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La pluie et les eaux d'infiltration

saient en désordre les habitations des prêtres et les huttes où grouillaient et poudroiaient les familles et les bassescours des desservants. Les descendants ou les spoliateurs coptes de ces lévites, lors de rétablissement du christianisme, ont continué sans contrainte Tenvahisseraent de l'édifice sacré. Chaque génération a élevé sa maison sur les ruines laissées par la génération précédente, empilant briques sur briques ; bientôt les sanctuaires eux-mêmes ont été envahis, les terrasses escaladées. Les principaux temples qui subsistent encore, Denderah, Edfou, Médinet-Abou, formaient naguère le noyau intérieur d'un village en pyramide ; ce n'a pas été un des moindres travaux de l'administration de M. Maspero que de chasser du temple de Louqsor les successeurs de ceux qui y vivaient du temps d'Hérodote, en exploitant comme aujourd'hui la curiosité des étrangers.

On approchait du naos par une avenue pavée, le dromos, bordée de sphinx et de béliers. On passait sous les pylônes, dont les massifs attiraient au loin le regard. En avant de ces pylônes ou dans les cours qui précédaient les sanctuaires, se dressaient des obélisques, des statues de dieux ou d'animaux sacrés . Les statues figuraient la personne royale ou la divinité éponyme du temple. Les obélisques, simulacres hérités d'un fétichisme primitif, comparables peut-être aux termes, étaient, depuis une haute antiquité, comme les sphinx et les béliers, en rapport avec le culte du Soleil; c'est surtout dans les temples consacrés aux divinités du cycle solaire, Ra, Toum, Harmachis, qu'on les prodiguait.

Dans les cours se formaient les cortèges auxquels prenait part le public, se déroulaient les processions intérieures suivies par les notables ; là s'ébattait le plus souvent l'animal sacrée bœuf, bouc, bélier, ibis, épervier, que les voyageurs pouvaient honorer de leurs oflErandes. Si le temple était considérable, une cour annexe lui était réservée, comme à Memphis, où,d'uneétableen forme de sanctuaire, on lâchait à certaines heures le taureau Hapis, pour la plus grande joie

b LE TEMPLE EGYPTIEN

des pieux pèlerins et des badauds étrangers. C'est dans ces cours qu'Hérodote écoutait les explications mythologiques et philosophiques des interprètes et des hiérodules, après qu'ils l'avaient introduit, en lui recommandant le secret, jusque dans les premières salles du temple même.

Les architectes ptolémaïques et leurs successeurs se sont plu à élever, à la suite des cours et en avant du temple proprement dit, un vestibule grandiose, la chont des scribes, que les Égyptologues appellent, comme Strabon, le pronaos, « Cette salle, dit une inscription \ est semblable au ciel habité par les âmes des dieux . Elle se dresse en avant du naos, qu'elle déborde à sa droite et à sa gauche, qu'elle domine majestueusement. Des colonnes à chapiteau de papyrus, de lotus et de palmier, soutiennent le plafond, comme les quatre piliers du ciel supportent le céleste plafond. » A l'encontre des autres parties du temple, la lumière y pénètre librement par les entrecolonnements de la façade. La grande porte aux battants en bois rare, bardée d'or, assujétie par des armatures et par des verrous de bronze, ne s'ouvrait que dans les occasions solennelles, pour le passage du Pharaon ou du dieu ; le service était assuré par des portes latérales. A Edfou et à Esnèh, contre une des parois de la salle, s'appuyait un édicule où étaient gardes, dans dans des caisses, les papyrus et les parchemins composant la bibliothèque du temple ; en face, un autre édicule servait de dépôt aux vases pour la lustration des pontifes avant les cérémonies.

Le temple ou naos semble se dissimulerderrière le pronaos ptolémaîque plus élevé et plus large, et forme la première division architectonique d'un ensemble, où le scribe d'Edfou* distingue la demeure divine (le naos), la Chont (le pronaos), le Péristyle (la cour). Il se subdivisait en deux parties qui sont rappelées dans les édifices les plus modestes.

1. M. Dûmichen en a donné une copie et une traduction dans la Zeltschriftfàr JEgt/ptischc Sprache, 1870, p. 1 et sqq.

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