‹ Œuvres diversesChapitre 162 sur 169 · LES VOLEURS DU TRÉSOR ROYAL · texte numérisé non relu

LES VOLEURS DU TRÉSOR ROYAL

SPÉaMEN DE TRANSCRIPTION EN CARACTÈRES ARABES V

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1. Man. berb., n« 4. Conte XXIV, p. 154^3 du texte berbère et 145 de la transcription latine.

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Illa ian ogellîd dar-es krat lebnàt^ kuUu* azumint'; rant kullu ■ ettahalent*. Inker ogellid babatsent, ian was, iserf ser-sent; aillig' rt-uskent ar-dar-s, inna-i-a'sent : w â isti^ rig' ad-annuiit skereg' iat tag'ausa*. » Ennent-as : « mamcnk, ia baba, trït a teskert? » Innai-a'sent : « Nekki rig' ad-eskereg' krat tettefâh'in* n-uwereg', tan iran argaz teluh'" fell-as tettefâh'a*. » Ennant-as ; « k'iartM »

1. Il était un roi qai avait trois filles^ toutes trois en âge de se marier et désirant un époux. Un jour le roi prit son parti ^ et les fit appeler. Quand elles furent devant lui, il leur dit : « Mes Ûlles, je veux faire quelque chose à votre (intention). — Et quoi donc, mon père? répondirent les princesses. — Je vais faire fabriquer trois pommes d*or; celle qui voudra (tel ou tel pour) mari lui jettera la pomme. — Parfait! »

1- ObV^» —2. Jp , — 3. f Md «^^; glose du manuscrit L, ^^ Ijil» (sic) .

Jeune fille qui jeûne, c'est-à-dire nubile. — 4. UT I. — 5. Variante : top'aoa.

— 6. rviL3l. — 7. \^ « tout ce qu'il y a de meilleur, parfait I ». Locution maghrébine. — 8. Mot à mot : « se leva ».

ST

Iserf ogellîd s-ian udâi* ie"zza'' dar-s bahra'\ Aillig' ad-iuska ar-dar-s, inna-i-as : « ad-i-i teskert*" krat tettufàh'in* n-uwereg g' el-h'in '*. » Iftû wudai •; isker-tent g' el-h'in ^•, iawitcntid. Ifkatent ogellid krat tettufâh'in' n-uwereg' iamar** ogellid f el-mesuar*' iâmmar** g'-el-h'ïn *', inna i-isli-s : « hâkat tettuffâh'in • ; tan iran argaz teluh' fell-as. » G'imkan ad-eskarent; aillig' iâmmer** le-mesuar** n-ugellid, iat teluh'" f-el-uzïr^' n-ugellid, iat f-el-qâid^% iat iadnin f-el-qâdi'* n-el-medint ", aillig' kullû* ettahalent\ Iksr-a'sentbabat-senttamg'ra ifulkîa.

Aillig' teqada *^ tamg'ra, inkcrn ian sîn imakarn ; f tun akorn '* tigimmi n-ugellid. la'fen ogellîd el-mâl *' ifta-i-as. Iserf s-wudâi »: aillig' ad-iuska, inna-i-as : « iâ" udâi*, ifta-i-i kullù* 1-mâl iggûten. » Enna-i-as : (( iâ sîdi'S sker kust tik'ûba'* n-ez-zafat g'-imi 1-ahari", h'afr "-a'sent g'-uakal. » Isker ogellid awal n

reprirent-elles. Le roi envoya quérir un juif qu'il aimait particulièrement. Dès que le juif entra : « Fais-moi faire sur-le-champ, lui dit-il, trois pommes d'or. » Le juif s'éloigna, fit immédiatement les trois pommes et les remit au roi. Celui-ci commanda alors qu'on réunit sans retard le conseil, et s'adressant à ses filles : « Voici les trois pommes, que chacune jette la sienne sur Tépoux (de son choix). » Ainsi firentelles. Quand le conseil fut réunie la première jeta la pomme au vizir, la seconde au qaïd et la troisième au qadi de la ville; toutes se marièrent donc. Leur père leur fit une noce splendide.

2. Or il arriva que deux voleurs s'introduisirent dans le palais et pillèrent le trésor royal. Le roi, étant allé passer la revue de ses richesses, s'aperçut du vol. Il fit appeler le juif : « Juif, dit-il, des voleurs ont pénétré jusqu'à mon trésor; ils ont enlevé tout Targent, des sommes immenses! — Sire, il faut cacher dans le sol, tout à l'entrée, quatre jarre.s

9. ud&l^ adj. formé de (J)uda. Cf. (^4^- — 10. ^.—-11, \^ « brillamment » correspond ici au sens de l'arabe vulgaire du Maghreb (jljfl « beaucoup ». — 12. Variante : sekr-i-t pour ad U teskert. — 13. /;vt.| . —

14. ^1.-15. Sjyiii.-i6. jU.— i7.jr^)jli.--i8. jjiiai.-i9. ^biai. -

20. îl»jdl.-21. ^JojUf ^. - 22. Var. ekkaren. - 23. JUL- 24. l . — 25. ^^JL- 1.-26. £»U.-27. C^ j|l , [l ^^ O . - 28. ^^ykl . - 29. Ju

wudâi*. Aillig' ia'mmar'» tik'ûba" n-ez-zafat*\ ih'afr"-a'sent g'-ïmi 1-hari**. Asken-d imukaren gan sîd, iksem ian gîsen idarn g'-et-k'ibit " n-ez-zafat*% [ittemrun gis. Inker ommdakull-en-s ibbi ik'f-ens, iasî-t, iftû, ifel 1-ejnazt-ens'* g'în. Ar sbah'\ ha adâi* ioska-d, ia'fed 1-ejnazt'* bla" ik'f ; iftû dar ogellîd» inna-i-as : (( ian ihasselo'*, ulakin^* ur dar-es ik'f. » Iserf ogellid imdukall-ens asin-d argaz g'et-k'ibit*\ ulaken'^ ur dar-es ik'f, ur t-issin ian, illeg' ur ili ik'f.

Inker udâi* inna-i-as : « serf-et s-îmi 1-medint**, iga feli-as ia'^sasen" g'-ie'd wala azal. » Inker imiker isg'i kkûz ibùkiren moqqornin Ian iskaun moqqomin; iggaur aillig' ilkem ie'd. Inker imiker iasid ekkûz ibùkiren, iserg'i fell-asen es-sema"a'*, kulP ian iga fell-as snat te.s-sema"î '^ ; iftû a-ia'si amdakuU-ens elli im* mûten"; ellig' i/ran ia'ssâsen'* g'aian, erueln; iftû urgaz ia'sî amdakul-ens imdel'*-t. Aillig' ifau 1-h'al** lah' 1-ejnazt** elli. Iftù udâi* dar ogellid, inna-i-as : « iâ sidi**, lah' 1-ejnazt*^ elli. » Ftun

remplies de poix. » Le roi fit ainsi ; près de la porte du trésor, il cacha jusqu'au col quatre grandes jarres pleines de poix. Les voleurs vinrent, Tun d'eux tomba dans une jarre et ne put se dégager. Alors son compagnon lui coupa la tête et l'emporta, abandonnant le corps mutilé. Au matin, le juif alla pour visiter les jarres et trouva le décapité. Il s'en fut vers le roi : c Sire, il y en a un de pris; seulement il n'a point de tète. » Les gens du roi tirèrent le corps de la poix; mais personne ne sut reconnaître un cadavre auquel manquait la tète. « Eh bien ! fit le juif, qu'on l'accroche à une porte de la ville avec des gardes qui veilleront nuit et jour; (nous verrons!) »

3. Cependant Tautre voleur acheta quatre vieux boucs à grandes cornes et attendit que la nuit fût venue. Alors il prit les boucs, leur garnit les cornes avec des cierges allumés et les chassa vers le lieu où était exposé le mort. Les gardes effrayés se sauvèrent; le voleur se saisit du corps de son compagnon et s'en alla l'enterrer. Quand la terre s'éclaira, le cadavre avait disparu. Le juif avertit le roi. Or les gardes s'étaient réfugiés

30. SjUjUI . - 3L rUd. — 32. r^. — 33. 5L. - 34. Ji^ — 35. ^^^ . 36. ^L-^. - 37. ;.«„1. - 38. ZX^^ - 39. Q. JjJ. -40. jLi-l • -41. SjCtl. -42. <^JL- l-

imdukal n-ugellid kesmen 1-h'orum"; iserf ser-sen ogeJlid, ifk'âsen l-a"hed**; offug'ind a"uden** ogellïd g'emk-elli ijraii*\ Ifkâsen ogellïd le-ksùt *' i-ian. Ftun.

Ha udâi* ioska-d, inna i-ugellîd : « asîd tena"amt*' elli dar-k illan, teget-as mera'ut tel-iaqùtin *•, lonurzumt-as g-el-medint" attefettû, fureg'-t nekki. » Inna-i-as ogellïd : « k'iart\ )) Ifk'-as ogellïd tena'amt*", ig'-as mera'ut tel-iaqùtin *% inurzom-as udâi • g'-el-medint", itfur-t kulP as. Ha imi'ker dar-s l-ak'bar*®, ih'du " udâi", aillig' iakor-as-t irai'ker, iwi-t, ifel udâi" ikla** g'în.

Iftù udâi dar ogellïd, inna-i-as: « ia sîdi", tefta tena"amt*' elli i-i tefkit. » Inna-i-as ogellïd : « niamenk trït a-teskert, â udâi • ? » Inna-i-as : « ifk-i-i snat tfeqqirin" sibnin" bahra", sâternin", ad-eftunt, ad-sigilnt tigomma g'-el-medint" ig'-u'fent ta'dunt n-ett;eaa"amt*% g'uwad elli iuwïn tcna"amt*" ira ad-as ig'ers. » G'-elh'In** iserf ogellïd snat temgarin sibnîn**. Aillig' d-uskant iml'a'sent ma ti'nnint. Ftunint illeg' telkem iat gisent tigimmi n-imi'ker ;

dans un lieu d'asile (craignant la colère du prince). Celui-ci leur promit leur grâce; ils vinrent lui conter toute l'affaire, furent pardonnes et reçurent un vêtement.

4. Le juif conseilla alors de parer Tautruche du palais avec dix rubis et de la lâcher dans les rues de la ville; (lui se cliargeait du reste). On suivit ce conseil, et Tautruche (toute brillante) de rubis fut poussée hors du palais. Le juif la suivait, épiant de toutes parts. Le voleur, dès qu'il eut vu l'autruche, flaira le piège ; et à son tour il surveilla le juif, tant que, le jour fini, il mit la main sur Tanimal et Temmena, laissant le juif tout hors de lui. Le juif alla dire au roi : « Sire, Tautruche est perdue.

— Alors que vas-tu faire? demanda le roi. — Mon seigneur, dites à deux vieilles femmes adroites de parcourir les maisons de la ville; si elles trouvent dans quelqu'une de la graisse d'autruche, c'est que le ravisseur y aura conduit l'animal et l'aura tué. » Le roi choisit deux vieilles rusées, leur donna commission, et elles s'en allèrent de maison en maison.

43. ^^, pluriel pj9*. —44. J^\. — 45. iU. -46. ^^j^. — 47. S^^l .

— 48. iéUl. — 49. îîyUl. - 50. jji-l. - 51. IJu- avec le sens deJ»Lï*

— 52. JJL-ifc4 • Radical, Ji ÎJ^' « avoir esprit troublé »). — 53. (•jjS avec le sens de oj*^). — 54. ^H. — 55. 1^. — 56. jLll

ta'fen temg'art-ens, tenna-i-as : « fk-i-i, iâ lella'% imik enta'dunt n-tena"amt*% ig'-dar-m tella. » Tenker temg'art, tefk-as-t. Tra temg'art at>teffug'; hai argaz iksemn tigimmi, ia'fen tamgart tûsi ta'dunt en-tena"amt*'; inna-i-as : « a tamg'art, matta-g'a-d tûsït? » Tenna-i-as : « ta'dunt. » Iseksem-t g'in, ing'î-t, imdel-t" g'e-tigim mi-ns, ilhu" ar ikkit tamgart-ens. Inker udâi* lah't tamg'art. Inna i-ugellid : « eskep iat en-nezahat" ifuikîn bahra*^ » Ilhu" ogellid isker en-nezahat" ia"red" kuUu* imedden elli ellanin g'-el-medint*% ensin g'in. Inker udâi^ ifk'-asen 1 ak'mar" suant. Ilhu *• o-udâi • ar-isflid kullu " ian ma itti ni. Ellig' iskeren**, iafn udâi* g'walli ar-ilti'ni : « nekki ai-iûsin el-mâl" n-ugellïd! Nekki ai-iûsin t en-na' amt *• n-ugellîdl » Inker udâi, ia'sïd el-mùs**, iks as tamart-ens kuUut'; iftù iga a"ssasen" g'-imi le-qasbet" n-ugellid. Iftû udâi ifrah'ô", isker s-el-ak'mar'* bahra'*; inna: « nekki ofig' amcfakul-înô. )) G'iland, argaz inker, iaf-d ik'f-ens

L'une d'elles arriva chez le voleur et trouva sa femme : (( Madame, fitelle, je cherche de la graisse d'autruche. Quel service vous me rendriez de m^indiquer où en trouver)^ ou, si vous en avez, de nous en céder I » La femme se leva et lui apporta de la graisse d'autruche; et la vieille se retirait quand le voleur entra: (( Qu'as-tu là? dit-il à la vieille. — I3e la graisse d'autruche, seigneur. — Rentre un peu. » Il la tua et Tenterra dans la maison ; puis il battit sa femme.

5. Cependant le juif attendait; et il ne voyait venir ni vieille ni graisse d'autruche. « Faites, dit-il encore au roi, une grande fôte où toute la ville prendra part. >» Le roi consentit. La fête fut magnifique, et grands et petits y vinrent. Elle se prolongea dans la nuit. Le juif e^^citait les échansons, et le vin coulait à flots; lui, s'en allait de groupe en groupe^ surprenant les confidences de l'ivresse; il entendit quelqu'un se vanter d'avoir volé le roi, d'avoir mis son trésor à sac, d'avoir pris son autruche. Le juif (ne s'en éloigna plus, et dès qu'il vit que le bavard, vaincu par

57. Su l . — 58. Cf. Jjiï. —59. jI exprime en arabe une occupation attachante. Glose: J— «i. —60. ï^jbjlll. — 61. 1^. ^-^ 62. ^^ , — 63.^1.-64.^. — 65. JUJI. - 66. ^^1. -67. ^U-p. — 68. i^^ — 69. »- i. — 70. yX-^, — 71. \ji^^ .

bla^* tamart; iasid el-mùs**-ens; iftù argaz aillig ilkem udâi*, iks-as tamart-ens, iks i-kullu' irgazen timariuen-sen zond netta. Iggauer aillig' ifau 1-hâl". Inker udâi* iftù dar ogellîd, inna-i-as : « nekki ufig' ameddakl-inô. » Inna-i-as : « menzât? » Inna-i-as : « iùjad'*. » Iftù udâi», îksem d el-qasbt", iafen kullu* medden elli g'In ellan bla^* timariuen. Iftû udâi*, inna ugellîd : « nekki a'ilameg'" s-tiraararl, keseg'-as tamart-ens, imil afg'en kuUu* ma illan gi'n bla" tamart. » Inna-i-as ogellid : « imma tin-k, a udâi*^ lah'at dar-k. )) Iggeras udâi, izmu^*. lamz-t ogellid, ing'I-t g'în. Tekemmel" el-qist'*.

Tivresse, fut endormi), il prit un rasoir et lui rasa toute la barbe. Puis il fit mettre des gardes à toutes les portes du palais, et, plein de joie, but à son tour et s'enivra criant : « Je tiens mon gaillard! » Le sommeil lui vint bientôt et (s'appesantit peu à peu sur toute la fête). Après quelque temps, le voleur s'éveilla; il sentit son menton (irrité du feu du rasoir). Alors il se leva, et chercha le juif au milieu des gens endormis ; il prit son rasoir et lui enleva toute la barbe; il alla raser aussi les sentinelles et (s'échappa). Quand le jour parut, le juif courut au roi : c J'ai notre homme! — Amène-le. — Sur l'heure. » Il retourna au lieu de la fête; les gardes étaient à leur poste, tous sans barbe; mais il ne ramena qu'eux sans barbe. « Hélas! dit-il au roi, j'avais rasé le coupable pour le reconnaître, et je vois que tes gens sont aussi rasés. » Alors le roi lui dit : « Mais ta barbe, ô juif, où s'en est-elle allée? » Le juif passa la main sur son menton et p&lit. On le tua. (Fin de l'histoire.)

72. >Lj. - 73. Jl-i-i . - 74. a>.j . - 75. JL. - 76. ^. - 77. J-'—Sdj • — 78. A^a^ •

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