‹ Œuvres diversesChapitre 137 sur 169 · Études égyptiennes, t. I, p · texte numérisé non relu

Études égyptiennes, t. I, p

4. Voy. la série des apologues dans les curieux Entretiens philosophiques d'un petit chacal koufl et d'une chatte éthiopienne dont la science doit à M. Eevillout une étude et une traduction du démotique. Cf. Reoue égyptologique» t. I, p. 143-144, 153-159; t. Il, p. 83-89; t. IV, p. 72-88.

récits le fonds propre aux Nubiens et ce qui leur vient de la vieille Egypte et de leurs voisins kushitos, de l'Europe par le fleuve, de l'Orient et de l'Afrique par le désert.

Il me reste après cette introduction, peut-être un peu longue, à donner quelques indications au sujet de la transcription du texte nubien.

Les palatales, que j'ai transcrites ic, ff, fi, sont formées par le choc du dos de la langue contre le palais, un peu en avant du point de contact de k^ g; elles doivent se prononcer à peu près comme en français kie, guie, nie; à est le ch français ; le signe • sur une voyelle marque une élévation de la voix.

Je n'ai pas adopté le système de R. Lepsius\ qui a des inconvénients ; il ne distingue pas, en effet, l'articulation k qui est la sourde correspondante à g, bien qu'elle entre dans la composition de certains radicaux, sous prétexte qu'elle n'a pas dû appartenir à l'alphabet primitif, et qu'elle n'est le plus souvent qu'une modification euphonique du g. Cependant R. Lepsius écrit k, lorsque, dans des cas analogues, cette sourde remplace la sonore g. Il a aussi désigné par une lettre spéciale le n, qui n'est pas non plus une articulation primitive. Enfin il a remplacé par un seul signe, n, le groupe ng, môme lorsque ïn et le g appartiennent à deux thèmes rapprochés par le hasard; j'écris simplement ng; il suffit de prévenir que ce groupe a toujours la prononciation de yy du grec. Exemple : aman « l'eau », amangon « et l'eau », prononcer ama^yon.

J'ai renoncé à donner des notes grammaticales; elles auraient pris un développement trop considérable; je me réserve dans un travail spécial d'insérer ce qui me reste à dire sur la grammaire nubienne après les beaux travaux de R. Lepsius et de M. L. Reinisch.

1. Nubische Grammatik^ Vorwort^ p. 4-5 non numérotôes. Les mots arabes adoptés, avec ou sans modification, par les Nubiens et qui figurent dans les contes ci-aprôs, ont été transcrits en note, sous leur forme originale.

Bahiiid Andangon Faraskon uwofakkil haaeloi*. Histoire et Andan et Fans deux entre arrivée.

Zmanna* malek^ uuooi dawwuriUona'messan, wèr wèkka dingiff- Jadis roi deux qui des grands étaient Tun l'autre se faisaient

keêêan. Tellaton nai haroppa^ talabkeno^t 0§ Onogin todi mien* la guerre d'eux qui la guerre avait demandé Og d'Onog le fils de cent

taffahi; tar Faraska hôkmikenon' tinom barrila* mia* engan dawle père lui Paras commandait de l'ouest au rivage cent de frères le

ioulim-menon kulli* wèn ditin mièi* totta ûnnisan^ kulli wèn dàtin grandc'estlui il était tout un chacun cent fils enfantèrent chacun

murti wèkka dok-kessan}*.

cheval un montaient

Malek* matton barreni* mièt* totton mièt* murtigon kankenon* Le roi de l'est celui du rivage cent et fils cent et chevaux avait

Crosr^^ wèkka gohinnenga firigkenon Offnagetia, gofioaagon château un l'acte de construire il voulait Og comme et ayant construit

tangistanga Faraai udrôson. Og wîda tarin Farasi igekka lanom son Paras publia Og alors de lui Paras l'acte de dire ne

Récit de guerre entre les pays d' And an et de Paras ^*

Il y avait autrefois deux rois puissants qui étaient en guerre. Et qui avait déclaré la guerre à l'autre ? C'était Off, iSls d'Onog, père des cent, qui commandait le pays du Paras de l'Ouest. Il était le premier de cent frères qui tous avaient eu cent fils, et chacun de ceux-ci montait un cheval.

Or, le roi du pays de l'Est, n'avait que cent fils et cent chevaux. Il voulut bâtir une forteresse à l'exemple du roi Og, et l'ayant bâtie il lui donna le nom de Foras. Mais Og s'y

1. Afâ»*« — 2. ûv^J* ^ 3' *-Jt«. — 4. Sm^»'* — 5. x f^ - — 6. ôl«. —

7. <^. — 8. y. — 9. J^^ — 10. Pour dog-kensan. — 11. ^^. — 12. Racont6 par Ali Andanokki

laHon\ takkon Okka ffaga welèson. Ofckon misalka}

consentit pas (dit non) et lui Og craignant abandonna et Og un envoyé

idiriiron gasringa^ gohagongen; laken^ tangiatanga Andankissè

lai envoya ton ch&teau et b&tissant soit mais son nom Andankissé

(la baraque)

manger ; takkon masa* ion. Gem tuakomballa* y Offli Andankiasèg établis et lui bien dil-il. Année de trois à la suite cet Og-là Andankissé

dummadinnenga Jlrgon. Ldken^ in nohàg'* Andankiasèn maleki' l'acte de s'emparer de désira. Mais cette fois d' Andankissé le roi

menffosa dingall eion. lërut* n?iar* tuakollimmenon, s'étant opposé je ferai la guerre dit-il les conventions jour trois (mardi) ce fut

nhar* eggimagon'^^ dingilimmenon, jour et le vendredi la guerre ce fut.

Tinom barregon^^ murtigon ademgonnog(oY* kelmuntoiara-^^

De Touest et le rivage et les chevaux et les hommes avec comme la

[troupe confuse

menon^ baharra*^ aukkinna waqtiga** amanga mukkenkummenétait dans le fleuve de leur descente à l'heure l'eau ils n'avaient pas

nan^ irkigon sahmatan^* kokkikirinamenon.

laissé et le pays de cohue fin sans était

opposa, et il céda par crainte: (( Que tu aies bâti ton château, lui dit l'envoyé d'Og, soit I mais tu l'appelleras Andan la baraque. » Et le roi de l'Est répondit : a C'est bien 1 » Trois ans plus tard, cet Og; voulut mettre la main sur Andan la baraque. Cette fois le roi de ce pays résista et dit : « Je ferai la guerre ! » Les pourparlers furent le mardi, et la guerre fut le vendredi.

Cependant sur la rive occidentale s'agitait la multitude confuse des cavaliers et des chevaux ; à l'heure de l'abreuvoir, ils tarissaient le fleuve ; et la contrée retentissait de la cohue immense.

1. W. - 2. JU^. - 8. ^. -4. ^^. - 5. JUi. - 6. îij. -7. ifJU.

— 8. ^jji. — 9. jIj. — 10. luii-l. — 11. jj. — 12. Pour ademirigon" nogo, CL m^\ J/J. -^ 13. IjtzA^* comme la troupe confuse», rad.^

— 14. ^) . — 15. CàJ* — 16. irj.

Kan} Andankisaèn maleki* muriiianguga/affirn* amanna, boié^ Était d*AndaQkissé le roi ses chevaaz da matia à Teau couleur

azraglog^ kassogiffa* êukkakkon baharra^. Dehorragon*, azbleue avec (les) ayaat revêtus (les) fit descendre au fleuve et à midi le

ragka^ tiffiga ahdarrog* noiaickon, wida baharrà' sukkakkon.

bleu ayant secou6 du vert avec (les) recouvrit puis au fleuve (les) fit des-

[cendre

Asriddogon^^y ahdarka* kusmiga CLsfarrog^^ noiroga

et vers l'asr le vert ayant frotté avec du jaune (les) ayant recouverts

amando êukkaickofL Megrebiddogon^* ahmarrog^* noirôga^

à l'eau il Mes) et vers le coucher du soleil avec du rouge (les) ayant fit descendre recouverts

wîda ennahar^^ iuakolla «oa** wëndStin,boié** hiligikkiramenon*^ . puis jours dans les trois heure chacune couleur espèce différente fat

Awa mallekon, murtin gawillogo, faresin^* agaglog sahmaia-

nuit et toute des chevaux avec le des cavaliers avec les cris pleine de

hennissement

tumulte fut

Id wè malek* Andankiasèn êogollog** markakka tino/Farasel Homme un roi Andankissé du par le soin agissant de ruse de Touest au Paras

torgoron. Ogn uttu wîda issigsan in id maitom bar relion}* pénétra d'Og les gens alors interrogèrent cet homme de Test de la rive

Or, le roi d'Andan la baraque fit recouvrir au matin ses cavaliers et ses chevaux d'une teinture bleue et les envoya boire au fleuve; sur le midi, il ôta la couleur et les mit en vert et les envoya encore; au coucher du soleil, ce fut en rouge. A toute heure de chacun des trois jours, il changea la nuance ; et la nuit entière était troublée par les cris des cavaliers et les hennissements des chevaux.

Alors un homme, par Tordre du roi d'Andan la baraque, feignit la trahison et s'enfuit au Paras de l'Ouest. « Pourquoi,

1. CJ^' — 2. dlU. — 3. j^. — 4. 4j^. — 5. Jjj'- — ^' ly^'^ j. — 8. ^. — 9. y^l. — 10. ^pâp. — 11. y^l. — 12.

- la.y-l. — 14.jl^|. — 15.ÎpL. - \^\j. - 17. jU. -18.^jli.

- 19. î^3. - 20. jii. - 21.}.

kirôkka « tellimm ingir mia^ mialog{oy murtîg amanga qui était venn et ceux-ci pourquoi ainsi cent par cent les chevaux l'eau

irffakkinnaia. )) Takkon îgatikkon ted diaminnan^ kèlka kumminqu*ils font boire et lui leur dit il nombreux sont limite ils n'ont

nan wdla* hasappa* kumminnan èidda^ tennigalakkon kuni dampas ni compte ils n'ont pas force leur comme et possédant il n'y

mun; inindoro gelil^ gelillog* irffakkinnan. IrUndorogon, wîda a pas à cause de cela peu à peu on (les) fait boire à cause de cela et alors

Farasin maleki* ukkiron^ ukkiragon §aga welèson. Andande Paras le roi entendit et entendant craignant renonça d'Andan-

kissèn malekiddogion* gengikka firgon^ hokemtannin* tawôgon kissô d'auprès le roi la paix désira autorité sa et sous

iigon.

resta.

In dingîgon min dingigulton Faraskon Andangon uwo fakkil Cette guerre et quoi des guerres et Paras et Andan les deux entre

Xdslora*!

(qui) sont arrivées.

lui demandèrent les gens du roi Og, font-ils boire leurs chevaux cent par cent? — « C'est, répondit-il, qu'il y en a trop ; on n'en sait pas le nombre, et il n'y a pas à les compter ; leur vigueur n'a point d'égale, et voilà pourquoi on les mène par petits groupes. » Et voilà aussi pourquoi le roi de Paras entendant ces paroles eut peur et renonça à ses projets. Il demanda la paix et se soumit au roi d' Andan la baraque.

Et qu'est cette guerre auprès des guerres qui eurent lieu entre Paras et Ândan !

1. îJU. — 2. Vj.— 3. oLI^. — 4. SjLI. — 5. US. — 6. dlU. — 7. J^^.^^* — 8. Jl,û»>.

Idèn wè tod kolodu buru wèkka unneda kunin eskalè wèkkon Femme uae garçon sept fille uae ayant enfaatè fut sâqi6h et uae

werakïr ogkedakkunnan, in buriod kabakk awir tikkin ensemble ayant construit étaient cette pauvre fille le pain emportant pour eux

kenkunin, kiragon irkabi wè burtotta dummeda kèrôson, Nkarin} 6tait or étant venu ogre un la pauvre fille ayant saisi s*en alla jour

iuskittiga iuhi kaééan kir tennènga issigsan;

au troisième les garçons vinrent et (étant venus) leur mère interrogèrent

tennèn wîdaîgaiikkon kàmis kàbakka eggusindo kirkum-

leur mère alors leur dit avant-hier le pain depuis Tacte qu'elle n*était

d'avoir emporté

munncUa. Tuhi gu oiga tïgsan, irkabi dummeda kèrôkpas venue. Les enfants allant le pied reconnurent l'ogre ayant saisi était

kuningu elsan; gelba*, tennènnog kaééan. Kiragon,

allé allant trouvèrent et étant retournés chez leur mère vinrent et étant venus

kam koloUon kaballog degsan, kam kolotion amannog chameaux et sept avec du pain ils chargèrent chameaux et sept avec de l'eau

degsan, tennèngon kag wèkka dokkirosan; elgon bosian* ils chargèrent et leur mère &ne un firent monter pas encore de poste

Le FILS DE l'Ane *

Il y avait une femme qui était mère de sept garçons et d'ime fille. Les garçons étaient ensemble à construire une saqiéh, et la fille s'en allait leur porter à manger, quand un ogre survint et l'enleva. Au troisième jour, les frères rentrèrent au logis et questionnèrent la mère qui leur dit : « Depuis avant-hier que votre sœur est sortie pour vous porter le pain, elle n'est pas de retour. » Ils allèrent, suivant la trace de la jeune fille sur le sol, jusqu'à l'endroit où l'ogre l'avait ravie, et revenus à la maison, ils chargèrent de pain sept chameaux et sept

1. jl^. — 2. Ck)mp. ,.JS « tourner, renverser ». — 3. îk-j».— 4. Histoire des environs de Wadi-Halfa, dictée en dialecte des villages d'Andan et Dabros, par Nasr, esclave affranchi de Seliman Kebbara.

fagatii wèkka tanfiimini, iennèn kam kolodn amanga moitiô uae ayant marché leur mère chameaux des sept Teau

nëggon; wîdagon (( amanga eion, » Tekkon koa^ wèkka tirbut etdeoouveau de IVau ! dit-elle et eux ëcuelle une ayant

kira kagn errëga irgaèëan, Wîda tod kudud bahhon : « anèn tendu de Tàne Turine firent boire. Alors le fils le petit parla notre mère

gakan, nefaimmunnaia^ » ; wîda mugossan tennènga^ si elle va, qu'elle ne sera d'aucune utilité; alors ils abandonnèrent leur mère

wida degakica kërsan fasil tenniga; burulog ffusan irkabin puis ayant chargé ils partirent provision leur vers la fille ils allèrent de Togre

irkila. Irkabi ëaddoton kiron « gatt ikki wèkka àga ukkér àlarësidence.L*ogre du dehors vint odeur étrangère une étant je sens

eion.)) Kiragon irkabi tod kolodingarka, buru àga wîdit-il. Alors (et venant) Togre garçons la totalité des sept la fille étant elle

gini, bir^ wella wirk(a) udroffffon,

est pleurant puits dans un ayant précipité il (les) fit entrer.

Tennèn in ka§n errëlog ffuntangôson ekkiragon tod Leur mère de cet âne avec l'urine devint enceinte et ayant apporté garçon

wèkka unnôaon* Fag ierèkka kunin, iangon nai fè iwarun elle mit au monde. Chèvre une elle possède et à elle qui étant? il fait

autres d'eau, puis ils mirent leur mère sur un âne. Mais ils n'avaient pas fait une demi-poste que la vieille avait déjà bu l'eau des sept chameaux, et elle disait encore : « De l'eau ! » Alors ils reçurent dans leur écuelle l'urine de l'âne et la lui donnèrent à boire. Le plus jeune d'entre eux fit entendre que la mère ne pouvait rendre de services, et ils l'abandonnèrent; ensuite ayant rechargé les chameaux, ils parvinrent auprès de leur sœur chez l'ogre. Celui-ci étant rentré : « Je sens, dit-il, une odeur étrangère ! » Et d'un coup, malgré les cris de la jeune fille, il précipita les sept garçons dans le puits.

Or, leur mère, par l'effet de l'urine de cet âne, était devenue grosse et elle accoucha d'un garçon. Et elle était

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