‹ Œuvres diversesChapitre 156 sur 169 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les tribus berbères qui occupent le sud du Maroc, principalement les riches vallées du Sous, de la Tazerwalt et du haut Draa*, sont parmi les plus prospères de leur race, et je dirais les plus cultivées, si le mot n'était ambitieux. Elles ont adopté la religion des Arabes et le gros des idées et des traditions qui se sont déposées dans tout le monde musulman, mais en conservant leur personnalité, leur organisation et leur langue. Elles ont même un embryon de littérature dont nous possédons quelques spécimens à la Bibliothèque Nationale. Le fonds berbère, composé en grande partie des textes réunis vers 1840 par M. Delaporte, consul de

1. Publiô dans le Journal Asiatique, 1889, t. XI, p. 196-228.

2. Sur ces régions, consulter : Elisée Reclus, Noucelle Géographie unieer^ selle, t. IX, Afrique septentrionale^ ^ partie, Maroc (Hachette, Paris, 1886), où Ton relèvera une bibliographie très complète ; C. Douls, Voyage d'exploration d tracers le Sahara occidental et le Sud Marocain, dans le Bulletin de la Société de géographie, 7* série, t. IX, 3« trimestre, 1888, p. 437 ; R. Bas* set, dans les notes jointes à sa traduction de la Relation de Sidi Brahim de Massa, brochure, Leroux, 1883.

France à Mogador, et aujourd'hui encore presque tous inédits, a fourni tout d abord un ensemble de documents qui semblait devoir faire du dialecte de ces tribus, le shelh'a ou tamazig't, le point de départ des études berbi^^res. Il n'en a pas été ainsi. L'activité de nos officiers et de nos professeurs s'est tournée vers les dialectes de TAlgérie et du Sahara et les a mis en lumière par de remarquables travaux. Le shelh'a a été laissé quelque peu en réserve'.

Cependant M. R. Basset, dont le zèle à réunir et à coordonner les matériaux de la langue berbère est infatigable, ne l'a pas exclu de ses travaux*. Dès 1879, il a publié ici même, grâce à l'intermédiaire de M. Barbier de Meynard, un manuscrit de M. Rey, contenant une version du poème de Çabi, qu'il a fait précéder d'une esquisse grammaticale du dialecte sousien ; et pendant que M. Newman insérait dans son Libyan Vocabulary^ une liste de mots shelh a, il donnait une traduction nouvelle de la relation composée en 1834 par un certain taleb du Sous, Sidi Brahim, originaire de Massa. Enfin, dans le plus récent numéro du Bulletin de correspondance africaine \ il a commencé la publication de textes en dialectes du Sous et de TOued-Draa.

 mon tour, je soumets aux folkloristes et aux grammairiens quelques contes des mêmes régions.

Ces contes sont tirés :

1® D'un volume assez considérable de féeries et autres récits que j'ai recueillis de la bouche d*Omar ben Haoucin, natif des oasis

1. Pour la bibliographie du shelh'a, voir: De Slaoe, appendice, t. IV de sa traduction de l'Histoire des Berbères d'Ibn Khaldoun ; R. Basset, Le poème de Çabi y p. 4 (extrait du Journal Asiatique, 1879) ; Relation de Sidi Brahim de Massa, l. l., p. 3; Contes berbères, Leroux, 1887; John Bail, On the Shelluhe language, p. 478 et sqq., dans Journal of a tour in Marocco, et The great Atlas, by J. Dalton Hooker and John Bail, London, Macmillan, 1878; Cust, The modem Languages of A/rica, t. I, p. 113, et t. II, p. 470, Londres, Trûbner, 1883.

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