LE ROSEAU ET LE TAMBOURIN PARLANTS
ou HISTOIRE d'un ROI QUI AVAIT DES OREILLES d'ÂNE, ET D*UN PRINCE QUI FUT ÉCORCHÉ PAR SON PROPRE FRÈRE
Ikka tnin zik ian ûgellîd iilin dar s siu waskéwn g iggi ugaiunnes wur iellin ma fell a'sen ialemen \ Ar ia was iftun ar isiggil iat temazirt iâdni, ia'fen ian uhejjâm*. Inna i as: « is trad, did i t'munt' s tegimmî-nô, ai tkist azzar. » Inna i as: « rig', ai agellîd, ad didk mûneg' I » Emun did s ar tigemmî. Inna i as u'gellîd : (( era d ak inig' ia' wawal, imma assar wur ifug' d imi-Dk. Inna i as uh'ejjâm * : (( wur sar at inig' i ian. » Inna i as u gellîd : (( ai i teggalt', ah'ajjâm* I » Iggul as wur sar itfug' wawal an d imi-ns. Ikka uh'ajjâm* kra ; inna i as : « man(n) awal an f ra d gallg'? » Inna i as u'gellid : « g'îla ellik' tegult', zerd askéwûn-înô. » Inna i as: (( wur a t enig' i ian ! )) Inna i as g'îiad u'gellîd « ar iebedda(e) t'kest azzar, ta"deltn' agaiu'-nô, g' ainna igan la-k'demt*-ennek ».
1. a. 11 était une fois un roi qui avait une corne des deux côtés de la tête^ Personne ne le savait. Un jour il eut besoin d'un barbier; il s*en alla en chercher un dans un autre pays. Ayant trouvé l'homme (qui lui convenait): « Veux-tu venir dans mon palais? lui dit-il, c'est toi qui me couperas les cheveux. — Certes, répondit le barbier, je te suivrai où tu voudras. » Le roi l'emmena (et quand ils furent arrivés) au palais, lui dit: «levais maintenant te confier un secret; mais que jamais, jamais, il ne sorte de ta bouche ! — Sire, repartit le barbier, de ma vie je n'en dirai mot. — Eh bien I jure, ô barbier. > Et le barbier jura : (( De ma vie, jamais, il ne sortira de ma bouche un mot de ce secret. » Puis il attendit. Le roi se taisait : « Sire quel est donc ce secret pour lequel j'ai juré? 0 Alors le roi dit: « En effet, tu as juré. Eh bien I regarde. » Et il montra ses cornes. Le barbier (s'inclina) : « A personne je n'en parlerai. » Le roi reprit : « C'est donc toi qui toujours couperas mes cheveux, qui seul me coifferas ; ce sera là ta charge. »
1. JL.. — 2. rUe^. — 3. Jap. — 4. i«ji-l. — 5. Non pas sur le front, mais en arrière des tempes, comme Midas, comme Apollon Carnien de Cyrène, et AlexaDdre-iitt-/-çar/iee'n.
lan was ah'aj jâm * ar isiggil ai sôfg' awal an iggammi manig'at itt'iDî. Iftun ar ian le-makân* iaggôgn k' temazirt', iifn(n) gîs iaw wa'no. Inna « g'îd ag' rad inig awal elli n u'geliîd ». Ikoûn f wa'nô ar isg uii, inna « 'gellîd s waskéwn-enns » krât tuwâl. Iftun s ti'gemmî, inna : (( g ikad uGg' d *r-rah't^. »
Askalens a'gellîd dar s sin tarwa, ian gïsen iga isemg iûrû l' d iat tuaia, d ian gîsen iga u'melii iûrii t'in d iat tu'meliit. Inna i a'sen : « a tarwa-nô, ig' raut'g* • mera ig' agellîd gîwn g' el-makân*în6? » llan iferk'an an, ian gîsen ar itemnad g' ian, wur sa'wulen. Inna i asen baba't-sen: « g'îlad ellig' ian géwn wur isa'wûl, ad awn skerg' iat tg'âusa: warma géwn iéd iéwin iat taznukt d iu-s itabaa t'in% g'wan ar ran iélin g' el-makân*-inô ig' agellîd. »
Askalens 'nkem sin iferk'an ftun s tegomôrt' : ian g'îsen ifta s iat t'sga, d ia'n(n) g'îsen s iat' t'sga i'âdni, ar u'dem n tadguat'. Han afrôk' an elli imellùlen wurn iûf iat', ewurrin s ti'gemmî, g'wan iâdni igan i'semg iûfan ia i'fri g' ellig' ansan iznukâd(u) ; iggawern g'în ar tadeguat'. Han iznukâd uskand ksemenin s i'fri
b. Il vint un jour où le barbier n'eut plus la force de retenir le secret (qui lui montait du cœur aux lèvres) ; il chercha où s'en décharger. Il sortit donc de la ville et marcha longtemps ; arrivé à un puits : « Voilà, dît-il, voilà Tendroit où je pourrai crier ce secret; » et il se pencha sur le puits. Trois fois il cria : Le roi a des cornes ! Le roi a des cornes ! • Après quoi il s'en retourna au palais, et (chemin faisant) il se disait : « Enfin j'ai trouvé la paix. »
2. Le jour suivant, le roi fit appeler ses deux fils : le premier, noir de peau, était né d'une négresse ; le second avait une femme blanche pour mère. Le roi leur dit : a Mes enfants, quand je mourrai, qui de vous deux régnera à ma place ? » Les deux adolescents se regardèrent l'un l'autre et ne répondirent pas. « Vous vous taisez tous les deux, reprit le père, je vous proposerai donc une épreuve; le premier qui de vous m'apportera une gazelle avec son faon courant derrière elle, celui-là sera mon héritier. »
3. Au matin, les deux princes partirent en chasse, tirant chacun de leur côté. A l'heure où se montre la face pâle du soir, le fils de la blanche reprit la route du palais ; il n'avait rien trouvé. Cependant son frère, le noir, avait découvert un gtte de gazelles; il attendit tout auprès jusqu'au crépuscule; alors les gazelles arrivèrent et pénétrèrent dans la caverne.