‹ Œuvres diversesChapitre 136 sur 281 · DE LA FIN POUR LAQUELLE NOUS SOMMES CREES · texte numérisé non relu

DE LA FIN POUR LAQUELLE NOUS SOMMES CREES

PREMIER POINT

Considérez, que Dieu nous a faits à son image et semblance, et il nous a créés tels, afin que nous l'aimions. Il est si vrai que notre cœur est créé pour aimer son Dieu, qu'aussitôt qu'il pense un peu attentivement à la Divinité, il sent une certaine douce émotion qui témoigne que Dieu est le Dieu de notre cœur.

DEUXIÈME POINT

Considérez, que si Dieu n'eût pas créé l'homme, il eût été véritablement tout bon, mais il n'eût pas été actuellement miséricordieux , d'autant que la miséricorde ne s'exerce qu'envers les misérables. Oh! la douce consolation! le soleil est créé pour éclairer, le feu pour brûler, et ainsi des autres créatures; mais vous, ô mon âme! pauvre et chétive, c'est afin que vous soyez le théâtre de la divine miséricorde.

TROISIÈME POINT

Considérez encore que vous êtes créée pour vous acheminer continuellement à Dieu; les fleuves coulent incessamment et, comme dit le Sage, retournent au lieu duquel ils sont issus : « O Dieu! dit saint Augustin, vous avez créé mon cœur pour )j vous, et jamais il ne sera en repos quHl ne soit en vous; oui, » Seigneur, car vous êtes le Dieu de mon cœur, mon lot et » mon partage éternellement. »

Première affection. — Rendez grâce, ô mon âme! à ce divin Maître et auteur de la nature, qui vous donne journellement autant de secours qu'il vous est nécessaire, pour vous acheminer

à la fin pour laquelle il vous a créée, qui est pour l'aimer. Ecriez-vous donc : Ah! je ne suis pas faite pour ce monde, il y a un Ouvrier souverain qui m'a faite pour lui, il faut donc que je tende et me rende vers lui, pour m'unir et joindre à sa bonté à laquelle j'appartiens.

Deuxième affection. — Oh! la douce et désirable rencontre que l'affluence de mon Dieu, et mon indigence! Ah ! que je suis heureuse d'être mise au monde pour une fin si excellente, que pour mieux faire voir l'excès d'une bonté si souverainement charitable !

Troisième affection. — Oh! vous tous qui êtes sur la terre, vous êtes pèlerins et créés pour dire avec saint Augustin : « 0 » désirer, ô aimer, ô marcher, ô parvenir à Dieu! » Sus, tirons à notre Cité permanente, et au lieu de notre repos. Nos cœurs doivent être comme les enfants de Jonadab qui n'osaient se bâtir des maisons en cette terre. O âme religieuse ! secouez toute cette poudre terrestre de vos pieds, car la terre sur laquelle vous cheminez est sainte , et le lieu où vous voulez arriver est tout sanctifié.

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