‹ Œuvres diversesChapitre 28 sur 169 · Inscription d'Edfou citée plus haut, p · texte numérisé non relu

Inscription d'Edfou citée plus haut, p

leste, et le plafond est le plafond céleste ; en montant aux terrasses, on montait au ciel supérieur. Le sol sur lequel reposait Tédifice avait été constitué, au moment de la fondation, avec les éléments composant la terre des mortels qui soutient les piliers célestes. Comme le ciel, le temple avait ses quatre angles, ses quatre régions correspondant aux quatre points cardinaux. Nous avons vu déjà que les chambres dites orientales se disposaient à la gauche de l'édifice, comme à Test du monde, les chambres occidentales à sa droite; de même, les bas-reliefs nous montrent que l'édifice était partagé en deux grandes régions, le sud et le nord, comme tout lieu, voire tout élément de l'univers égyptien. Chaque chambre avait également ses quatre points cardinaux. Le midi et le nord y sont nettement distingués par la décoration; en allant de la porte vers le fond de la pièce, on circulait, comme dans l'axe du temple, entre le sud et le nord, mais l'est et l'ouest sont indiqués d'une manière moins directe. On les retrouve aisément en se rappelant la disposition du monde égyptien. Le Soleil en quittant, au matin, le bord oriental de la montagne solaire, s'élevait triomphalement vers la voûte céleste. Au milieu du jour, il redescendait vers l'autre bord de la montagne, ayant à sa droite le nord, à sa gauche le sud ; puis il suivait, dans le monde nocturne, une route inverse, traversant les ondes et les diverses régions infernales, ayant à sa gauche le nord, et à sa droite le sud, puis il escaladait à nouveau l'horizon oriental et réapparaissait au céleste plafond \ Dans la chambre, le point d'où

1. L'univers des antiques Égyptiens, comme celui des Fellah modernes, était imaginé sur le modèle de leur pays. L'Egypte occupe le fond d'une vallée enserrée au soleil levant par la chaîne Arabique, au soleil couchant par une chaîne parallèle, la chaîne Libyque; au milieu, du sud au nord, coule le fleuve sorti du Nou pour aller se réunir à la mer Mystérieuse. Le monde est de même formé d'un plan bordé par la montagne en haut de laquelle le Soleil émerge le matin, et derrière laquelle il disparaît le 8oir,après avoir traversé la voûte soutenue par quatre piliers qui s'étend par-dessus la terre. Le tout flotte au milieu des eaux. Comparez les premières conceptions cosmogoniques des Grecs.

LE TEMHLE ÉGYPTIEN 17

la divinité s'avance est, d'après la décoration, le milieu de la paroi du fond ; là est l'horizon orientaL L'adorateur qui vient accomplir les cérémonies marche donc vers Test, et a les tableaux consacrés aux cérémonies du ciel méridional à sa droite ; en retournant à la porte, il quitte Test et marche dans la direction de l'ouest vers la lumière du jour. De même, quand les portes du sanctuaire central s'ouvraient, et que le dieu porté sur sa barque s'acheminait vers l'extérieur de l'édifice, franchissant les différentes portes, il traversait la salle des offertoires, comme dans l'autre monde la région divine de même nom où se nourrissent les dieux, il apparaissait à l'hyposty le, au large, dans le clair de la première lumière,il passait dans les cours semblables à «Nout, la voûte céleste qui engendre la divine lumière ))^ il arrivait aux pylônes «dont les tours figurent Isis et Nephthys lorsqu'elles élèvent le disque solaire * ». La route inverse le ramenait dans la région sombre.

Vous comprendrez mieux, après ce qui vient d'être dit, la conception architec tonique du temple ; vous vous expliquerez cette loi qui n'a d'exception nulle part, je veux dire celle que MM. Perrot et Chipiez ont appelée loi de décroissance des hauteurs *, et que je définirai loi de croissance des hauteurs et des largeurs, pour rester dans les habitudes d'esprit des architectes égyptiens, qui prennent pour point de départ le sanctuaire d'où le dieu monte dans le ciel. Cette loi consiste : 1** à élever toutes les salles de l'axe à mesure qu'on s'éloigne du fond de l'édifice, à donner une hauteur croissante aux divers pylônes, en sorte que le dernier pylône formant la façade extérieure du monument domine tout le reste ; 2® à élargir lesdites salles de l'axe, les cours, les pylônes du temple, en allant du sanctuaire vers l'extérieur. Le sanctuaire est en effet comparé aussi par les scribes à la montagne de

Page 1