‹ Œuvres diversesChapitre 24 sur 169 · Zeis^c/ir., 1870, L L · texte numérisé non relu

Zeis^c/ir., 1870, L L

Un tabernacle du musée de Turin donne le modèle en raccourci d'un naos complet et illustre la règle qui vient d'être énoncée. Il se compose : 1® d'un coffre, s'ouvrant par une porte pratiquée dans l'un des côtés, et de même forme que le coffre sur lequel s'accroupit le chien Anubis, le dieu ensevelisseur et vigilant; 2° d'un auvent, dont le toit en pente, fixé à la corniche du coffre, est relevé au-dessus de la porte par deux colonnes. De même, le temple devait en principe posséder une retraite pour cacher l'emblème divin, un logis mystérieux et sombrej et, en avant, une salle supportée par des colonnes, oà pénétrait la lumière\ Partie antérieure du temple. — Cet hypostyle est appelé

LA GRANDE SALLE OU eUCOrO LA GRANDE SALLE DU LEVER.

C'est là, en effet, que le dieu, sortant du sanctuaire dans sa barque portée sur les épaules des prêtres, apparaissait aux yeux de ses serviteurs, comme le soleil, quand il se lève à l'Orient C'est dans cette salle, plus éclairée que le reste du temple, plus rapprochée de la vie de ce monde, que le collège sacerdotal tenait ses assises, que les notables attendaient l'apparition de la barque sacrée et se joignaient aux processions, que les consultants, en quête de l'avenir, venaient pour entendre la voix du dieu, surprendre le geste de sa statue, ou chercher dans le sommeil les révélations d'un songe divin. On y déposait les offrandes, on y faisait les sacrifices, on garnissait le pourtour et les travées latérales avec des statues des dieux, des Pharaons^ des grands personnages et des dévots, les stèles votives, les décrets sacerdotaux. Dans les édifices de quelque importance, les architectes

1. A Edfou et àD3nderah, la chont n'existait pas dans le plan primitif ; elle a été élevée après coup. C'est une salle d'apparat qui vient s'ajouter aux hypostyles de la partie antérieure, ci-après énumérés. Par sa hauteur et sa largeur, plus considérables que celles de la construction ancienne, elle semble former à elle seule cette partie antérieurci et signale au loin la division de l'ensemble de Tédiflce en ses deux éléments essentiels. Les architectes des bas temps renchérissent toujours sur les règles léguées par leurs prédécesseurs.

sacrés, afin d'éviter Tencombrement et d'assurer le bon ordre des cérémonies, ont dû distribuer les services de cette partie antérieure du temple en plusieurs salles, généralement deux, dont la première, toujours hypostyle, garde le nom d'Usekh-Châ, « salle du Lever )),et dont la seconde prend celui de vestibule central * (heréb). A Denderah, au Ramesseura, à Medinet-Abou ', Esneh, Edfou, Philae, Kalabsheh, Absirabel, etc., entre la grande salle et le vestibule, ils ont réservé un emplacement pour l'exposition des offrandes et les holocaustes : la salle des offertoires ou Hotep. Ces trois salles, flanquées de chambres plus étroites, se suivent en enfilade juvsqu'à la partie mystérieuse du temple où sont les sanctuaires.

A droite et à gauche de la salle du Lever, se disposent les ARQS, sortes de sacristies où Ton conservait le matériel sacré, de décharges pour les sacrifices et pour les préparatifs des cérémonies. A rëpoque pharaonique, les arqs avaient un assez grand développement, et l'ordonnance en était laissée à l'initiative de l'architecte. Sous les Ptolémées, ils semblent avoir eu surtout une destination symbolique ; les objets nécessaires aux actes les plus importants du culte, c'est-à-dire à la nourriture et à la toilette des dieux, furent répartis entre eux d'après un classement plus méthodique. U abattoir, où l'on tuait et dépeçait les victimes dont les quartiers étaient ensuite portés à la salle des offertoires, ne figura plus dans le plan du temple ; il y eut seulement un arq des offrandes solides, un autre des offrandes liquides, un vestiaire et im

1. Le herèh est un espace compris entre deux portes ou deux salles et servant de lieu de passage. Cf. Mariette, Dendcrah, pi. i, 5, H, I, D, du plan.

2. Je ne parle pas ici du grand temple de Karnak, où les constructions que tous les grands souverains ont ajoutées successivement à l'édifice forment un ensemble très complexe, mais ordonné néanmoins d'après les principes exposés dans ce travail. 11 faudrait un long chapitre pour en énumérer et pour en grouper les diverses parties.

atelier de fabrication ^ pour les vêtements, les voiles^ les bandelettes, les coiffures dont on revêt les statues des dieux et les prêtres, un trésor dépôt des colliers, parures, bracelets, miroirs, sistres, etc., où les pays de mines sont représentés apportant leurs richesses, un laboratoire pour la confection des onguents et des parfums. Mais les dimensions restreîh tes des arqs, l'obscurité qui y règne ne permettent pas d'admettre que certains d'entre eux soient des magasins ou des ateliers, qu'on puisse y accumuler la masse de provisions exigées par les dieux, y réunir les artisans qui tisseront les étoffes, prépareront les cosmétiques. En réalité, si on examine attentivement les représentations sculptées sur les parois, les arqs apparaissent bien plutôt comme étant chacun le domaine d*un dieu spécialement chargé de la reproduction des objets qui y sont introduits. Sans doute, avant d'être portées sur les autels, les offrandes, au moins en partie, passaient par ces chambres; elles y recevaient la consécration nécessaire, on récitait sur elles les formules destinées à leur conférer leur efficacité particulière, on appelait à l'aide le dieu dans son rôle de créateur ; on faisait peut-être même le simulacre rituel de diverses opérations telles qu'abatage, dépècement, etc. Dans le laboratoire, par exemple, placé sous l'invocation des dieux qui gouvernent la région d'où viennent les parfums et les encens, on feignait, par quelques manipulations, en lisant les recettes, de composer les élixirs et les onguents : on en exposait quelques échantillons pendant des mois et des saisons suivant le temps reconnu, pour des raisons mystiques, nécessaire à la combinaison des droguesquien formaient les éléments; il sufïîsaitprobablemenl ensuite de toucher les produits préparés au dehors avec ces échantillons pour être en règle avec le Rituel. Mais les arqs de temples ptolémaîques étaient autre chose que des lieux de consécration, servant en même temps de dépôt aux ornements

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