Cf. par exemple le décret de Canope
2. La gauche du temple est la môme que celle du dieu assis au fond du sanctuaire, le visage tourné vers la porte.
Mais Amon prend d'autres formes que celles de Moût et de Chonsou. De très bonne heure, ses parèdres, «ses suivants », quelle que soit leur origine, sont identifiés à lui. Ils deviennent les types de ses transformations, ils jouent les principaux personnages de cette épopée solaire qui, dès une époque reculée, sert de cadre à toutes les conceptions religieuses de rÉgypte, et dont le dieu de chaque temple, mâle ou femelle, est le héros. A ces personnages, sous les traits desquels il contemple successivement son dieu, le prêtre, dans les grands édifices, ménage des sanctuaires secondaires. La paroi du fond du sanctuaire central est souvent percée d' une porte\ qui conduit à des chambres de plus en plus étroites, consacrées à des formes du dieu de plus en plus infernales. Toutes celles qui sont à la gauche du monument sont consacrées à la divinité dans le rôle que, suivant les divers mythes, elle joue au ciel oriental, surtout avant le jour; au contraire, à la droite du temple sont les retraites des dieux du ciel occidental.
Sous les Ptolémées, l'idée symbolique attachée aces salles du mystère se précise. A l'époque pharaonique, chacune d'elles semble être la chapelle spéciale d'un dieu ; mais à Edfou, à Denderah, pendant que Tadytum central est appelé l'habitation du dieu ou de son emblème, les chambres qui se groupent autour sont lesrégionsdu ciel d^ns lesquelles s'accomplissent les divers épisodes du drame divin, et la personne des divinités s'efface pour ne laisser apercevoir que l'action à laquelle elles concourent. Alors les chambres de
1 . Lorsque cette disposition est adoptée, le sanctuaire central est alors le dépôt de la barque principale et forme seulement une des parties d'un ensemble composant l'habitation propre du dieu éponyme. Rien d'étonnant que la barque portant la châsse de ce dieu soit dans un passage : Tenfer, auquel le sanctuaire est comparable, est, avant tout, un lieu qu'on traverse (Cf. Mariette, Denderah, t. iv, pi. 39, col. 132). Voyez sur VAmmah, qui donne son nom (Mariette, Denderah, t. iv, pi. 37, col. 79), au tombeau d'Osiris à Bousiris, le Rituel funéraire, ch. 72, 73, etc.
gauche figurent les cantons du ciel oriental, où le dieu triomphe du mal et recommence la vie avec l'aide des puissances actives ; ainsi, à Denderah, de cecôté est une achambre du feu » où se manifeste le pouvoir de l'excitateur de toute vie. En face, au contraire, dans le ciel occîdental, le dieu est mort. Voici VAmmah, la chambre où est dressé son catafalque, voici le caveau mortuaire. A côté est son Mesen ou « lieu de conception » ; les divinités tutélaires prennent toutes les mesures pour que le mystère de la régénération n'y soit pas entravé. A Denderah, dans cette série, et symétriquement à la chambre du feu,il y a la «chambre de l'eau», ce principe mystérieux de la vie qui, par son union avec la terre, fera germer la graine, tandis que la chaleur hâtera le développement de la plante. Au courant de l'année, suivant les saisons, les prêtres feront successivement le tour de ces chambres, y célébrant les cérémonies en rapport avec les diverses phases de la révolution solaire, avec les époques de la vie de la nature; ils fêteront « le grand et le petit soleil» \ les levers et les couchers des astres, le moment où l'inondation recouvre le sol, où la graine est confiée au limon, où l'herbe puis la fleur brisent leur prison pour donner aux campagnes une parure de jeunesse et de joie, l'heure finale où les cruelles chaleurs ont torréfié toute verdure, où les premières humidités delà nouvelle année ramènent l'espérance.
Enfin, dans l'épaisseur même des murs, comme dans les serdabs des tombeaux, on cachait les statuettes consacrées, les groupes destinés à reproduire dans les cérémonies les principaux événements de la vie du dieu. Pour l'initié', les CRYPTES recelaient le fin mot des mystères, elles étaient la partie la plus ténébreuse du monde de la nuit.
Le temple, si considérable qu'il fût, ne suffisait pas toujours au déploiement des pompes religieuses par lesquelles