‹ Œuvres diversesChapitre 46 sur 169 · Tzetzès, ChiL, III · texte numérisé non relu

Tzetzès, ChiL, III

5. Les aspirées disparaissent pour le grec, et dans la prononciation usée du groupe par les Égyptiens, r tombe, t au voisinage de n devient $, les voyelles colorées des syllabes faibles passent aux syllabes accentuées.

6. Au moment de corriger les épreuves de cet article, je reçois communication d'un Mémoire du professeur Lauth^ Busiris et Osymandyas, que je n'avais pu me procurer. Ce savant auquel on doit tant de vues ingénieuses, en identifiant Osymandyas à Ramsès II, compare le groupe

Osyma-ndyas à O | \fl ] A (RâyVesu-Mànutiaaj avec rejet du mot Râ

qu'il prononce au commencement du cartouche, et addition de Tépithète « dieu grand »..

80 nummuli, § iii

§ 3. — Le cimetière des ibis a Abydos

A Touest de la nécropole d' Abydos, se dresse une vaste construction bien connue sous le nom arabe de ^^^'j\ ÎJ^l»

èanet es-jsebib, « le magasin aux raisins secs ». On pourrait y déposer certainement tous les raisins secs qui se consomment en Europe pendant une année ; rien ne donne à croire cependant qu' Abydos ait été sous les Arabes, voire à l'époque pharaonique, le centre de vignobles considérables. Mariette étonné de ce nom crut un instant retrouver là un souvenir du culte d'Osiris dans le rôle où il est comparable à Dionysos, d'autant mieux que la façade porte des traces de la décoration propre aux façades des tombes de TAnci en-Empire. En réalité, il n'avait devant lui qu'une antique forteresse. Mais les fouilles, qu'il a pratiquées dans l'intérieur lui ont fourni 200 vases environ ensevelis au-dessous du sol, dans une couche de sable apportée dès longtemps par les vents du désert, et servant de cercueils à une ou plusieurs momies d'ibis^; quelques-uns de ces vases ornés de peintures sont exposés maintenant à Boulaq. L'enceinte a donc été, au moins à partir de la XXVI® dynastie, utilisée comme cimetière des ibis sacrés. C'est, je crois, ce que rappelle le nom étrange qu'elle porte

actuellement : de la vieille dénomination kC\a A u (ou 1 ^ U >) ru U N^ I èont ne t obi nib^ « le dépôt des cercueils (ou vases) d'ibis », les Égyptiens arabisants qui aiment à comprendre ce qu'ils disent ont fait èunet-es-sebib.

1. Mariette, Caial. desmonum. cT Abydos, p. 579. On a aussi trouvé dans l'épaisseur des murailles, conformément à un usage des enseyelisseurs de la Basse-Egypte, des cercueils d*enfants, dont un certain nombre, si mes souvenirs sont exacts, sont plus anciens que les yases à ibis.

2. La prononciation sifQante du 8=^, d'ailleurs. assez fréquente dans les dérivés de l'égyptien antique, se confirme pour le cas présent par la

variante ^^ 1 V^ relevé à Karnak (Brugsch, DicL kiérogl., t. v,

p. 1705); elle se retrouve, avec le même radical, dans le nom de la ville

de S=3 Jl j =»cAiKOT^, SeSévvuToç, ^X^^ •

NUMMULI, § IV 81

§ 4. — BuèiN ET Phanizoit^

M. Amélineau vient de publier dans le dernier numéro du Journal Asiatique*, un document intéressant : Le Martyre de Jean de Phanisoit du district de Buèin, &oir^in. Suivant l'opinion émise par Quatremère', par ChampoUion*, et acceptée généralement, il identifie ^«.lu-^toeiT, Phani^oit, avec

Es-Zeitun, ûy^jtl, et Buèin avec Buè, ^^j), deux bourgs appartenant aujourd'hui à la province de Beni-Souef , arrondissement de Beni-Souef. Mais il fait remarquer en même temps*, que la position du village d'Abu-n-Nomros ,

jj-jjl y}, désigné dans le récit comme voisin de Buàin, ne peut être retrouvée auprès du bourg de Buà, et doit être cherchée à vingt-cinq lieues plus au nord, en face du Caire.

Je crois bien qu'il en va de môme de Phanizoit puis de Buèin, et que l'identification de ces deux localités n'a pas été faite exactement.

Je remarquerai tout d'abord que les deux noms coptes dififèrent des deux noms arabes, Ez-Zeitun et Buè, qu'on en a rapprochés, par la finale un ajoutée à l'un, et in retranchée à l'autre. Or^ la prononciation arabe, dans les très nombreux exemples que nous avons, reproduit, élément à élément, les noms de lieu coptes •.

1. Extrait du Journal Asiatique^ 1887, vni' série, t. x, p. 145-150.

2. N» 2, février-mars, 1887, viii* série, t. ix, p. 118, 128-129.

3. Mémoires géographiques et historiques sur l'Êgj/pie, t. i, article Bouschêniy auquel je renvoie pour la plupart des documents relatifs à cette ville rappelés dans la présente communication.

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