DU PARADIS
PREMIER POINT
Considérez, que Dieu étant plus enclin à la rémunération qu'au supplice , donnera une gloire infinie à ses Bienheureux qu'il placera en son triomphant Royaume. Oh! que ce lieu est délectable; c'est un lieu plein d'ornement, de splendeur et de gloire. « 0 Cité de Dieu! sainte Jérusalem, dit saint Augustin, m que mon âme serait heureuse si elle méritait de regarder ta » gloire, ta beauté, tes portes, tes murs, tes rues; tes maisons
v sont de pierres précieuses, tes po?*tes de fines perles, tes rues » d'or très-pur; rien n'entre en toi qui ne soit très-net; bref, » sainte Jérusalem, tu es très-belle et suave en délices. »
DEUXIEME POINT
Considérez, qu'il fait bon voir cette Cité, où le grand Roi sied en sa Majesté, entouré de tous ses Bienheureux serviteurs; là sont les troupes d'anges qui chantent des hymnes, et la compagnie des citoyens célestes; là se trouvent la vénérable troupe des prophètes, le sacré nombre des apôtres, le victorieux exercite des innombrables martyrs, l'auguste rang des pontifes, le le sacré troupeau des confesseurs, les vrais et parfaits religieux, les saintes femmes, les humbles veuves, les pures vierges. La gloire de chacun n'est pas égale, mais toutefois ils reçoivent tous un même et pareil plaisir, car là règne la pleine et parfaite charité.
TROISIEME POINT
Considérez que , pour une éternité , ces âmes fortunées sont jouissantes de ce bonheur que Dieu se donne tout à tous , et le Fils Eternel dit bénignement à son Père : « Mon Père, je veux y- que ceux-ci que tu mas donnés, demeurent éternellement avec « moi, et voient la clarté que f ai eue de toi avant la constitu- 55 tion du monde. •>•> Et il s'adresse à ses chers enfants : « Vous 55 avais-je pas dit que qui ni> aimerait, serait aimé de mon Père, 55 et que nous nous manifesterions à lui? » Lors cette sainte compagnie, abîmée de plaisir dans le sein de la divinité, chante l'éternel Alléluia de réjouissance et de louange à son Créateur.
Première affection. — Je vous salue de loin, ô ma très-sainte Mère Jérusalem, pleine de toute beauté, illuminée du soleil de justice, et de laquelle le blanc et immaculé Agneau est la belle et resplendissante lumière, sa clarté et tout son bien. O Dieu
de la vie! que vos palais sont souhaitables; c'est le lieu où vous répandez tous vos délices. Ah! chétif moment de cette vie, je ne vous puis aimer, sinon en tant que vous m'aidez à cheminer à oette sainte éternité. Ah! que la terre m'est ennuyeuse, et ses plaisirs me déplaisent, quand je jette mes yeux vers toi, ô mon aimable Sion!
Deuxième affection. — Bienheureux courtisans de ce grand O&ai,, vque vous éprouvez bien maintenant, en la joie de votre Seigneur, que qui est fidèle en peu est constitué sur beaucoup! Hélas! répondez-moi, par quel chemin êtes-vous parvenus en •cet heureux séjour? par la patience, par la foi, par l'espérance, par la douceur, et tous par la charité et humilité. Je suis cabas pour monter sur les mêmes échelons des saintes vertus; tendez-moi la main de votre secours, crainte que ma faiblesse ne me fasse plutôt trébucher en bas , que monter en votre désirable et belle compagnie.
Troisième affection. — Courage, mon âme, travaillons et combattons; ce beau Royaume ne se donne qu'aux vainqueurs : mais, mon Dieu, vous êtes ma béatitude, je vous veux donc chercher, vous, Dieu du paradis, et non le paradis de Dieu. Ah! quelle grâce de voir à jamais l'Epoux en son midi, le Seigneur face à face, l'aimer et le bénir éternellement!