‹ Œuvres diversesChapitre 15 sur 281 · ET QU'ELLE ORDONNA ÊTRE MIS SUR ELLE DANS LE CERCUEIL · texte numérisé non relu

ET QU'ELLE ORDONNA ÊTRE MIS SUR ELLE DANS LE CERCUEIL

Sur le sachet qui enveloppait les papiers était cousue une image de la Sainte Vierge, au bas de laquelle était cette inscription :

« A la très-sainte et très-adorable Trinité, Père, Fils et Saint- Esprit, un seul et vrai Dieu très-unique, soit louange, gloire et bénédiction aux siècles des siècles, Amen, mon âme dit ces paroles de cœur. »

Dans l'enveloppe se trouvaient deux papiers : l'un, écrit par notre Bienheureux Père; l'autre, par notre très-digne Mère. Voici le papier du Bienheureux écrit de sa bénite main.

« Je, François, Evêque de Genève, accepte, de la part de Dieu, les vœux de chasteté, obéissance et pauvreté, présentement renouvelés par Jeanne-Françoise Frémyot, ma très-chère fille spirituelle, et après avoir moi-même réitéré le vœu solennel de perpétuelle chasteté, par moi fait en la réception des Ordres, lequel je confirme de tout mon cœur. Je proteste et

Environ cent ans après la mort de la Sainte, ces papiers furent retirés de la poussière du tombeau par nos anciennes Mères. Ils sont encore précieusement conservés en ce premier monastère de la Visitation d'Annecy; mais ils sont malheureusement indéchiffrables.

Après le décès de la Sainte, nos Sœurs de Moulins copièrent fidèlement tous ces papiers; nos Sœurs de Nevers possèdent aujourd'hui cette préciectse copie; en voici le texte.

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promets de conduire, aider, servir et avancer ladite Jeanne- Françoise Frémyot, ma fille, le plus soigneusement, fidèlement, et saintement que je saurais, en Pamour de Dieu et perfection de son âme, laquelle désormais je reçois et tiens comme mienne, pour en répondre devant Notre Sauveur, et ainsi je le voue au Père, Fils et Saint-Esprit, un seul vrai Dieu, auquel soit honneur, gloire et bénédictions es siècles des siècles. Amen.

55 Fait en élevant le très-saint et adorable Sacrement de l'Autel, en la sainte messe, à la vue de sa divine Majesté, de la Très-Sainte Vierge Notre-Dame, de mon Ange et de celui de ladite Jeanne-Françoise Frémyot, ma très-chère fille, et de toute la cour céleste, le 22e jour d'août, octave de l'Assomption de la même très-glorieuse Vierge, à la protection de laquelle je recommande de tout mon cœur ce mien vœu, afin qu'il soit à jamais ferme, stable et inviolable.

55 Vive Jésus. Amen.

55 François, Evêque de Genève l . 55

Au même papier est écrit en marge, de la main de notre très-digne Mère :

« 0 très-adorable et souveraine Trinité! qui de toute éter-

I II ne faut pas confondre ce vœu de saint François de Sales avec la simple promesse qu'il fit, en 1604, d'accepter la charge de la conduite spirituelle de ta sainte. (Voir les Mémoires de la Mère de Chaugy, p. 62.)

II est certain que saint François de Sales n'a pu faire ce vœu le 22 août de l'année 1604, comme l'assurent quelques écrivains de ce siècle, puisque, dans la formule de ce vœu, le Saint dit : J'accepte les vœux de chasteté, obéissance et pauvreté, présentement renouvelés par J.-F. Frémyot, etc

Or, la sainte ne pouvait pas, le 22 août 1604, renouveler le vœu d'obéissance, qu'elle ne fit que le 25, jour de saint Louis; encore moins pouvait-elle renouveler le vœu de pauvreté, qu'elle ne fit que le 22 août 1611. Ainsi, leva?» ci-dessus de Saint François de Sales n'a pu être fait avant le mois d'août 1611, époque où la Sainte fit, pour la première fois, un vœu de pauvreté, et renouleva ses vœux de chasteté et d'obéissance, peu avant son départ pour la Bourgogne, comme l'attestent les Mémoires de la Mère de Chaugy, page 154.

nité, par votre incompréhensible miséricorde sur moi, m'avez destinée au bonheur d'être conduite par votre très-humble et très-saint serviteur, le bienheureux François de Sales, mon vrai Père très-cher; faites, ô très-douce bonté! que ce vœu ne soit point terminé et fini par son départ de cette vie mortelle, mais qu'il me continue son soin et sa direction paternelle, jusqu'à ce qu'il m'ait conduite et introduite dans vos célestes Tabernacles, après lesquels je soupire incessamment, par le mérite de la Passion de mon Sauveur. Que, si cette prière n'est convenable et agréable à votre divine Majesté, je veux ne l'avoir point faite, reconfirmant aujourd'hui, en la présence du divin Sacrement de votre vrai Corps, les vœux que j'ai faits à la très-sainte Trinité, entre les mains de ce mien Père, et l'entier dépouillement de moi-même, ainsi que je le fis sans aucune réserve le mercredi devant la fête du Saint-Esprit 1616. N'exceptant ni réservant aucune chose, rien, rien, rien du tout, ains de toutes mes forces, de toutes mes affections, de toute mon âme et de tout mon cœur, je m'abandonne, je me consacre et sacrifie, absolument, entièrement, et irrévocablement à votre trèssainte, très-adorable et très-aimable volonté, afin que tout ainsi qu'il lui plaira elle fasse de moi, pour moi, et en moi, son bon plaisir.

» Voilà, mon doux Sauveur, ma dernière et finale résolution, voulant demeurer à jamais entre vos bénites mains, nue de tout ce qui ne sera point vous-même, me confiant, reposant et délaissant de tout mon cœur aux soins de l'amour éternel que votre divine Providence a pour moi, me rendant pour cela fidèle aux derniers documents qu'il vous plut de donner au temps susdit par votre Bienheureux Serviteur. O mon grand Dieu ! vous voyez mon cœur, que je n'ai d'autre désir que d'accomplir ces mêmes résolutions, mais vous savez mon infirmité et impuissance; mais de cela même je me repose en vous, confessant que je ne peux rien, et ne veux avoir aucune con-

fiance en moi-même, à laquelle je renonce pour jamais, me confiant pour toutes choses en votre amour et aux mérites de votre très-sainte Passion; et vous promets encore, mon Dieu, moyennant votre divine grâce, de me rendre affectionnée et fidèle, quoique sans souci, à l'observance de toutes les choses que mon saint Père m'a enseignées, surtout à ma règle, vous laissant le soin entier de moi-même et de toutes les affaires qu'il vous plaira me commettre. 0 mon doux Sauveur! n'ai-je point fait contre la révérence que je dois au caractère de votre Saint d'avoir osé insérer ceci, dessus?

5) Hélas ! s'il vous déplaît, je vous supplie de l'effacer, et me pardonner, comme aussi toutes mes offenses et les manquements d'obéissance et de respect que j'ai trop commis, quoique non volontairement, envers votre Serviteur. 0 mon Dieu ! vous savez mes misères et mes défauts, je les prends tous et les cache dans vos plaies très-honorées, vous suppliant de les effacer et de me rendre éternellement toute vôtre, par une étroite et indivisible union à votre sainte volonté. Ma très-douce Mère, mettez dans le Cœur de votre Fils cette indigne fille et ses résolutions, afin qu'elles soient éternelles, je vous en supplie par l'entremise de tous les Saints, mais en particulier de votre fils adoptif saint Jean l'Evangéliste, et de votre fils de cœur, mon glorieux Père, le Bienheureux François de Sales, que je prends aujourd'hui pour mes deux spécials protecteurs.

» Fait, le jour de la sainte Présentation de la sainte Mère de Dieu, en présence de toute la cour céleste, et de mon très-saint Ange Gardien. Ainsi soit-il.

55 Vive Jésus ! vive Marie ! le seul espoir de ma vie. Mon Dieu, vôtre, vôtre, vôtre, pour jamais irrévocablement.

« Sœur Jeanne-Françoise FREMYOT,

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