‹ Œuvres diversesChapitre 148 sur 281 · QUATORZIÈME MÉDITATION · texte numérisé non relu

QUATORZIÈME MÉDITATION

SUR LA GRACE INCOMPARARLE QUE NOUS AVONS D'ÊTRE FILLES DE LA TRÈS-SAINTE ÉGLISE.

PREMIER POINT

Considérez, que Jésus-Christ est venu en ce monde pour bâtir sa sainte Église catholique, mère de tous les enfants de salut; c'est une œuvre si excellente, que lui-même en devait être l'ouvrier : « Pierre, dit-il, tu es Pierre, et sur cette Pierre fédiv fierai mon Église, et les portes de l 'enfer ne prévaudront point » contre icelle. »

DKUXIEME POINT.

Regardez la majesté et sainteté de cette Église : Jésus en est le chef , elle est l'unique Épouse; qui n'est enfant de celte sainte

Mère ne peut être enfant de Dieu. Oh ! qu'elle est riche ! les clefs du Ciel lui sont données, les Sacrements sont ses trésors, et la Jérusalem triomphante est sa propre sœur.

TROISIKMK POI.VT.

Considérez l'excellente grâce que Dieu vous a faite de vous rendre filles de cette Eglise; c'était toute la gloire des Saints. Je ne me prise de rien, disait sainte Catherine, « sinon d'être » chrétienne; » et un autre marlyr chantait en mourant « Je » suis fils d'une mère, la très-sainte Eglise, dont les vrais enfants » ne meurent jamais; » sainte Thérèse ne pouvait assez reniercier Dieu d'être fille de son Eglise.

Et mon saint Fondateur tenait pour sa félicité en ce monde d'employer ses travaux et sa vie au service de cette vraie Epouse de Jésus-Christ : Ah ! disait-il , « que je sens mon courage incom- » parablement animé pour servir plus fidèlement que jamais m V Eglise du Dieu vivant l, et le Dieu vivant de T Eglise. » Bref, tous les saints n'avaient point d'autre bonheur, et se consumaient de reconnaissance ; et possible vous n'avez jamais pensé à rendre grâce à Dieu d'un bénéfice si érninent.

Première affection. — Seigneur, quand mon cœur se fondrait d'amour et d'actions de grâces envers vous de nous avoir bâti cette sainte Eglise, encore ne ferais-je pas mon devoir; quand je la considère, je ne puis m'empêcher de dire avec David : « Bénie soit t œuvre des mains de mon Dieu, et bénis soyons-nous » à jamais dans son œuvre ! »

Deuxième affection. — Je vous salue, unique colombe sans tache, colonne de toute fermeté, maison du Roi, mère toute bénigne, qui reçoit les pécheurs repentants et les réconcilie avec Dieu, Mère toute douce, qui nourrit ses enfants du Pain de vie et les abreuve du sang même de l'Epoux. Eh! que je veux aimer ma vocation religieuse! Certainement, mon Dieu, je crois que

vous ne me Pavez donnée qu'afin que je me rendisse plus digne d'une mère si digne : ô sainte Epouse du divin Epoux î je veux, moyennant sa grâce, embrasser toutes vos maximes, honorer toutes vos saintes cérémonies, et boire votre doctrine comme un breuvage de salut.

Troisième affection. — Mon âme, confondez-vous; ah1 Seigneur, qui suis-je, que vous m'avez mise dans ce Tabernacle des justes, parmi la troupe de vos divins apôtres, de vos sacrés martyrs, de vos vénérables pontifes et confesseurs, de vos trèspures vierges, et de tous vos bien-aimés élus? Je confesse, mon Dieu, que c'est la grâce des grâces, et que votre seule grâce m'a donnée. O sainte troupe des élus de mon Seigneur Jésus, ah! qui me fera cette faveur, sinon lui, par vos prières, que je ne me rende pas indigne de votre société, mais que plutôt en ce monde, comme fille généreuse de l'Eglise militante, je ne cesse de me combattre moi-même, et de faire des ascensions de vertu en mon cœur, jusqu'à ce que j'arrive en la triomphante Jérusalem , en votre douce compagnie !

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