre volonté à la sienne : entre nous, par une parfaite dilection et réciproque union de cœur et d'esprit; à notre petit Institut, par une mutuelle et ponctuelle conformité de vie et d'affection, sans qu'il soit jamais parlé entre nous de tien et de mien, nous employant amiablement les unes pour les autres, à la plus grande gloire de Dieu et utilité de chaque monastère.

[ Puis elle répéta plusieurs fois ces paroles : ] Croyez , mes chères Sœurs, que ce moyen de charité, amitié, et réciproque bienveillance, est plus fort, plus doux, et plus indissoluble que nulle subordination qui porte obligation de contrainte, si la même charité ne les anime; et, si elle y règne, tous ces moyens ne servent qu'à nuire à la sainte liberté des enfants de Dieu ; non pas que je veuille dire une liberté qui suit sa propre

volonté, car elle n'est pas celle des enfants de Dieu ; mais j'entends la liberté qui s'unit à la divine volonté, librement, suavement, et, s'il faut user de ce terme, passionnément, parce que c'est le bon plaisir de Celui pour lequel et auquel notre unique contentement est de plaire.

[Le 11 novembre 1641 , avant de quitter le monastère pour la dernière fois , la Sainte, après avoir fait lire dans le Livre des Vœux ce quelle même y avait écrit en 1622 , ajouta : ]

Voilà, mes chères Sœurs, les choses qui m'ont semblé plus importantes; mais, pour dire quelque chose de plus particulier, ce que je vois d'ordinaire de plus nécessaire, c'est la vertu d'obéissance, car, pour l'obéissance, il faut qu'elle subsiste et elle subsistera ; mais, pour la vertu qui nous rend dépendantes de la souveraine Providence, et qui fait que nous ne regardons que Dieu en ceux qui nous conduisent, c'est ce qui manque bien souvent, et l'on verra, quelque jour, bien des obéissances vides devant Dieu. C'est pourquoi, mes Sœurs, rendez votre obéissance solide et véritable, ne regardant que Dieu.

Quand une supérieure serait jeune, sans expérience, brusque et semblables, ce qui n'est pas, grâce à Dieu, il lui faudrait obéir aussi parfaitement qu'à une autre. Au contraire, quand une supérieure serait la plus aimée, la plus aimante, la plus parfaite, une sainte, si vous voulez; si c'est à cause de ses bonnes qualités que vous lui obéissez, je vous dis que votre obéissance est vide devant Dieu, et que vous sortez de sa conduite. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est notre Bienheureux Père en ses Entretiens. Je vous exhorte de les lire bien attentivement, surtout celui de l'obéissance. Je vous prie, mes Sœurs, quelle obéissance serait-ce d'obéir à l'une et non pas à l'autre? A qui avez-vous fait votre vœu d'obéissance? Ce n'est pas à Monseigneur l'archevêque et à ceux qui lui succéderont- ce n'est pas

à moi, qui ai été votre première supérieure, ni aux supérieures subséquentes que vous aurez; c'est à Dieu, que vous devez regarder également dans toutes. C'est pourquoi, bien que Ton doive grand respect, humilité et déférence à la Mère déposée, nous en devons, je ne dis pas également, mais incomparablement plus à la nouvelle Mère, contournant notre cœur et notre affection à celle que nous avons présentement.

La deuxième chose que j'avais à vous dire, et que je trouve bien considérable, c'est ce que notre Bienheureux Père dit dans la constitution du compte de tous les mois : les paroles de cette constitution sont si pleines, et nous montrent si bien la sincérité et candeur avec laquelle nous devons nous découvrir à la supérieure, qu'il n'y a rien à ajouter, que la pratique. Notre Bienheureux Père n'a mis la béatitude qu'à cette constitution seule, bien qu'elle soit à toutes les autres. Bienheureuses, dit-il, seront celles qui pratiqueront naïvement et dévotement cette constitution; étant bien observée, elle remplira le paradis d'âmes. Que si ces paroles sont si expresses pour la reddition de compte , à plus forte raison pour la confession, qui est un si grand et si saint sacrement, où nous recevons la rémission de nos péchés, et où le mérite du sang d'un Dieu nous est appliqué. Mes Sœurs, c'est un si grand sacrement, qu'il ne m'appartient pas d'en parler; mais je supplie nos Sœurs les supérieures de faire faire de temps en temps des entretiens à leurs filles, pour leur apprendre avec quelle humilité, simplicité, candeur, clarté, et révérence, et crainte de faillir, elles se doivent approcher d'un si grand sacrement. J'ai fait faire un petit recueil de ce que notre Bienheureux Père a dit de la confession. Cela était dans les Entretiens et n'a pas été imprimé, je ne sais pourquoi; mais, puisqu'il est sorti de son esprit, je désire qu'il entre dans les nôtres.

La troisième chose que je vous souhaite, c'est la sainte union ; gardons-nous bien de jamais dire une seule parole,

même petite, qui puisse tant soit peu causer de désunion des Sœurs avec la supérieure, ou des unes envers les autres, ni amoindrir l'estime réciproque ni de tous les prochains. Et, quand on en a dit, il s'en faut dédire et réparer ce manquement; car, si les personnes du monde sont obligées de restituer, et si elles n'entrent point en paradis qu'elles n'aient payé jusqu'au dernier sol du bien mal acquis, à plus forte raison sommes-nous obligées de restituer l'honneur, qui est bien plus précieux et considérable que les biens temporels. Je vous prie, mes Sœurs, prenez garde à ceci; ne parlez jamais du prochain qu'avec estime : « C'est l'arbre de science auquel il ne nous est point permis de toucher » , disait notre saint Fondateur.

[En sortant, la Sainte ajouta :] A Dieu, mes chères filles, je vous emporte toutes dans mon cœur, et cela est vrai. Demeurez toujours dans une sainte union les unes envers les autres, et conservez ce que Dieu vous a donné, par une exacte observance.

Je prie sa sainte Mère qu'elle soit votre vraie Mère et Directrice.

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