année, fascicule 1-2, p. 98 et sqq
de la Tafiielt, qui lui-même les avait appris de divers conteurs dans la Tafilelt, dans la Tazerwalt, à Taroudant (capitale de TOued-Sous), à Massa (Sous), à Taskokant et à Skorah (entre Demnal' et Draa, district de la Tessout' ou Omm-Rebia) ;
2° Du manuscrit de la Bibliothèque Nationale, fonds berbère, no 4, Kitab es-Shelh'a (collection de M. Delaporte), lequel renferme 25 histoires rédigées et traduites mot à mot en patois arabe de la région par un indigène de Mogador\
J'ai choisi dans la première série trois versions de légendes que les historiens et les poètes grecs ont rendues célèbres, et une version d'un de nos contes les plus souvent relus. Je dois à la science des traditions populaires de les faire suivre, malgré mon incompétence, d'un court commentaire. Ils me serviront, d'autre part, de justification pour l'histoire des radicaux qui s'y rencontrent le plus fréquemment, et une analyse de quelques formes verbales.
Les textes que je présente sont transcrits en caractères latins. J'ai renoncé à l'emploi de l'alphabet arabe qui ne correspond pas mieux que le nôtre aux articulations de la langue berbère et qui est tout à fait insuffisant pour rendre la vocalisation ; en sorte qu'à côté de la transcription arabe on a coutume de placer une transcription latine. Je me suis borné à donner, en caractères arabes, le début du conte II, extrait du manuscrit n^ 4. Ce court spécimen permettra de relever les règles d'après lesquelles le rédacteur berbère a transcrit sa propre langue. £n comparant sa transcription avec la transcription latine de notre ancien consul, on peut constater que s'il note exactement les consonnes, il se trouve mal à l'aise quand il s'agit de fixer la nature et la valeur des voyelles, et use assez mal à propos des conventions de l'orthographe arabe.
Pour établir le texte des contes II et III. j'ai suivi les deux transcriptions du manuscrit, et de préférence celle de M. Delaporte dont j*ai respecté les variantes de vocalisation et les agglo-
1. Notons, à ce propos, que plusieurs mots arabes qui figurent dans le texte berbère, étant sans doute aujourd'hui mal compris par des Marocains arabisants, sont expliqués dans la traduction par des synonymes.
mérats de mots, en prenant soin d'en séparer les éléments par des traits.
Dans les contes d'Omar ben Haoucin, on remarquera aussi des variantes de prononciation, mais surtout de vocalisation. Elles appartiennent au narrateur. Sa prononciation flotte évidemment entre celle des siens et celle des tribus voisines. C'est là un fait qu'on observe quand on interroge loin de leur pays les hommes de ces races à l'humeur voyageuse et peu soucieuses d'exactitude.
Les règles de transcription suivies par les auteurs qui ont écrit sur le berbère sont diverses. Celles qui ont été appliquées ici se résument comme suit :
l^' A une seule consonne, à un seul son, correspond un seul signe; ce signe est celui de l'alphabet français qui figure l'articulation ou la voyelle la plus voisine dans notre langue ;
2^ Vaccent ' placé à c6té d'une articulation annonce une aspiration (arrêts mous ou spirantes) ; ainsi t\ k' remplacent les groupes thy kh du général Hanoteau ;
30 \uQ point au-dessus et au-dessous d'une lettre (suivant les convenances typographiques) caractérise les emphatiques : i^z; — f est le ch français.
Voici le tableau ^ des consonnes et voyelles employées par le Filali Omar ben Haoucin. Les caractères arabes placés à côté des signes latins sont ceux qu'emploie l'écrivain berbère du manuscrit lû^ 4 :
1. Je n'y fait pas figurer /i' = ^ et a'' = p, qui ne s*emploient que dans les mots d'origine arabe.