SON AMOUR POUR LE PROCHAIN
Ad vigesimum septimum respondit :
Je dis que c'est une vérité notoire, publique, et connue de tous ceux qui ont fréquenté notre Bienheureux, qu'il a été rempli d'une très-parfaite , très-excellente et accomplie charité envers le prochain. J'assure sans nulle crainte, comme je le crois, qu'il a eu cette vertu à un degré des plus éminents, et qu'il l'a pratiquée fidèlement jusqu'à l'extrémité de sa vie avec très-grande perfection. Car, environ dix-neuf ans que j'ai eu le bien de le fréquenter particulièrement, tant devant que d'être religieuse, que depuis, jamais je n'ai entendu ni connu qu'il ait manqué de faire tout le bien et le service qu'il a su ou pu faire au prochain. Il ne s'épargnait en rien pour cela. Je sais, et en ai plus vu et expérimenté que je n'en puis dire.
Ce Bienheureux aimait Dieu en l'homme , et l'homme en Dieu, et disait que hors de Dieu, il ne voulait être rien à personne, ni que personne lui fût rien. Il abondait en dilection,
DÉPOSITION POUR LA CANONISATION Diï S. FRANÇOIS. 127
selon la vérité et la variété de ce vrai amour qu'il avait aux âmes; « Car il a plu à Dieu de faire ainsi mon cœur, disait-il ; » je le veux tant aimer, ce pauvre prochain, je le veux tant » aimer; il m'est avis, toutefois, que je n'aime rien du tout que » Dieu, et toutes les âmes pour Dieu, et que ce qui n'est point n Dieu ou pour Dieu ne m'est rien. »
Une fois il m'écrivit : « Quand sera-ce que nous serons tout » détrempés en douceur et suavité envers le prochain? Quand » verrons-nous les âmes de nos prochains en la sacrée poitrine » du Sauveur? Hélas! qui le regarde hors de là, il court fortune » de ne l'aimer ni purement, ni constamment, ni également. Mais 5) là qui ne l'aimerait? qui ne le supporterait? qui ne souffrirait » ses imperfections? qui le trouverait de mauvaise grâce? qui le » trouverait ennuyeux? car il y est ce prochain, il est dans le » sein et dans la poitrine du divin Sauveur, il y est comme très- » aimé et tant aimable que l'amant meurt d'amour pour lui. »
Et même il m'a dit une fois sur le sujet de la contagion que l'on craignait, que si elle se mettait dans cette ville, il n'en bougerait point, mais demeurerait ferme pour servir et secourir les âmes des pauvres pestiférés; me racontant comme il s'artillerait et se conduirait en cette occasion.
Le même jour, 28 juillet, à trois heures après midi, elle a continué en ces termes sa déposition sur le vingt-septième article.
Je dis aussi, sur le même article vingt-septième, qu'une dame de qualité qui s'était mal conduite désira avoir sa retraite en une de nos maisons; j'en demandai l'avis à notre Bienheureux; il me répondit : « Il ne me faut point demander conseil 3) pour cela, car je suis partial pour la charité. » C'est une vérité connue de tous, manifeste à tous, que jamais il ne rejetait personne, pour misérable pécheur que ce fût; il donnait souvent
de bonnes aumônes à des femmes débauchées pour les retirer du péché. Quand quelques-unes retombaient en leur malheur, et qu'après elles recouraient à lui , il les recevait avec son accoutumée débonnaireté; quand ses domestiques lui disaient que c'était temps et argent perdus, ce Bienheureux leur répondait que la misère était grande, mais que tandis que l'on pouvait espérer la conversion des pécheurs, il leur fallait aider.
Une fois une de nos novices, sœur laie, se mit en tête d'avoir le voile noir. Je ne pouvais me résoudre qu'on y condescendît, je demandai avis à notre Bienheureux, il me répondit : Où leur humilité leur manque, il faut que notre charité abonde.
D'où par ces exemples on voit clairement que l'amour que ce Bienheureux portait au prochain était un amour de parfaite charité, par cette égalité qu'il avait de les servir tous sans aucune différence, autant le pauvre que le riche; ce lui était tout un, pourvu que Dieu fût également glorifié.
Plusieurs croient, et je suis de ce nombre, qu'il a consommé et abrégé sa vie pour cette charité et satisfaction du prochain ; car souvent il quittait le boire et le manger et le dormir pour cela, il souffrait des travaux et incommodités insupportables à tout autre qu'à lui, et je le sais.
Ce Bienheureux disait que jamais il ne fallait refuser au prochain le bien et la consolation qu'on lui pouvait donner. Quand on lui représentait qu'il ne pouvait durer longuement en ce grand travail, et qu'il nuisait à sa santé , il répondait doucement, que dix ans de vie de plus ou de moins n'étaient rien. Bref, ce Bienheureux avait, autant qu'il était possible, un soin universel et non pareil de tout ce qui touchait le bien et le soulagement du prochain sans nulle exception. Ceux qui demeuraient continuellement avec lui, témoigneront particulièrement le continuel exercice où il était pour cela.
Jamais ce Bienheureux ne fit refus à personne, à quelle heure que ce fut; quelque affaire importante qu'il eût, il ne
donnait quasi jamais congé à ceux qui le venaient voir, ni le montrait d'avoir aucun ennui, ni dégoût de leur conversation; et quand on le conjurait [censurait] sur cette grande facilité qui lui faisait perdre le temps, disait-on, avec des personnes de peu de considération, et pour des choses de peu d'importance, ce Bienheureux répondait doucement : « Ces petites gens que » vous dites de peu de considération ont autant de besoin d'être » écoutés et aidés en leurs affaires, que les grands aux leurs, a Si une ame est autant troublée d'une chose de rien, qu'une » autre le serait d'une grande affaire, faut-il pour cela laisser » de la soulager et renvoyer satisfaite. Aussi importantes sont » les petites affaires aux pauvres gens, que les grandes aux » grands. Ne sommes-nous pas, disait-il, débiteurs à tous? » ils viennent chercher la consolation; ne la leur faut-il pas » donner? »
Ce Bienheureux donc recevait toutes sortes de personnes avec un visage si gracieux et débonnaire, et des paroles si affables, que bien qu'il fût grandement grave et majestueux, l'on ne laissait toutefois de l'aborder et lui dire tous ses besoins avec une entière confiance; et jamais qu'on ait ouï dire, aucun ne s'en est retourné d'auprès de lui qu'avec satisfaction, et un amour plein de respect et d'estime de son incomparable bonté et charité.
Enfin il n'est pas possible de dire en combien d'occasions il exerçait ce service et support du prochain, duquel il ne témoignait jamais du dégoût ni mésestime: et pour la rusticité il ne faisait pas semblant de la voir. Souventefois je l'ai vu que pour aider et consoler quelques personnes, il supportait des niaiseries et mauvaises humeurs tout à fait impertinentes. Il semblait que ce Bienheureux ne vivait que pour le service et consolation du prochain.
J'ai appris du confesseur de ce Bienheureux, que quand il voyait des pauvres gens sur sa galerie, ou en sa cour, lorsqu'il m. 9
sortait, il allait vers eux, prenait leurs papiers pour les faire . expédier; que s'il était en compagnie de personnes de qualité, il leur envoyait un des siens, et commandait qu'ils fussent promptement dépêchés.
Quand notre Bienheureux ne pouvait accorder ce qu'on désirait de lui, pour n'être pas juste, il en témoignait un certain déplaisir, par des paroles si obligeantes, qu'on était satisfait de son refus.
Il disait qu'il fallait avoir un grand soin de ne fâcher ni incommoder personne; qu'il eût voulu obliger tout le monde, ce qu'il a fait en toutes les occasions qu'il a pu; mais que tant qu'il pouvait, il ne s'obligeait à personne.
Ce Bienheureux assistait aussi le prochain de ses moyens, bien qu'ils ne fussent pas grands; toutefois, Dieu lui donnait telle bénédiction que c'est chose quasi-miraculeuse, comme il pouvait fournir à l'entretien de sa famille épiscopale, qui était fort honorable, et aux continuelles aumônes et hospitalités qu'il faisait. Il logeait tous les religieux passants qui n'avaient point de maison à la ville, et plusieurs ecclésiastiques qui venaient ici pour diverses occasions. Ce Bienheureux faisait cette charité avec un amour si grand, qu'il ravissait le cœur de toutes ces personnes; il avait un soin très-grand qu'elles fussent bien traitées et servies honorablement.
L'aumône générale se faisait deux fois la semaine, en son logis, le lundi et jeudi, outre l'aumône quotidienne; et en certaine saison de l'année, qui était plus étroite, il ordonnait de la faire plus ample. Plusieurs personnes dignes de foi et témoins oculaires, même son aumônier ordinaire, assurent que notre Bienheureux ne refusait jamais l'aumône à personne , soit étranger ou autre; et quand celui qui avait l'argent de ses aumônes n'était pas auprès de lui, il en empruntait, donnant à chacun selon ses nécessités présentes.
Etant à Paris en son dernier voyage, il nous demanda huit
ou dix écus sur une petite boîte de lapis; je sais assurément que c'était pour donner à une pauvre demoiselle que, je pense, il avait convertie à la religion catholique, ou il lui avait fait quelque autre grand bien spirituel.
Un honnête homme de cette ville lui alla demander à emprunter; le Bienheureux, bien qu'il n'eût point d'argent, ne lui sut refuser cette charité, car c'était pour envoyer au fils de cet honnête homme qui était aux études à Paris. Ce Bienheureux vint céans l'emprunter, et me dit que c'était plutôt un don qu'un prêt, comme en effet je crois que cela fut; mais ce Bienheureux nous Ta bien rendu.
Souvent ce Bienheureux a donné de ses habits, linge et chaussure ; même une fois il déchaussa ses souliers qu'il avait à ses pieds pour les donner, ainsi que m'en a assuré son valet de chambre, témoin oculaire par lequel aussi il faisait acheter toutes les choses susdites pour les distribuer aux pauvres nécessiteux; et je crois que si ce Bienheureux eût eu le maniement dé son argent , il n'eût su s'empêcher de le tout distribuer en telles charités.
Deux pères jésuites me dirent l'année après le décès de notre Bienheureux qu'ils avaient parlé à un maître d'école en une bourgade de Faucigny, qui leur avait montré une camisole qu'il lui avait donnée. Un hiver que ce pauvre homme était mal vêtu, le Bienheureux lui avait demandé s'il n'avait rien pour se mieux vêtir, il répondit que non; sur cela notre Bienheureux s'en alla dans son cabinet, et dépouilla sa camisole qu'il lui apporta après s'être vêtu, et la lui donna secrètement, et cette camisole est tenue maintenant en grande vénération. Plusieurs, à ce que ces Pères me dirent, la vont emprunter pour la mettre sur les malades; et si j'ai mémoire, aussi ils me dirent qu'ils prirent avec révérence et dévotion une pièce de ladite camisole pour relique , et me témoignèrent une grande dévotion et vénération à ce Bienheureux, et firent
avec consolation spéciale leurs dévotions auprès de son tombeau.
J'ai été assurée par le confesseur de ce Bienheureux, qui est témoin oculaire, que les aumônes que ce Bienheureux distribuait aux pauvres honteux sont innombrables. Ce Bienheurenx s'enquérait et faisait enquérir secrètement quels ils étaient, et leur distribuait ou faisait distribuer par son aumônier ou autre, de bonnes aumônes; et même il faisait cette charité à plusieurs de ses pénitents, après qu'ils s'étaient confessés, et leur enjoignait, à ce que j'ai appris, de s'adresser à lui par cette voie. L'un de ses aumôniers assure que fort souvent il faisait de petits paquets d'argent à ce Bienheureux pour les distribuer aux confessions, et dit avoir connu par les propos de notre Bienheureux que s'il eût eu en maniement son revenu, et qu'il n'eût cru de faire tort à ses domestiques plus qu'à lui, il aurait tout distribué en semblables charités. En ses absences, il donnait ordre que les aumônes fussent continuées; et c'est chose véritable que personne, ni lieu de la ville, même les hôpitaux et monastères, n'étaient privés du secours qu'il pouvait donner, lui, sachant leurs nécessités.
Au commencement de notre établissement, nous étions assez nécessiteuses, ce Bienheureux nous apporta environ douze ou quinze écus d'une échute qui lui était arrivée, et dont il s'était saisi à l'insu de celui qui gouvernait son temporel.
Ce Bienheureux visitait les hôpitaux, les malades et prisonniers, dont ces pauvres affligés recevaient beaucoup de consolation, et les encourageait à souffrir patiemment leurs maux et leurs afflictions. Aux personnes de moyens, il ne laissait d'offrir ce qu'il croyait d'avoir chez lui, qui pouvait être pour leur soulagement.
Il faisait porter des viandes tout apprêtées aux pauvres, et les faisait quelquefois visiter par le médecin, selon le besoin, particulièrement les étrangers. Plusieurs envoyaient, et sou-
vent demander les restes de son assiette, ou quelque chose que ce Bienheureux eût touché, surtout les religieuses de Sainte- Claire, et nous l'avons fait quelquefois.
Le Bienheureux donnait de bonnes et grosses aumônes à toutes les maisons mendiantes de la ville, particulièrement aux révérends pères capucins; outre cela, il commandait à son dépensier de leur distribuer ce qu'ils avaient besoin, tant pour leurs malades que pour les survenants; il allait quelquefois manger avec eux, y faisant porter le dîner pour tous.
Le jeudi-saint, quand il était dans cette ville, il lavait les pieds à treize pauvres, faisant la cène, puis leur baisait tendrement les pieds , bien que galeux quelquefois et fort sales. Il pratiquait cette charité avec une admirable dévotion et humilité. Je lui ai vu faire cette action devant que je fusse religieuse, en laquelle véritablement il ravissait; il faisait dîner les pauvres après et leur faisait donner à chacun une bonne aumône.
Presque tous les malades envoyaient supplier ce Bienheureux de leur aller donner ou envoyer sa sainte bénédiction, ayant grande confiance que l'ayant reçue ils seraient allégés ; et parmi le peuple c'était une croyance ordinaire que quand quelqu'un avait longtemps langui, s'il pouvait obtenir la bénédiction de ce Bienheureux, il guérissait ou mourait bientôt plus consolé; et l'on en a vu l'expérience.
Ce Bienheureux a fait de très-grandes charités à plusieurs nouveaux convertis de Genève et d'autres lieux qui venaient se réfugier vers lui; il en a tenu chez lui plusieurs et longuement; il a fait apprendre à quelques-uns des métiers; il mit à Sainte-Claire de cette ville d'Annecy, la fille d'un nommé le capitaine Larose, religieuse, lequel Larose était sorti de Genève avec toute sa famille, et notre Bienheureux l'a eue longuement sur ses dépens, et lui a toujours fait beaucoup de charités; il donnait de grosses pensions à d'autres, notamment
à un prêtre, appelé M. Boucard, qui s'était perverti et fait ministre plusieurs années durant, dans Lausanne. Comme il fut converti, notre Bienheureux lui promit une grosse pension, laquelle il a continué de lui faire payer jusqu'à sa mort, et ce Bienheureux disait que s'il eût eu de grands moyens, il eut retiré de Genève la plupart des personnes qui y étaient.
Ce Bienheureux donnait aussi pension à deux vieux pauvres prêtres, à un paralytique et encore à trois autres personnes. Il donna deux chandeliers d'argent, n'ayant pas d'autres moyens pour subvenir à une juste nécessité d'un curé. Ce Bienheureux donna aussi une burette d'argent à un certain honnête homme qui avait été converti de l'hérésie et avait reçu quelque disgrâce, bien qu'il eût déjà donné une grande pièce d'or appelée un noble à la rose, lequel ne lui avait pas semblé suffisant pour sa nécessité présente.
Il m'est impossible de dire les aides, tant spirituelles que temporelles, que ce Bienheureux a faites à toute sorte de personnes, mais particulièrement à des religieux et prêtres, convertis à la foi.
Outre cela, ce Bienheureux a fait quantité de présents aux églises. A son église cathédrale de Saint-Pierre, il donna six grands chandeliers et une grosse lampe d'argent, avec une riche chasuble de drap d'or frisé et les tuniques et dalmatiques de même. Il a donné à notre église de la Visitation de cette ville d'Annecy une fort belle chasuble de brocatelle. En l'église de Thorens où il fut baptisé, en l'église de Viuz dépendante de son évêché, il a donné deux grands et beaux tableaux avec leurs châssis à corniches, il en a encore donné en plusieurs autres lieux.
Je m'oublie de dire que notre Bienheureux fit une très-grande charité à une pauvre demoiselle pour la faire religieuse en ce monastère-ici de la Visitation ; car il donna à notre monastère quatre cents écusd'or pour sa dot.
Je sais encore qu'il promit à une autre demoiselle, qui craignait de n'avoir pas de quoi pour être religieuse céans, sa dot, lui disant qu'elle ne s'en mît pas en peine, qu'il donnerait tout ce qu'il faudrait, et, voire, la pension de son année de noviciat.
Ce Bienheureux, touché encore du désir de faire bien à son prochain, offrit toute sa vaisselle d'argent pour racheter un chevalier de Malte prisonnier des Turcs, et ce chevalier était originaire de ce pays et de la maison de Serisier.
Il me souvient encore qu'une année qu'il y eut une grande rareté de blé en ce pays, et que la cherté y fut fort grande, notre Bienheureux fit distribuer grande quantité de blé par les confesseurs qui savaient les nécessités particulières du peuple.
Au dernier voyage que ce Bienheureux fit en Piémont, madame la sérénissime princesse de Piémont lui donna un beau et riche diamant, et le Bienheureux dit : « Voici qui sera bon pour nos pauvres. »
J'ai appris une partie de ce que dessus du Bienheureux luimême et de plusieurs personnes dignes de foi, et puis, ce sont des choses qui pour la plupart sont notoires et publiques.
Je répète cette vérité, que les aumônes et charités que notre Bienheureux a faites au prochain en toutes les sortes qui lui ont été possibles, sont si grandes, eu égard à la petitesse de son revenu, que c'est chose presque incroyable et tout à fait admirable, et qui ne pouvait être sans une particulière bénédiction ou miracle ; et l'excellence de cette charité, c'est qu'elle a été pratiquée par le mouvement du tendre et parfait amour qu'il avait envers le prochain, duquel on ne peut bonnement représenter la grandeur, les effets surpassant de loin tout ce qu'on en peut dire.
Il était grandement ennemi des procès; une fois il sut qu'un père et son fils plaidaient ensemble, il les voulut accorder, et comme il vit qu'il ne tenait qu'à quelque argent pour pacifier
leur différend, il fit apporter ses chandeliers d'argent qu'il leur voulut donner afin d'éteindre leur procès et dispute. Et ceci est vrai, notoire et public.