Hist de VArt dans Vantiquitèy t.i, p
BiBL. ÉGYPT., T. m. 2
VHovuon avec ses mystères. L'autre partie du temple, c'està-dire riiypostyle, s'agence donc en avant du sanctuaire, comme la rod^e rfa c/e/ soutenue par ses quatre piliers, qui forme une façade grandiose à la montagne et va en montant et en s'éiargissant jusqu'au zénith.
En résumé, les deux divisions essentielles d'un temple correspondent : 1° à la montagne solaire avec ses dépendances, 2** à la partie de la VOUTE céleste comprise entre l'horizon et le zénith.
On fera une dernière remarque, c'est que \esol de V édifice va toujours en montant de l'extérieur vers le sanctuaire ; alors même que le dieu rentre dans sa retraite pour se coucher comme le Soleil, il est censé remonter déjà vers l'horizon oriental. Cette disposition fait penser en même temps à la pente que suivaient les cortèges funèbres, lorsqu'ils conduisaient le défunt au tombeau creusé dans les flancs de la montagne qui borde la vallée.
Si Tétranger, après avoir contemplé sur les façades le disque rayonnant de l'astre du jour, tous les symboles du diou do lumière, avait pénétrédans la demeure élevée à im toi diou par les Égyptiens, l'idée qu'il aurait pu s'en faire a priori eût été étrangement contrariée dès les premiers pas. Aujourd'hui que les battants des portes ont été arrachés, que dos pierres sont tombées des voûtes livrant passageà la clarté, le regard, qui des cours plonge dans les salles intérieures et chorcho le fond du temple, va se perdre dans une obscurité q\n s'épaissit de plus en plus. Certes, s'il avait été permis à rot étranger de poursuivre son chemin à travers la série des ])()rt(^s (ju'il fallait ouvrir, jusqu'aux sanctuaires couverts (r<>ml)lèmos prophylactiques et de talismans, jusqu'aux cryptes dans l'épaisseur des murs, il aurait cru qu'il avançait, non vers les sources de toute lumière, de tout bien, mais au séjour des ténèbres etde la crainte. Près de ces divinités qui y étaient cachées, immobiles dans un repos qu'on ne trouble pas, au fond do leur coffre, comme au fond de leur cercueil.
il aurait pensé qu'il allait assister aux horreurs d'une religion de la mort. De fait, les cérémonies du culte des dieux semblent pour la plupart se confondre avec celles du culte des défunts. C'est au même ordre d'idées qu'est empruntée la règle que les architectes sacerdotaux se sont imposée d'incliner les parois extérieures des pylônes du temple, tout au moins des façades, de manière à donner à l'édifice l'apparence d'un coffre de proportions gigantesques. Le coffre a précisémentla forme des pyramides tronquées^ de l' Ancien-Empire, avec l'addition d'une corniche de palmes ; ces palmes rappellent celles qu'on plantait autour de la plate-forme de la butte funéraire remplacée plus tard par la mastaba, pour promettre au défunt ses renaissances*.
Le temple égyptien ne s'est donc pas formé seulement sous l'empire des idées mythologiques nées de la contemplation des mouvements de l'astre glorieux ; le culte des mânes a d'autre part fourni aux prêtres égyptiens les principaux rites par lesquels ils rendent hommage à leurs dieux. La montagne dans le sein de laquelle le soleil d'Egypte vient se cacher le soir et d'où il ressort, du côté de l'est, au matin, pouvait être facilement comparable soit à cette même montagne où les défunts étaient ensevelis, soit à la butte artificielle qu'on avait élevée par-dessus leurs corps, et à l'intérieur de laquelle ils se préparaient à une seconde vie. D'ailleurs, ce sol qui donne la subsistance à tous les êtres, mais qui ravit les corps', qui recèle la graine et rend après une saison la plante nour-
1 . Les coffres divins ont parfois un py ramidion pour couvercle. Comparez la niche en pierre du sanctuaire d'Edfou.
2. La corniche figure également une rangée de plumes d'épervier, inclinées en avant comme despalmes,et symbolisant des rayons de lumière. Ces plumes étaient un des principaux talismans mis au front des statues divines (voir ci-après le § m), et disposées sur les châsses; elles composaientlediadèmed'Amon-Rà. Enfin, il y a des corniches formées d'urjeus ou d'autres emblèmes.